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Le rapport à l’argent : « Non à une économie qui tue ! »

« Non à une économie qui tue ! », peut-on lire dans Evangelii gaudium, le texte programme du pape François.

En effet, depuis Pie XI, qui a signé Quadragesimo Anno (1931), l’enseignement social appréhende le capitalisme, non pas d’abord comme système économique, mais à partir de la philosophie et de l’anthropologie qui le caractérisent : « Ainsi, l’esprit du capitalisme se trouve remis en cause par le magistère catholique, en raison de la recherche de l’intérêt individuel qui y est promu, mais aussi de la séparation entre la morale et l’économie qui en constitue le socle épistémologique. (…) Si les caractéristiques économiques et structurelles du capitalisme ne sont pas toutes rejetées, le comportement moral qu’il présuppose est, lui, clairement condamné » affirme Frère Jacques-Benoît Rauscher, op.

Cette hymne de Carême que nous propose la Liturgie des heures nous ramène l’essentiel :

Que Dieu rende vigilants
Ceux qui chantent le Seigneur :
Qu’ils ne soient en même temps
Les complices du malheur
Où leurs frères sont tenus !

Nous sommes donc invités à réfléchir et à agir consciemment dans l’économie et avec notre argent. Nous devons poser des actes qui soient ajustés à cette fraternité voulue par Dieu qui veut que les hommes, tout en étant interdépendants, soient libres de s’aimer et attentifs les uns vis-à-vis des autres.

De belles choses naissent comme la proposition d’une économie solidaire qui rétribue correctement les producteurs et pas uniquement les intermédiaires. L’argent est ici-bas un instrument par lequel se mesure la réussite, la puissance d’un homme. Et bien souvent malheureusement, l’homme est considéré comme au service de l’argent, il a de la valeur selon ce qu’il est capable de produire.

Nous pourrions croire que l’argent est une affaire privée, que chacun est libre de dépenser et de placer selon son bon vouloir. N’oublions pas que nous aurons à en rendre compte car nous n’avons ni le droit de tout garder ni celui de gaspiller. Car le gaspillage de biens est une insulte à ceux qui n’ont pas le nécessaire. Le chrétien est appelé à en faire un usage juste et fraternel. Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête pour plus tard nous dit le Christ (Luc, 16, 9)…Ces amis dont parle Jésus, ce sont les pauvres que nous avons aidés et qui intercèdent pour nous. Nous avons besoin d’avoir des amis parmi les pauvres. En ce temps de carême, nous pouvons réfléchir au sens de l’aumône, qui redonne toute sa valeur à l’argent que nous choisissons de distribuer aux plus nécessiteux.

Mathieu Salmon, diacre