Messe chrismale 2021 : « Rendons grâce pour l’onction dont chacun bénéficie depuis son baptême. »

Mardi Saint 30 mars, la messe chrismale s’est déroulée à la cathédrale Sainte-Cécile d’Albi, en présence de fidèles venus de tout le diocèse, de nombreux prêtres et diacres ainsi que de séminaristes.

L'assemblée, clairsemée en raison des mesures sanitaires, accueille la longue procession de diacres et de prêtres.
Au cours de la prière eucharistique, l'archevêque bénit l'huile des malades "qui manifestera la proximité de l’Église et la présence de Dieu auprès des personnes souffrantes qui recevront le sacrement des malades."
Après la célébration, les curés rapportent dans chacune des paroisses de l'huile des catéchumènes, de l'huile des malades et du saint-chrême. Lorsqu'ils remplissent fioles, flacons et ampoules, un agréable parfum se répand dans le déambulatoire de la cathédrale...

Cette messe est l’occasion de rendre grâce pour les prêtres qui célèbrent cette année l’anniversaire de leur ordination.

  • 25 ans : les Abbés Philippe Basquin, Jean-Kamel Benzekkour-Bruno
  • 50 ans : les Abbés Hubert Rouchès, Michel Siguier
  • 60 ans : l’Abbé Pierre Pic
  • 65 ans : les Abbés André Barrau, André Maynadier, Robert Sablayrolles, Gérard Vabre
  • 70 ans : l’Abbé Pierre Trouche

Rendons grâce pour toutes ces années de fidélité et de service !

Homélie de Mgr Legrez lors de la Messe chrismale

Frères et sœurs,

Au cours de cette célébration solennelle qui rassemble dans notre cathédrale des fidèles de tout le diocèse et des ministres, diacres et prêtres engagés au service de l’Église d’Albi, Castres et Lavaur, ensemble nous voulons tout d’abord rendre grâce pour l’onction dont chacun à titres divers bénéficie depuis son baptême. Les ministres y renouvelleront leur promesse de servir l’Église selon l’Évangile. Puis nous demanderons au Seigneur de bénir les différentes huiles utilisées dans certains sacrements pour manifester l’action de Dieu en faveur des croyants. La bonne odeur du saint chrême nous rappelle la présence de l’Esprit Saint dans l’âme des baptisés-confirmés, ainsi que sa présence agissante par l’œuvre des prêtres dont les mains consacrent le pain et le vin en corps et sang du Seigneur, pardonnent les péchés et implorent la guérison des malades. Unis dans la prière et la charité fraternelle, cette célébration est chaque année une expression forte de la communion entre l’évêque et son peuple, entre l’évêque et son clergé.

L’onction avec le saint chrême que chaque baptisé reçoit au jour béni de son baptême et de sa confirmation a fait de nous le temple de l’Esprit Saint. Nous pouvons tous dire avec reconnaissance : « L’Esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction ». Comme j’ai eu l’occasion de le rappeler dans ma dernière lettre pastorale de la Pentecôte 2020, pour un baptisé, « être prêtre consiste à s’unir de tout son être aux sentiments du Christ accomplissant la volonté du Père sur la croix pour le salut du monde ». Je précisais : « Cet acte d’offrande auquel chaque baptisé est appelé, embrasse tous les aspects de son existence, se vit dans la prière et culmine dans une participation active à chaque eucharistie, spécialement lors de l’eucharistie dominicale ». Il s’agit bien pour chacun de collaborer avec l’Esprit Saint qui nous entraîne à servir Dieu à l’école de l’unique grand Prêtre, « qui a fait de nous un royaume et des prêtres pour Dieu son Père » (Ap 1, 6). Son obéissance à la volonté du Père nous révèle son abandon, sa donation amoureuse à son Père, dans la puissance de l’Esprit qui unit le Père et le Fils. Totalement livré à son Père, le Christ offre sa vie sur la croix. Ce sang innocent versé obtient mystérieusement la réconciliation de Dieu avec chaque être humain. Unis à l’offrande du Fils, nous pouvons déjà partager la condition filiale en apprenant à être donné au Père comme à chacun de ses enfants, devenus nos frères par pure grâce.

Évêques et prêtres, nous avons reçu une onction particulière et spécifique pour être au service du sacerdoce commun de tous les fidèles. L’Esprit Saint a été invoqué sur nous, afin qu’avec son aide nous soyons des serviteurs de la grâce divine que le Seigneur veut accorder à chaque croyant, de telle sorte qu’il puisse progresser dans sa donation personnelle à Dieu et à ses frères. Dieu nous a créés par amour pour vivre dans son amour. Il nous sauve en nous faisant connaître comment aimer comme Il aime. Notre frère aîné, premier-né du Père, le Christ, est « le chemin la vérité, la vie ». En le suivant nous sommes assurés de faire la volonté du Père et de marcher sur la voie de la sainteté dans la docilité à l’Esprit. Sans avoir reçu une onction proprement dite, les diacres par la prière de leur ordination, reçoivent les dons de l’Esprit Saint pour accomplir la fonction diaconale en servant à l’autel et en servant les pauvres. Frères et sœurs, daignez prier pour tous vos ministres, afin qu’ils vous servent avec générosité et ferveur et qu’ensemble, progressant dans la disponibilité à l’Esprit, la Bonne Nouvelle soit annoncée à nos contemporains.

Aujourd’hui beaucoup ignorent qu’ils sont infiniment aimés par le Créateur et Sauveur de l’humanité. Dans le contexte douloureux de la pandémie présente, nombreuses sont les personnes qui souffrent, qui dépriment et vivent dans une inquiétude permanente, d’autant plus qu’une existence sans perspective autre que la consommation, le plaisir, le succès ne saurait combler durablement un cœur humain.

Par ailleurs, depuis plusieurs années, l’Église traverse une crise liée à toutes sortes d’abus scandaleux qui blessent profondément ceux et celles qui en sont les victimes. En tant que membres du corps visible du Christ, membres de l’Église, nous éprouvons une véritable honte et nous souffrons en découvrant les comportements criminels de certains clercs et de certains éducateurs chrétiens. Les évêques de France ont adressé, le 25 mars dernier, à tous les catholiques une lettre sur la lutte contre la pédophilie engagée depuis 2000 et de manière plus incisive depuis 2016, pour exprimer le pardon dû aux victimes et présenter les mesures prises en leur faveur. Face à l’épreuve de la maladie que connaît le monde entier et à la nécessaire purification de l’Église, le seul remède capable d’accompagner les uns et les autres vers la guérison, est l’Esprit Saint. Il est le Consolateur et la Force dont nous avons tous besoin pour vivre dans l’espérance, sachant que l’amour révélé sur la face du crucifié est vainqueur.

Tous consacrés par l’onction, implorons l’Esprit Saint qui vit en nous de nous conduire à la suite du Christ vers le Père, en renonçant au péché et en plaçant en vérité notre confiance dans notre Sauveur, Jésus, le roi d’éternelle gloire.

Amen

† Jean Legrez, o.p.
Archevêque d’Albi

Monseigneur Legrez verse le parfum dans l'huile destinée au saint chrême. "Que chaque baptisé, imprégné de l'onction sanctifiante, désormais temple de l'Esprit, répande la bonne odeur d'une vie pure."