Chers diocésains, venez nombreux fêter la Pentecôte !

À la Pentecôte 2018, le diocèse franchira une étape importante de son histoire séculaire. Depuis le début du Ve siècle, les limites du diocèse et des paroisses ont connu de multiples changements… À toutes les époques durant quinze siècles, l’Évangile a été annoncé et reçu avec plus ou moins de bonheur selon les périodes. L’essentiel ne réside-t-il pas dans la proclamation des « merveilles de Dieu », afin que toute personne de bonne volonté puisse adhérer au message évangélique ?

La création des 21 nouvelles paroisses a pour but de réveiller l’esprit missionnaire de chaque baptisé du diocèse. Dans l’Église, les évolutions administratives sont toujours au service de l’évangélisation. Un service qui n’est pas réservé aux clercs. « Évangéliser, – remarquait le bienheureux Paul VI – c’est la grâce et la vocation propre de l’Église, son identité la plus profonde »[1]. Pour saint Jean-Paul II, « Les fidèles laïcs, précisément parce qu’ils sont membres de l’Église, ont la vocation et la mission d’annoncer l’Évangile ; à cette activité, ils sont habilités et engagés par les sacrements de l’initiation chrétienne (le baptême, la confirmation et l’eucharistie) et par les dons du Saint-Esprit »[2]

Dans une société extrêmement sécularisée et marquée par de nombreux courants athées et consuméristes, nous assistons à une rupture de transmission de la foi qui se généralise dans toute l’Europe. Seulement 23% des jeunes de moins de trente ans se disent chrétiens en France. Cet état des lieux nécessite, avec une réelle urgence, une réaction faite d’audace, de courage et d’imagination. Regarder en arrière n’est pas évangélique. « L’avenir, – selon un abbé cistercien contemporain – est dans les mains de ceux qui témoigneront et qui prieront, car Dieu est avec eux »[3]. Le Pape François dans sa récente exhortation apostolique sur la sainteté, La joie et l’allégresse, écrit : « Demandons au Seigneur la grâce de ne pas vaciller quand l’Esprit nous demande de faire un pas en avant ; demandons le courage apostolique d’annoncer l’Évangile aux autres et de renoncer à faire de notre vie chrétienne un musée de souvenirs. De toute manière, laissons l’Esprit Saint nous faire contempler l’histoire sous l’angle de Jésus ressuscité. Ainsi, l’Église, au lieu de stagner, pourra aller de l’avant en accueillant les surprises du Seigneur » (n° 139).

La révélation nous apprend que depuis l’origine du monde l’Esprit Saint est donateur de vie. À la Pentecôte, il préside à la naissance de l’Église. L’Esprit accompagne la vie de l’Église au cours du temps, il est présent dans le cœur de chaque fidèle et au sein de chaque communauté soucieuse d’écouter et de mettre en pratique l’enseignement du Christ. Il conduit l’humanité vers sa fin ultime : la rencontre avec Dieu.

Chers diocésains,

Venez nombreux de tous les coins du diocèse au rendez-vous fixé l’après-midi du dimanche de Pentecôte, afin qu’ensemble nous invoquions la venue de l’Esprit sur l’Église d’Albi, de telle sorte qu’elle corresponde de mieux en mieux à la volonté du Seigneur sur elle. Que l’Évangile puisse être annoncé chez nous à tous, particulièrement aux plus éprouvés et aux plus démunis ! Que les plus jeunes puissent connaître et aimer le Sauveur de l’humanité ! À très bientôt à Albi ! En attendant soyons unis dans la prière avec la Vierge Marie et tous nos saints patrons !

Sainte fête de Pentecôte à tous les diocésains !

† Jean Legrez, o.p.,
Archevêque d’Albi

 

[1] Paul VI, Exort. ap. Evangelii muntiandi, 14
[2] Jean-Paul II, Exort. ap. Christifideles laïci, 33
[3] Dom Samuel Lauras, La vie n°3786, 22-28 mars 2018