Homélie – Samedi 1er aout 2020 à Lourdes

Samedi 1er aout 2020 à Lourdes

1ère lecture : Corinthiens 1, 3-9
Psaume 144
Évangile selon saint Luc 1, 39-55

 

Frères et sœurs présents, ici dans cette église Sainte Bernadette,

Frères et sœurs qui nous écoutez sur RCF ou qui par l’image nous rejoignez grâce à Internet ou KTO, nous sommes tous ensemble dans une étroite communion pour écouter la Parole de Dieu et célébrer l’Eucharistie.

Cette Parole qui aujourd’hui, comme vous venez de l’entendre, nous retrace ce qui s’est passé au lendemain du jour de l’Annonciation, lorsque la Vierge Marie se rendit en hâte auprès de sa cousine Élisabeth. Le récit de Luc que nous venons d’entendre, fait de chaque lecteur, de chaque auditeur, un témoin émerveillé du dialogue qui se noue entre Marie et Élisabeth. Il est bien précisé qu’Élisabeth a été remplie de l’Esprit Saint. En effet, quoiqu’invisible, il semble que l’Esprit Saint soit l’acteur principal qui éclaire chacun des protagonistes de cette visitation. Le petit Jean-Baptiste tressaille dans le sein de sa mère, lui qui plus tard, présentera l’Agneau de Dieu aux hommes de sa génération. Élisabeth, sa mère, se met à prophétiser et la première reconnaît Marie, comme la Mère du Seigneur. Et enfin Marie se met à louer et chanter les bontés du Seigneur à son égard.

La Vierge affirme que Dieu a jeté les yeux sur la petitesse de sa servante. Marie a véritablement conscience d’être comblée par l’amour immense du Seigneur, elle est l’Immaculée. Elle accepte de se laisser faire par cet amour divin, tel est son fiat, son oui. Aussi, peut-elle chanter sa reconnaissance envers le Père de toutes miséricordes qui pour elle et par elle accomplit la Promesse et donne au monde un Sauveur, le Messie promis. Marie a commencé par accueillir ce que Dieu désirait pour elle. Il  me semble que cette attitude de la Vierge est pleine d’enseignement pour chacun de nous. Il faut bien reconnaître que nous avons tendance à vouloir faire des choses pour Dieu : prier, offrir, faire tel ou tel effort, prendre telle ou telle résolution… En revanche il faut bien reconnaître que nous y arrivons mal ou si peu ! Le plus important ne réside absolument pas là. Pour entrer dans une relation, je dirai réelle et forte avec Dieu, la première chose et la plus nécessaire à accomplir est d’accueillir ce que Dieu désire pour nous et fait pour nous, en nous mettant justement à l’école de Marie chantant son Magnificat. Paul ne fait pas autrement lorsqu’il écrit aux Corinthiens, comme nous venons de l’entendre dans la première lecture : « je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet pour la grâce qu’il vous a donné dans le Christ Jésus ; en lui vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la Parole et la connaissance de Dieu. »

Alors, frères et sœurs, je vous invite à profiter de cette journée de pèlerinage dans une période, il faut le reconnaître,  assez sombre de la vie de notre monde en raison de la pandémie actuelle et des pertes de bien des repères dans la société civile ; en particulier, ces jours-ci, dans le domaine de la bioéthique, Je vous invite à accueillir l’amour divin personnellement. Placés sous son regard, laissons-nous aimer, laissons-nous guider, conduire par la puissance de l’Esprit Saint. Paul, un peu plus loin, toujours dans ce texte que nous avons entendu en première lecture dit aux Corinthiens : « Le Christ vous fera tenir fermement jusqu’au bout… car Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils Jésus Christ notre Seigneur. »

L’heure n’est pas à la peur mais à l’Espérance. Dieu est fidèle. Dans les épreuves actuelles, notre intimité avec le Sauveur s’impose, afin que nous puissions être des témoins des grandes choses que le Puissant accompli en faveur de ses enfants, en notre faveur. Par la louange, célébrons la miséricorde de Dieu qui renouvelle et guérit par son pardon la vie de ceux qui placent en lui leur confiance. Le livre de la Sagesse nous enseigne que Dieu n’a pas fait la mort. Il ne prend pas plaisir à la perte des vivants. Il a tout créé pour l’être ; c’est-à-dire pour la vie ; pas n’importe quelle vie,  mais pour la vie éternelle. Dans le monde actuel, nous sommes appelés à en être les témoins. A nous d’annoncer les merveilles de Celui qui nous appelés des ténèbres à son admirable lumière (1 P. 2,9) en vivant dans la louange et l’action de grâce pour le Salut que nous avons reçu. Alors, nous saurons partager notre joie de croire avec ceux qui ne connaissent pas ou qui ne connaissent plus le Sauveur de tous les peuples que Marie a su accueillir. Prions la Vierge Marie, Notre-Dame de Lourdes, pour qu’elle nous apprenne à mieux accueillir Celui qui nous sauve.

Amen

† Jean Legrez, o.p.
Archevêque d’Albi