Servons la fraternité ! Soirées avec Gilles Rebèche

Gilles Rebèche, diacre permanent du diocèse de Toulon, est venu partager avec les Tarnais son expérience de la diaconie au cours de deux soirées. Ce témoignage a permis de nourrir ceux qui souhaitent s’engager de façon plus décisive pour le service de leurs frères.

La première soirée invitait d’abord à écouter la Parole de Dieu pour déceler dans la Bible différents appels au service et à la fraternité. Des figures comme la Cananéenne (Matthieu 15, 21-28) ou Simon de Cyrène nous y convient ! Simon de Cyrène par exemple, est une figure de ce pauvre qui n’a pas demandé la croix, mais qui se retrouve solidaire du Christ…

Des personnes engagées dans la diaconie du Tarn étaient invitées à témoigner :

  • Le CCFD – Terre Solidaire soulignait le lien entre les solidarités locales et les solidarités internationales. Dans une société mondialisée, nous ne pouvons pas séparer les deux et ce lien nous conduit même à découvrir des modèles vertueux dans des régions moins favorisées que les nôtres. En rendant compte d’initiatives d’association mutuelles de solidarité et de micro-crédit au Burkina-Faso, Mireille Héraudeau présentait des projets de femmes passées de la misère à la pauvreté, puis de la pauvreté à l’autonomie. Elle interrogeait alors la façon occidentale de partager l’argent et proposait un plaidoyer pour la finance solidaire.
  • La Société-Saint-Vincent-de-Paul, souvent connue pour ses activités d’épicerie sociale et de soutien scolaire, mettait en lumière ce soir-là son service de distribution de meubles. En récupérant des meubles chez des donateurs, puis en les apportant chez les bénéficiaires, les volontaires de la Société-Saint-Vincent-de-Paul sont amenés à entrer chez les gens et à toucher du doigt leur quotidien. Dans ces circonstances, les frontières entre celui qui aide et celui qui est aidé sont souvent gommées et le dialogue facilité.
  • Amitié Espérance portait ensuite un regard sur l’accompagnement de personnes malades psychiques et de leurs proches. Anne-Marie Paulhe a livré le témoignage bouleversant d’une mère touchée par la maladie psychique de son fils et confrontée à l’incompréhension voire au rejet… L’accompagnement et l’écoute proposée par Amitié Espérance ouvre la possibilité d’un soutien, d’une confiance renouvelée, et parfois d’un soutien spirituel, pour ces personnes en souffrance.

Lors de sa fondation, la diaconie du Var s’est appuyée sur le « Rapport Coffy » qui estimait que, pour être Église, celle-ci devait être « communion, témoignage et service. » Depuis bientôt trente ans, le diocèse de Fréjus-Toulon fait de l’attention aux plus faibles un enjeu pastoral et offre maintenant une quarantaine de maisons « sociales » (auprès des Roms, des détenus, des malades, etc.)

Par des exemples concrets illustrés d’expériences souvent amusantes, Gilles Rebèche invitait à apporter des réponses concrètes pour le service de nos frères les plus démunis…

  • Proposer un pèlerinage à des exclus. Lourdes est un lieu merveilleux, où les plus fragiles trouvent leur place, où la fraternité se vit sans doute plus facilement qu’ailleurs…
  • Des Tables Ouvertes Paroissiales voient le jour et réjouissent des personnes isolées. Dans certaines paroisses rurales, des covoiturages sont organisés pour permettre à des personnes isolées de participer à la messe et à un bon repas ! Dans ces situations, des volontaires s’organisent pour amener leurs frères à Jésus, très concrètement.
  • Des correspondances écrites se sont développées entre des personnes en EHPAD et des prisonniers : l’isolement de chacun se réduit alors ! Et de citer cette sœur âgée et infirme qui ayant entrepris une correspondance avec un détenu passionné de sport… finit par s’abonner au journal L’Equipe pour nourrir ses échanges.
  • Des fêtes qui accordent une place à chacun. Ainsi ce sans-abri, habitué d’un parvis d’église, à qui la paroisse avait proposé d’endosser un costume de Père Noël pour une fête… L’un des tout jeunes servants d’autel ayant repéré le « secret » fut ensuite convaincu que le Père Noël se déguisait en clochard tous les dimanches…

Ces actes à la portée de tous peuvent sembler insignifiants… comme peut l’être la matière sacramentelle. Le pain et le vin qui deviendront le Corps et le Sang du Christ sont de bien petites offrandes, mais leur simplicité nous apporte Dieu lui-même !

La fraternité peut être servie par des choses simples. Elle permet alors de « rendre l’Évangile aux pauvres et les pauvres à l’Église »…

Dieu est Amour

La nature profonde de l’Église s’exprime dans une triple tâche : annonce de la Parole de Dieu (kerygma-martyria), célébration des Sacrements (leitourgia), service de la charité (diakonia).

Ce sont trois tâches qui s’appellent l’une l’autre et qui ne peuvent être séparées l’une de l’autre. La charité n’est pas pour l’Église une sorte d’activité d’assistance sociale qu’on pourrait aussi laisser à d’autres, mais elle appartient à sa nature, elle est une expression de son essence elle-même, à laquelle elle ne peut renoncer.

Encyclique Dieu est Amour (2005) §25

Prière de la diaconie

Accueille,
Seigneur, en ce jour
Mon désir de te servir :
Je t’offre ce que je suis.
Ta grâce me suffit.
Je ne demande rien d’autre
Afin de vivre selon ton évangile,
Uni à tous celles et ceux qui,
Dans la diaconie de ton Eglise,
Cherchent à faire ta volonté.
Amen.

Guide pratique

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