Homélie du 2ème dimanche de l’Avent et de la fête du jumelage

Frères et sœurs,

Comme nous venons de l’entendre, l’évangile selon saint Marc s’ouvre avec la figure de Jean le Baptiste. Il serait d’ailleurs plus juste de dire que cet évangile s’ouvre avec l’évocation de « la voix » qui annonce la venue prochaine du messager du Seigneur, maintes fois annoncée par les prophètes. Le passage du livre d’Isaïe que nous avons entendu en première lecture, lui, annonçait le retour des exilés de Babylone à Jérusalem. Vous l’avez sans doute remarqué, dans ce passage, il est mentionné cette « voix », qui est celle de Dieu à travers le ministère du prophète Isaïe. Elle annonce la consolation, l’espérance, la proximité du Seigneur envers son peuple. Finalement, le Seigneur est présenté comme le berger qui porte sur son cœur chacune de ses brebis. Israël peut donc relever la tête. Son Seigneur vient le sauver, sauver le peuple de la servitude et de l’exil. Le Seigneur fait miséricorde. Bientôt le Temple sera reconstruit, ainsi la gloire de Dieu, la présence de Dieu au milieu de son peuple, sera manifestée. Alors qu’Israël pensait ne plus avoir d’avenir en tant que peuple, le retour au bercail, le retour à Jérusalem est annoncé. Les évènements de l’histoire humaine prennent souvent des allures catastrophiques, mais conduisent finalement à des renouveaux qui montrent que seul le Seigneur est le maître de l’histoire, de chacune de nos histoires personnelles.

Dans le passage de l’épître de Pierre que nous avons entendu en seconde lecture, Pierre explique que le Seigneur prend patience. Il ne veut perdre aucun de ses enfants et veut que tous parviennent à la conversion. Le Seigneur est ce Père aimant qui propose à tous sa miséricorde. Il connaît le cœur de chacun qu’il a créé pour aimer. Nous sommes créés à l’image d’un Dieu qui et amour. Ce Dieu sait le malheur de l’homme lorsque son cœur se ferme au don lui-même. Nous sommes faits pour aimer et donc pour nous donner. Chaque fois que l’homme ferme son cœur, il tombe dans le malheur. Chaque fois que l’homme a la prétention de dominer aussi bien ses semblables que tout l’univers, il se trompe. Ce que nous appelons le péché, c’est justement le contraire de l’amour.

Vous l’avez entendu, Jean le Baptiste propose un baptême, un plongeon dans l’eau, un passage par les eaux, pour ceux qui écouté sa prédication. Invités à la droiture, à la justice c’est-à-dire à une vie selon l’enseignement des prophètes, ceux qui choisissent donc être plus fidèles à cet enseignement, sont conviés à passer par les eaux. Ce bain sera pour eux le signe d’un changement de vie. La conversion consiste toujours à mettre concrètement en pratique la Parole de Dieu. Le baptême de Jean est un signe magnifique proposé par le Précurseur, par Jean le Baptiste, au peuple d’Israël pour se préparer à accueillir le Messie. Mais Jean annonce beaucoup mieux encore que ce baptême, il annonce la venue de celui qui baptisera cette fois-ci non pas dans l’eau, mais dans l’eau et l’Esprit Saint.

Frères et sœurs, nous faisons tous l’expérience que notre bonne volonté, notre adhésion aux Saintes Écritures ne suffit pas pour nous établir durablement dans la sainteté et la piété, comme l’apôtre nous y invite. Nous avons besoin de cet hôte intérieur que le Christ nous a obtenu à travers sa Pâque, à travers sa passion, sa mort et sa résurrection. Le Christ nous a obtenu le don de l’Esprit Saint de telle sorte qu’en le recevant nous soyons sans cesse guidés et orientés pour mettre nos pas dans ceux de Jésus. Jésus et l’Esprit Saint nous mènent vers le Père. Ils nous font découvrir l’amour infini et miséricordieux de notre Créateur. Le baptême que Steven se prépare à recevoir et que, les uns et les autres, nous avons déjà reçu, nous donne l’Esprit Saint. Par le baptême nous sommes devenus le temple de l’Esprit Saint. Désormais, nous pouvons prier, écouter cet hôte intérieur. Dès lors il nous accompagne, il nous comble de ses dons. Il nous ouvre à l’amour de Dieu, à l’amour du prochain. C’est pour cette raison que la vie de chaque baptisé est une vie dans l’Esprit Saint.

Frères et sœurs, priez-vous régulièrement, l’Esprit Saint ? Nous nous étonnons souvent de nos difficultés dans la foi. Souvenons-nous que l’Esprit Saint est notre compagnon. Nous pouvons lui parler comme nous parlons à un ami, lui demander plusieurs fois par jour qu’il nous guide, qu’il mette nos pas dans ceux de Jésus. Saint Irénée de Lyon dit de l’Esprit Saint et de Jésus qu’ils sont les deux mains du Père, chargées de nous mener sur son cœur, dans le cœur du Père. N’hésitez pas, découvrez cet Esprit Saint qui vit en vous et demandez-lui sans cesse la lumière pour marcher avec le Christ vers le Père. C’est l’Esprit qui nous établit dans la joie d’être sauvés et qui nous donne la force de croire quoi qu’il arrive que tout concourt, comme dit l’apôtre Paul au bien de ceux qui placent en Dieu leur confiance.

En ce temps de l’Avent, que l’Esprit Saint renouvelle notre espérance. ! En cette période difficile pour beaucoup en raison de la pandémie de la Covid19, soyons des témoins de l’espérance que nous donne l’Esprit Saint. Qu’il nous prépare à accueillir mieux celui qui vient nous sauver, qui veut, en nous sauvant, notre bonheur.

Amen

† Jean Legrez, o.p.
Archevêque d’Albi