Du Japon, Shoko est venue pour mieux connaître le fondateur de sa paroisse !

Shoko est Japonaise. Elle habite à Nishinomiya dans la région de Hyogo. Catholique, elle est engagée dans sa paroisse, en l’église Sainte-Thérèse de Lisieux.

Elle est venue début octobre dans le Tarn et l’Aveyron pour découvrir la terre et la famille du P. Sylvain Bousquet (1877-1943), fondateur de sa paroisse et arrière grand-oncle du P. Bruno Bories.

Qui était le P. Sylvain Bousquet ?

Le P. Sylvain Bousquet est né dans l’Aveyron à Cabanès le 19 novembre 1877. Après des études au Petit Séminaire Saint-Pierre à Rodez, il fut admis au Grand Séminaire des Missions Étrangères en 1897. Ordonné prêtre le 23 juin 1901, il partit pour la mission d’Osaka le 31 juillet. Après un temps d’étude de la langue et de la culture japonaises, il fut nommé à Kitano dans le district d’Osaka en 1907. La chrétienté se développant peu à peu, en 1914, il construisit une chapelle et un presbytère.

Mobilisé en 1914, il revint en 1920 au Japon, puis, en 1922, il fut nommé à Nishinomiya où il resta une dizaine d’années. Il y construisit en 1932 une église, une salle de réunion pour les chrétiens et une école enfantine. En 1924, il avait publié une traduction de « l’Histoire d’une âme ».

Même quand il était en France, pendant la guerre, il avait fait paraître « Le Guide illustré de l’étude de la Religion ». En collaboration avec des confrères, il publia une série d’opuscules concernant « Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus », la « Vie des Saints de l’année », la « Vierge Marie », « Saint Théophane Vénard ».

En 1934, il revint à Kitano, son premier poste. Le 8 décembre commençait la guerre du Pacifique. Curé de Kitano, il continuait à faire ses cours de catéchisme. Or un catéchumène le trahit auprès de la gendarmerie, sans doute à propos de son enseignement sur l’origine divine de l’empereur. Il fut arrêté le 17 février 1943.

Il n’est pas possible de savoir ce qui s’est passé exactement. Simplement Mgr Taguchi, évêque d’Osaka, s’étant informé des charges qui pesaient sur le Père Bousquet, s’entendit dire « Le Père Bousquet est un criminel d’État : il nous est impossible de le relâcher; il a tout avoué. » S’il est vraisemblable qu’on lui ait posé la question « Que placez-vous en premier, le Christ ou l’empereur ? » le Père ne pouvait qu’affirmer sa foi. Trois semaines après l’arrestation, le 10 mars 1943, le Père Bousquet mourait dans un hôpital d’aliénés où il avait été transporté. Alerté par la gendarmerie, un Père se rendit dans cet hôpital et trouva le Père couché sur une natte, avec une couverture sur le corps. Avait-il subi la torture physique ? D’après les deux Pères qui firent sa toilette funèbre, il n’y avait aucune trace de coup ou de blessure. Le 13 mars eut lieu l’enterrement comme à la sauvette.

La guerre terminée, le Père Bousquet fut réhabilité durant une cérémonie qui se tint à Shukugawa sous la présidence de Mgr Taguchi qui conclut par ces mots : « C’est pour avoir affirmé sa foi que le Père Bousquet est allé en prison, qu’il est devenu malade et qu’il est mort. Je le considère comme un martyr. »  Le corps du Père Bousquet était parfaitement conservé : il fut enterré au cimetière de Shukugawa à Nishinomiya. (Cf les archives des M.E.P.)

Saluant Mgr Legrez avant de partir découvrir les lieux de mémoire aveyronnais, Shoko lui partagea aussi sa joie qu’actuellement, un jeune prêtre français des M.E.P. officie dans une paroisse proche de la sienne. Or ce jeune prêtre était séminariste dans le diocèse de Saint-Claude et allait être ordonné en 2011 par Mgr Legrez quand celui-ci fut nommé archevêque de notre diocèse !

Shoko, de retour au Japon, après réception de cette photo de la messe présidée par Mgr Legrez et concélébrée par le P. Bruno Bories, écrit :

« Messe inoubliable ! Plus j’y pense, plus je suis persuadée que c’était  providentiel, comme un beau sourire du Seigneur, une pure bénédiction. J’ai retrouvé ma vie quotidienne, surtout dans le service liturgique auprès de ma paroisse. Je me sens maintenant profondément unie à la région natale du Père Bousquet sans qui notre paroisse n’aurait pas existé !
Très fraternellement, Bénédicte-Shoko »

 

Shoko SATOH et le P. Bruno BORIES


Japon : Église Ste-Thérèse de Lisieux

 

P Sylvain Bousquet


Shoko SATOH et Mgr LEGREZ


Messe présidée par Mgr Legrez et concélébrée par le P. Bruno Bories