L’Église de France se met en prière pour les Vocations

« Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » (Lc 10, 2b). L’injonction de Jésus s’adresse à tous ceux qui partagent avec lui ce constat : « la moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux » (v. 2a). Ce qui était vrai du temps de Jésus l’est pour nous aussi aujourd’hui, comme il l’a été dans tous les temps de l’histoire de l’Église, ici ou ailleurs.

Cette année, notre monde est secoué par une violente et mortelle pandémie qui a paralysé toute l’organisation sociale de nos pays. Le temps pascal nous rappelle que Jésus est venu rejoindre les apôtres dans leur confinement, qui était dû, dans un premier temps, au choc de la mort du Maître et à la peur de la persécution. Par la suite, ce premier cercle des intimes de Jésus est resté au Cénacle, pour attendre cette fois avec confiance la venue de l’Esprit Saint qui les conduirait à la moisson, et à l’appel de nouveaux ouvriers.

Quand toute pratique cultuelle publique, tout rassemblement est interdit, que reste-t-il ? Chaque foyer, qu’il s’agisse de familles, de communautés, de personnes seules, célibataires, consacrés ou non, est invité à accueillir le Ressuscité qui rapporte au Père les désirs de nos cœurs, et nous redit son amour infini. Or, le « foyer » n’est-il pas ce qui, au cœur de la demeure, réchauffe et éclaire, illumine et rayonne ? C’est ce que nous disons dans la Profession de foi : « Je crois à la communion des saints », la communion de toute l’Église, qui, dans le Ressuscité, est l’expression de l’union des cœurs et des âmes de l’ensemble des croyants (voir Ac 4, 32). Cette communion est pour chacun l’occasion de redécouvrir la force de la prière, et sa puissance de mise en relation, avec Dieu Trinité bien sûr, mais aussi avec nos frères, avec nous-mêmes, et l’ensemble de la Création.

Sans doute y a-t-il là un défi pour notre prière pour les vocations cette année. Qu’au cœur de chacun de nos foyers, quels qu’ils soient, puisse brûler le feu de l’amour divin qui fera résonner l’appel du Seigneur à le suivre sur un chemin de bonheur qu’il propose sans cesse, un appel adressé particulièrement aux jeunes. « Toute vocation naît de ce regard aimant par lequel le Seigneur est venu à notre rencontre, peut-être alors même que notre barque était en proie à la tempête » dit le pape François (Message pour la 57ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, 8 mars 2020). Mais pour cela, il faut pouvoir entendre ! Nous avons la grâce d’avoir trois séminaristes en formation cette année. Mais pas d’entrée au séminaire en septembre dernier, ni en septembre prochain, pas même probablement en propédeutique (l’année de discernement préparatoire au séminaire). Un jeune homme dont la famille est originaire de notre diocèse est entré chez les Jésuites l’an dernier, et une jeune femme à l’abbaye cistercienne de Rieunette, dans l’Aude, cette année. Nous nous en réjouissions, en communion avec toute l’Église. Cependant, géographiquement, ce ne sont pas des vocations qui seront dans notre diocèse. Et nous en avons aussi besoin. Enfin, le temps du confinement nous fait expérimenter le manque : manque sacramentel pour les fidèles, manque de la présence et de la rencontre du peuple de Dieu pour les pasteurs. Nous comprenons ainsi que la complémentarité des vocations est nécessaire pour la vie de l’Église, et comme signe pour notre monde.

Alors prions, prions avec confiance, et prions tous ensemble « le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » ! Une messe sera spécifiquement célébrée à cette intention à la cathédrale d’Albi le dimanche 3 mai à 11h, et un temps de prière animé probablement dans ce même lieu dans l’après-midi1, le tout retransmis en direct sur Internet.

Abbé Gaël Raucoules
Responsable du Service des Vocations