À Lourdes avec le plus grand chœur de France !

Les 8 et 9 novembre 2019, 80 tarnais se sont rendus à Lourdes pour participer aux XIe Ancolies, sur le thème « Nés de l’eau et de l’Esprit ».

Vous avez dit « Ancoli » ? ou « les Ancolies » ? Ne cherchez pas ce mot sur une carte ni dans un dictionnaire de noms propres ! Il s’agit d’un sigle pour désigner l’Association Nationale des C(h)Orales LIturgiquES, rassemblement de chanteurs de toute la France.

Voici, amis lecteurs, ma définition personnelle. Voici quelques sentiments, quelques images, quelques souvenirs de ces deux jours.

Les Ancolies, c’est d’abord l’appartenance à une grande famille de choristes venant de la France entière et même d’outre-mer. Environ 5 000 choristes étaient présents cette année à Lourdes.

Les Ancolies, c’est aussi un signe de reconnaissance, un sac à dos rouge vif qui, visible de loin, vous identifie immédiatement. Vous apercevez ces dizaines, ces centaines de sacs rouges se dirigeant vers le sanctuaire et vous vous joignez à ce flot coloré.

Les Ancolies, c’est l’alternance des répétitions dans la basilique saint Pie X, pas toujours très bien chauffée pour ne pas dire glaciale, et des cérémonies grandioses : laudes, angélus, vigiles baptismales, messe solennelle dimanche après-midi retransmise en direct sur la chaîne KTO. Je suis toujours impressionné par l’avancée lente et majestueuse des bannières plus belles les unes que les autres. Sans aucun chauvinisme, non (!), je trouve que celle du diocèse d’Albi est particulièrement réussie.

Les Ancolies, c’est l’émotion, le plaisir, le bonheur partagé. L’ensemble des choristes constitue un grand chœur, les enfants un petit chœur ; je n’oublie pas les musiciens, les organistes, le quatuor de solistes ni les deux chefs qui allient professionnalisme, autorité, patience et délicatesse. Le chant, à l’unisson ou en polyphonie, et la musique s’épanouissent pour résonner sous les voûtes de cette immense basilique moderne. Oui, vous pouvez être gagnés par l’émotion tellement c’est beau. Ne cachons pas notre plaisir !

Les Ancolies, c’est la convivialité, la sympathie. Le badge autour du cou authentifie votre état civil, votre provenance et votre qualité de chanteur. Au sein de votre pupitre, l’unité s’établit spontanément, une conversation s’engage, un sourire crée immédiatement un lien. « Ah ! tu viens du nord. » – Et moi, je suis d’Albi. « La cathédrale Sainte-Cécile est magnifique. » Entre basses, le courant passe !

Les Ancolies, c’est de la publicité gastronomique grâce à des coulisses fort sympathiques : les barnums proposent des spécialités régionales. Toulouse a, paraît-il, offert du foie gras. Les provinces liturgiques rivalisent de générosité et d’originalité. A la sortie des répétitions ou des célébrations, il fallait voir cette foule immense, que nul ne pouvait dénombrer (cf l’Apocalypse de saint Jean !) s’engouffrer dans les tentes pour assouvir une petite faim ou se rafraîchir les cordes vocales. En effet, des boissons accompagnaient biscuits, gâteaux, fouace, kouglof et j’en passe. Je confesse que je suis entré plusieurs fois en tentation, que j’ai cédé à la tentation de la gourmandise… Mais découvrir les bonnes choses venues d’ailleurs, est-ce un péché ?

Les Ancolies, c’est le rassemblement d’un peuple de croyants « nés de l’eau et de l’Esprit » qui témoignent  leur foi,  leur joie et  leur certitude que la musique et le chant élèvent vers Dieu l’âme et le cœur.

Les Ancolies 2019, c’est bien sûr la météo : elle n’a pas été clémente. Et cependant, nous avons chanté de notre mieux ! Il a fallu souvent ouvrir le parapluie (au sens propre !). A Lourdes, l’eau sourd de la terre mais aussi du ciel… Or, au cours de l’angélus de samedi soir devant la grotte, la pluie a cessé … miraculeusement.

Les Ancolies, c’est un engagement. Nous promettons de servir la liturgie dans nos paroisses et nos diocèses ; nous sommes les « messagers de la fête au vent brûlant venant de Dieu » (chant final d’envoi). « Par la musique et par nos voix, louange à Dieu dans les hauteurs ! » (Y 43-38).

Les Ancolies, c’est enfin le souhait de participer aux prochaines rencontres à Lourdes dans quatre ans.

« Pour que Dieu soit dit à l’homme d’aujourd’hui
Dans un concert de voix nouvelles ;
Pour qu’il soit chanté en mots de vérité
Qui font écho à ses merveilles,

Vienne dans les cœurs l’Esprit de sainteté !
Que nos lèvres chantent le Dieu vivant manifesté ! » (K 550)

Jean-Louis GARDES (Albi)

ANCOLIES…

A entendre ses voix s’élevant vers le ciel,

Nous étions en communion avec les Anges !

Comme formant un seul «corps »

Où DIEU accueillant tous Ses Enfants,

L’Esprit Saint guidant les chefs comme trait- d’Union,

Instant de GRÂCE éternel !

Et quelle joie de LUI dire MERCI en chantant… ce don donné !

Signe de Son Amour et Sa présence parmi nous !

Marie Adam

Nés de l’eau et de l’esprit

Le Pape François a écrit « Chanter, jouer, composer, diriger, faire de la musique dans l’Eglise sont parmi les plus belles choses pour la gloire de Dieu : c’est un privilège, un cadeau de Dieu pour exprimer un art musical et participer à la réalisation des mystères divins. Une belle et bonne musique est un instrument  privilégié pour aborder le transcendant et aide souvent à comprendre un message, même pour ceux qui sont distraits. »

Par le sacrement du baptême chacun de nous a été plongé dans les eaux vives pour être illuminés par l’Esprit du Dieu Vivant. L’eau c’est la Vie. C’est la source de toute vie divine.

Lors de la veillée baptismale, réunis dans le sanctuaire marial, nous avons été invités à raviver le don que nous avons reçu lors de notre baptême afin de devenir les témoins du Christ Ressuscité.

Pour moi, la procession de tous les choristes,  vers les eaux baptismales accompagnée du chant « Nés de l’eau et de l’Esprit » : « Vous tous qui êtes nés de l’eau et de l’Esprit, c’est par la Croix du Christ que vous êtes sauvés » m’a interpellée et m’a fait réfléchir sur ma façon de répondre à l’appel du Christ pour devenir véritable disciple-missionnaire.

Lors de la Messe et de l’Envoi il nous a été rappelé que chanter, louer, adorer et contempler, annoncer et servir le Royaume doit être l’itinéraire qui nous permet de naître d’en haut pour offrir à ceux qui nous entourent de naître à leur tour à l’amour et à la vie de Dieu.

Telle est notre mission de choriste.

Claire de Guibert

Photos : www.ancoli.com