Le bien commun : de la pensée sociale de l’Église à notre pensée quotidienne

2019 Secours Catholique Laden jardin partagé potager ensemble
Le jardin partagé initié par le Secours Catholique derrière l'église de Laden, à Castres

Le principe de « bien commun » est un des quatre piliers de la pensée sociale de l’Église, avec celui de la dignité de la personne, de la solidarité et de la subsidiarité (pouvoir de décision au plus près de la personne concernée). Il est défini dans la doctrine sociale de l’Église comme « la dimension sociale et communautaire du bien moral », le « bien de tous les hommes et le bien de tout homme ».

Mais pour le citoyen perdu dans ses pensées quotidiennes, quelle peut en être la signification ? L’air que l’on respire, l’eau que l’on boit, la nourriture que l’on mange, la nature que l’on admire, le lien avec d’autres humains de sa cité qui nous donne ce sentiment d’appartenance et de reconnaissance, mais aussi la musique que l’on partage, le tableau qui nous émeut, ou le travail qui nous fait nous sentir utile, tout ce qui permet le développement matériel, moral et spirituel des personnes et des communautés humaines… Le bien commun permet de satisfaire nos besoins humains communs pour que chacun vive dignement et se déploie dans le dessein de Dieu.

De la pensée sociale de l’Église à notre pensée quotidienne

Pourtant, c’est ce bien commun qui est attaqué de toute part, lorsque le vivant disparaît sous l’argent. Le Pape François le décrit avec force dans Laudato Si’.

Beaucoup n’accèdent pas aux conditions sociales du bien commun, par exemple quand des terres et des rivières sont polluées par les tonnes de déchets envoyés par les pays riches, ou par l’exploitation de mines pour satisfaire nos envies sans limite de toujours plus de technologie. Pourtant notre terre, notre « maison commune », est un bien commun. La façon dont nous vivons ici impacte d’autres humains là-bas. Nos quotidiens sont liés. Les ressources de ce que nous consommons sont prélevées dans ces pays lointains. La dévastation des conditions de vie liées à l’exploitation des mines nous semble étrangère ; pourtant, des projets miniers très près de chez nous (Brassac) pourraient aussi nous faire vivre ces destructions de notre environnement quotidien.

Soyons des veilleurs vigilants et protégeons par nos actions quotidiennes (nos achats, nos engagements…) tout ce qui fait du bien à notre commune humanité. Partageons ce sentiment profond d’une vie bien réveillée, disponible à chaque moment à la rencontre avec notre Créateur, à travers sa création et ses créatures.

Le bien commun, c’est aussi notre espérance de chrétiens, dans la vie plus forte que la mort. Cette espérance est un espoir universel, notre bien commun d’humain.

Nathalie FERRAND
CCFD-Terre Solidaire