Vocation – Sr Françoise de Pous (Lugan 1942 –Tchad 2018)

 A l’approche de la prochaine Journée mondiale de prière pour les vocations du 3 mai 2020, découvrons le parcours de Sœur Françoise de Pous, Tarnaise qui a consacré toute sa vie à l’éducation de la jeunesse tchadienne.

Merci à la Congrégation des religieuses du Sacré Cœur de Jésus de nous faire connaître son chemin de vie à la suite de leur fondatrice, Sainte Madeleine Sophie Barat : «Nous sommes convaincues que nos vies données par amour sont l’expression la plus forte de notre spiritualité.» (Chapitre Général 2000)

Françoise naît à Lugan (dans le Vaurais), cinquième enfant d’Henri et Cécile de Pous. De 1952 à 1960, elle fréquente le lycée du Sacré-Cœur de Toulouse.

En 1961, elle entre au Noviciat des Religieuses du Sacré-Cœur de Jésus à Mont Villargène (près de Paris). Elle prononce ses premiers vœux en 1964 et ses vœux perpétuels en 1970. Parallèlement à sa formation religieuse, elle fait des études d’histoire et obtient la licence en 1969 à la Sorbonne.

En novembre 1970, Sœur Françoise arrive au Tchad. Elle y vivra et y demeurera jusqu’au bout.

Sa devise était : « L’Esprit du Seigneur m’a envoyé annoncer la Bonne Nouvelle aux Pauvres. »

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Cette Bonne Nouvelle, elle l’annonce à travers ses cours d’histoire et de géographie au lycée mais aussi au Grand Séminaire Saint Luc de Bakara (à N’Djamena, qui s’appelait Fort Lamy quand elle arriva) où elle donne des cours d’initiation à la musique.

Cette Bonne Nouvelle, elle l’annonce aussi à travers un apostolat auprès des guides de la paroisse Sacré Cœur de Chagoua à N’Djamena et les multiples contacts qu’elle a avec des parents d’élèves.

Cette mission, elle la vivra jusqu’en 1992. Elle-même confie au journal « Le Collégien » (n° spécial de 2009) que dans ses rencontres avec les jeunes, elle a toujours essayé de leur témoigner qu’ils étaient importants; que chacun d’eux avait des capacités à mettre en valeur; qu’ils avaient leur avenir, leur pays à construire; qu’ils étaient aimés de Dieu.

 

Une vie consacrée à l’Éducation de la jeunesse tchadienne

De 1992 à 2002, elle part en mission pastorale en province, notamment dans les villes de Guelendeng et Bongor. Là, elle s’occupe spécialement de la formation intellectuelle et professionnelle des jeunes.

En 2002, Sr Françoise prend la direction du lycée Sacré-Cœur, charge qu’elle assumera avec dévouement jusqu’en 2009. Et lorsqu’elle doit prendre sa retraite de la direction, certains élèves et collaborateurs ne manquent pas de témoigner que Sr Françoise a su mélanger ingénieusement gentillesse à travers sourire et disponibilité à écouter, rigueur dans le travail, dynamisme et sympathie. Et grâce à cela, elle gagne l’estime et la confiance de tous.

Elle-même affirmait qu’il faut laisser la place à l’Espérance et unir les forces pour aller plus loin.

En 2009, au moment de sa retraite, elle choisit de rester au Tchad, ce pays qu’elle aime de tout son cœur et auquel elle a consacré sa vie. Ainsi à partir de cette année-là, elle reprend son apostolat toujours dans les structures d’enseignement et d’encadrement des jeunes.

Elle se consacre à la bibliothèque Amadou Hampâté Bâ d’Atrone (N’Djamena) en 2015 puis repart à nouveau à Bongor en 2017. C’est à juste titre que, le 14 janvier 2010, elle reçoit les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur des mains de l’Ambassadeur de France au Tchad.

Sœur Françoise a aussi, au sein de la congrégation, été conseillère de la région à trois reprises. En 2016, elle est élue par ses sœurs comme délégué du Tchad au Chapitre Général de la Congrégation qui a lieu près de Rome. Et elle assume cette charge de déléguée avant d’entrer dans la plénitude de l’amour de Dieu.

Zone du Tchad (panneau pour le Chapitre de 2016)

 

Sœur Françoise était une femme de foi et de prière

Pendant sa retraite annuelle en 2017, elle a prié avec la vocation d’Abraham. Cela l’a beaucoup marquée : elle y voyait sa propre expérience manifestée dans le fait de quitter sa famille, son pays pour le Tchad. Elle avait demandé la grâce de la foi et celle de l’indifférence ignacienne.
Femme au cœur ouvert, elle était disponible pour aller jusqu’au bout de sa vie donnée à Dieu par amour.

Pendant la retraite de 2018 à Bakara, Sœur Françoise a commencé son itinéraire vers la maison du Père. Tenant la main de Dieu, elle est entrée dans la joie de son Maître en pleine retraite le dimanche 22 juillet 2018.
Le fait de vivre sa passion, sa mort et sa résurrection au cours de ce dimanche-là, est un témoignage fort du temps pascal qu’elle vivait au quotidien.
Étant dans l’année du bicentenaire du départ en Louisiane de Ste Philippine Duchesne notre 1ère missionnaire, Sœur Françoise a accompli sa traversée vers l’Amour infini et contemple enfin la face de Dieu.

Désormais, elle repose au cimetière de Farcha (N’Djamena) auprès de ses consœurs Hoh Sung Nyo de la Corée du Sud et Di-Ina Pahimi du Tchad qui l’ont précédée dans la maison du Père.

Sœur Béatrice Mpudi Nkembo