Homélie pour la messe diocésaine

Lourdes, le 31 juillet 2018

Frères et Sœurs,

Sur la montagne, le Seigneur rappelle à Moïse ce qu’il a fait en faveur du Peuple en le libérant de l’esclavage d’Égypte. Puis il invite le Peuple à écouter sa voix : « Si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, vous serez mon domaine particulier parmi tous les peuples. » Et le Seigneur révèle au peuple sa vocation : « Vous serez un royaume de prêtres, une nation sainte. » Unanime, le peuple s’engage : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le ferons. »

« Aujourd’hui, puissiez-vous écouter la voix du Seigneur. » (Psaume 95) Ayons la conviction que le Seigneur a quelque chose à nous dire aujourd’hui, à titre personnel comme à titre communautaire. Nous sommes son domaine, son bien propre parmi tous les peuples. Nous appartenons à son Royaume. Par le baptême, il a fait de chacun de nous un prêtre voué à lui offrir le sacrifice de louange, c’est-à-dire appelé à le louer, à lui rendre grâce, à lui offrir notre vie comme Jésus, notre Maître. La fidélité à la grâce baptismale passe par cette offrande sans cesse renouvelée de notre personne entre les mains du Père, et la recherche constante de correspondre à sa volonté.

À Cana, par la bouche de Marie, nous sommes invités à la confiance et à l’obéissance que le Seigneur attend de chacun de ses disciples : «  Tout ce qu’il vous dira faites-le ! » La Vierge peut parler ainsi car elle sait d’expérience vécue. Elle semble dire « Faites tout ce que vous dit Jésus, comme j’ai fait moi-même tout ce que son Esprit m’a dit… et comme moi vous l’enfanterez. » Les serviteurs de la noce obéirent et furent les témoins du premier miracle de Jésus qui révéla sa gloire, c’est-à-dire sa divinité. Ce Dieu, qui dans le passé avait libéré son Peuple de la captivité en Égypte, continue à Cana de manifester sa miséricorde pour annoncer la nouvelle alliance que le Messie va bientôt sceller par son sang, en faveur de tous les peuples.

Au Cénacle, lors de la Cène, ce ne sera plus de l’eau changée en vin, mais du vin changé en sang du Sauveur, pour ses noces avec l’humanité qui s’accompliront au Calvaire, sur la Croix, dans une remise complète de lui-même entre les mains du Père.

Tous les saints, à commencer par la Vierge Marie, nous montrent le chemin à suivre. Ayant écouté la parole de l’ange, Marie pourra dire « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole. » Et elle devint la Mère de Dieu. Le fruit de son obéissance est le don du Sauveur pour l’humanité entière. L’écoute et l’obéissance à la Parole manifestent la présence divine ; la plupart du temps dans la discrétion, l’humilité, le silence, la compassion pour tout frère ou sœur en humanité. Le Magnificat de Marie exprime à merveille le contenu du cœur de l’Immaculée. Chaque soir aux vêpres, l’Église en prière le fait sien.

Sainte Bernadette, comme les serviteurs de la noce à Cana, a obéit à la Vierge au cours des dix-huit apparitions donc elle fut bénéficiaire à la Grotte de Massabielle. Son écoute et la mise en pratique des ordres de la Dame ont provoqué moqueries et humiliations, avant de devenir pour beaucoup un exemple conduisant à la guérison du cœur et même du corps, signe de la bonté compatissante de ce Dieu qui n’est qu’Amour.

Chers pèlerins,

Devenus saints par la grâce du baptême et la vie sacramentelle, nous allons recevoir le Corps et le Sang de l’époux de nos âmes. Osons nous donner à lui pour porter du fruit, en obéissant à sa Parole et en accomplissant ce qu’il nous demande au plus secret de notre cœur. Demandons la grâce d’écouter le Maître qui nous parle par sa Parole, lue et méditée. Demandons-lui aussi la force d’accomplir promptement et joyeusement ce qu’il nous demande. Ainsi, nous deviendrons pour la plus grande gloire de Dieu les disciples-missionnaires dont notre société a besoin pour lutter contre toutes les formes d’égoïsme, de tristesse et de mort qui la taraudent.

Aussi, en guise de conclusion, c’est avec les mots du pape François que je me tourne vers notre Mère : « Vierge et Mère Marie, toi qui, mue par l’Esprit, as accueilli le Verbe de Vie dans la profondeur de ta foi humble, totalement abandonnée à l’Éternel, aide-nous à dire notre « oui » dans l’urgence, plus que jamais pressante, de faire retentir la Bonne Nouvelle de Jésus. »

Amen.

+ Jean Legrez, op.
Archevêque d’Albi

Lectures :

Exode 19, 3-8
Psaume 118
Jean 2, 1-11