Rabastens : Notre-Dame du Bourg

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L’église Notre-Dame du Bourg à Rabastens a été érigée après le traité de Paris en 1229 qui établit la paix et la prospérité dans la région après la Croisade albigeoise. C’est l’abbaye de Moissac qui avait fondé, au XIIe siècle, un prieuré : de cette époque ne subsistent que les beaux chapiteaux du portail.

La nef du XIIIe siècle est vite complétée au début du XIVe sous l’impulsion de Bernard de Latour, par un vaste chœur qui prolonge la nef vers l’Est. Le 29 juin 1318, la clef de voûte du nouveau chœur polygonal de l’église est bénie par Béranger de Landorre, archevêque de Compostelle et légat du Pape Jean XXII.

Les cinq chapelles de la nef seront construites jusqu’au XVe siècle.

Rabastens 2Les peintures de la nef ont été réalisées à la fin du XIIIe siècle. Celles du chœur, à dominante rouge et bleu, furent réalisés après sa construction et représentent des scènes de l’enfance du Christ et de la vie de la Vierge Marie. Elles furent restaurées ou reprises en 1846. Les voûtes sont ornées de svastikas [1] et des médaillons représentant le Christ, la Vierge, les apôtres et des saints.

La première chapelle de gauche dans le chœur est dédiée à saint Martin, évêque de Tours. La scène célèbre le montrant partageant son manteau avec un mendiant est représentée à gauche.

La deuxième chapelle est celle consacrée à saint Jacques. L’apôtre est représenté, grandeur nature, dans l’entrée du chœur sur le pilier gauche. La clé de voûte de la chapelle représente saint Jacques entouré de deux pèlerins. Rabastens se trouve sur une des routes secondaires du pèlerinage à Compostelle, pour relier Rodez à Toulouse. Depuis 1998, Notre-Dame du Bourg est inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO, au titre due bien culturel des Chemins de Saint Jacques de Compostelle.

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La troisième chapelle, comme celle qui se situe en symétrie, est dédiée à la sainte Vierge, patronne de l’église. Les peintures ont été refaites au XIXe siècle.

La chapelle de droite à l’entrée du chœur est dédiée à saint Augustin. Les scènes sont tirées des récits du saint dans ses Confessions. Augustin fut évêque d’Hippone au Ve siècle.

Retable de la troisième chapelle nord, en bois peint et doré.
Un compartiment délimité par deux colonnes à chapiteaux corinthiens.
Au centre, une toile représentant saint Eutrope
Couronnement : entablement. XVIIIe siècle [2]

Le portail, les huit colonnes et les huit chapiteaux s’ajustent avec trop peu de précision à l’ensemble de la décoration du portail pour ne pas supposer un réemploi d’un édifice roman antérieur (XIIe)

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Fresques dans le choeur
Dans la chapelle d’axe la statue de l’Assomption de la Vierge, réalisée à Toulouse en 1843, couronne l’autel de la fin du XVIIIe siècle.
Vue depuis le triforium
Fonds baptismaux

Les chapiteaux du portail représentent des scènes de l’enfance du Christ.

En partant de la gauche l’Annonciation et la Visitation : Marie et Élisabeth se serrent dans les bras, Zacharie continue à piler le grain.
De l’autre côté de l’entrée : la Présentation au temple et le massacre des Innocents, Hérode aux centre, les soldats qui tuent malgré les supplications des mères.
La Nativité : la Vierge couchée, Joseph, les bergers et leurs moutons, une grotte stylisée, le bœuf et l’âne L’Adoration des mages
La fuite en Égypte, Joseph vêtu en paysan du Moyen Âge et la Tentation au désert

[1] croix gammées, signes d’énergie et de vie

[2] Dans À la découverte des retables tarnais par Sylvie Soukovatoff sous la direction de Jean le Pottier – Archives et patrimoine 1992

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