Journée mondiale du migrant et du réfugié

Le dimanche 15 janvier 2017, l’Église catholique célèbrait la 103e Journée mondiale du migrant et du réfugié autour du thème de réflexion et de prière « Mineurs migrants, vulnérables et sans voix ».

Célébration à Castres

Le doyenné de Castres avait programmé une célébration pour la journée mondiale des migrants et réfugiés à l’Eglise Sainte-Thérèse de Bisséous.

La procession d’entrée présentait les différents drapeaux des pays de migrants présents dans notre diocèse. Elle avançait vers l’autel avec une mappemonde rappelant l’universalité de cette journée. Le Père Jean Cros présidait avec les pères Francis Gayral, François Renaisy et le diacre Christian Megret qui a donné l’homélie. Un grand écran a permis à chacun de suivre les chants pour une meilleure participation de l’assemblée. La prière universelle était projetée à l’écran en français pendant que les migrants la donnaient au micro dans les différentes langues.

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La procession des offrandes était rythmée par le chant des sœurs camerounaises accompagnées au jumbé. Avec cette procession, nous avons présenté au Seigneur nos offrandes, toute notre vie, et particulièrement celles de nos frères et sœurs migrants et réfugiés. Nous avons apporté :

  • Un arc-en-ciel, expression de notre désir de communion dans la diversité.
  • Le pain et le vin qui deviendront le corps et le sang du Christ.
  • D’autres offrandes typiques, Un panier de fruits, et nous devions trouver aussi la maquette inachevée d’un bateau, nous rappelant les dangers de l’exil et les naufragés. Cette maquette retrouvée au fond d’un garage est devenue symbolique à plus d’un titre : commencée il y a longtemps, elle a été abandonnée pour vivre autre chose. Comme elle tous les migrants ont abandonné une vie commencée dans leur pays, avec tous les désirs qui étaient les leurs. Cette maquette ressemble à tous ces bateaux échoués sur les rivages des côtes où ils ont pu aborder.
    Mais cette maquette est aussi symbolique d’une vie qui peut renaître. Elle peut être reprise et complétée, avec mes petits-enfants peut être. Pour ces migrants il y a aussi ce désir de renaître à une vie nouvelle mais ils ont besoin de quelqu’un pour les y aider. C’est donc aussi un symbole d’espoir, de vie en attente, de vie partagée.

Nous avons présenté tout cela dans cette eucharistie pour que le Seigneur transforme toutes nos vies en vie d’accueil et de partage.
En fin de célébration un clip chantant d’un migrant a pu montrer ce que vivent les jeunes mineurs dans cette situation. Un pot d’amitié nous a rassemblé dans une grande salle en sous-sol de l’Eglise et une cinquantaine de personnes sont restées pour partager le repas très riche de la diversité des apports de chacun.

 

Célébration à Albi

Dans l’assemblée albigeoise à la chapelle Saint-Martin, certains étaient originaires d’Irak, du Sri Lanka, de Colombie… Pour signifier les remerciements à Dieu pour la vie, la foi et la charité réciproque, encens, fleurs et fruits accompagnaient l’offrande du pain et du vin.

Autour des P. Pierre Trouche, Jacques Caminade, André Roustit et Pierre Combès, une prière fervente pour la paix et la protection des enfants a uni tous les cœurs.

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Célébration à Réalmont 

A Réalmont, après les lectures bibliques en anglais, portugais et italien, le P. Robert Kinda a commenté avec force le message du pape François en faveur des enfants. Rappelons que, selon les estimations récentes de l’UNICEF, près de 50 millions d’enfants ont migré ou ont été déplacés de force dans le monde. Plus de la moitié d’entre eux – 28 millions – ont fui leurs foyers en raison de conflits et de violence.

Devant une assemblée où étaient représentées l’Afrique, l’Océanie, l’Asie et l’Europe, des enfants ont apporté des drapeaux de différents pays et se sont regroupés auprès d’un bateau construit par un paroissien. Ce symbole parlait à tous des drames vécus en Méditerranée.  Les intentions de tous les peuples étaient confiées à la table eucharistique présidée par le P. Pierre Nguyen.

La journée se poursuivit par un repas partagé. Chants et danses n’ont pas manqué ! Un vrai bonheur d’être ensemble, peuples réunis aux multiples ‘saveurs’.

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Sur le chemin de l’accueil

Il y a un peu plus d’un an, le 6 septembre 2015, le pape François invitait paroisses, communautés religieuses, monastères et sanctuaires de toute l’Europe à accueillir une famille de réfugiés. Largement relayé par les évêques de France, cet appel a été entendu, et la mobilisation exceptionnelle qui a suivi a été pour toute l’Église en France un grand motif de joie. À travers la diversité des engagements, c’est la culture de la rencontre qui a progressé, cette culture de la rencontre qui, comme le soulignait le pape François dans son message pour la dernière journée mondiale, vit tout autant de notre capacité à donner à l’autre que de celle de recevoir de lui.

Le 15 janvier nous donnera précisément l’occasion de célébrer ensemble, migrants et non migrants, ce qui, dans la rencontre de l’autre aura été reçu. Cette journée sera aussi l’occasion de rendre grâce pour tous les liens qui, dans le concret de l’accueil, auront été tissés avec des hommes et des femmes de bonne volonté quelles que soient leurs convictions personnelles. Par son caractère festif, la prochaine Journée mondiale pourra également être un moment de ressourcement sur le chemin de l’accueil. Les fruits de la fête devront nous redonner des forces pour relever les défis de l’avenir avec confiance. Parmi ces défis, je voudrais mentionner particulièrement celui de l’intégration.

Le Pape nous a parlé  « des mineurs migrants, vulnérables et sans voix ». En attirant notre regard sur les plus jeunes, enfants et adolescents, le Pape nous invite à être attentifs à ceux qui sont une promesse d’avenir, aussi bien pour leurs parents – lorsque ceux-ci les accompagnent – que pour notre société dans laquelle nombreux sont ceux qui grandiront et feront leur vie. En soulignant leur vulnérabilité, le Saint-Père nous invite à nous engager plus fortement pour la protection de l’enfance, pour l’éducation des jeunes, pour la transmission de nos valeurs afin qu’ils soient intégrés dans notre pays et ne demeurent pas des étrangers. Notre responsabilité, notre « ardente obligation », est de les aider à devenir des adultes épanouis devant Dieu et devant les hommes. Grâce à ses institutions éducatives, à ses associations, notre Église a, sur ce point, beaucoup à partager et à leur apporter.

Rappelons l’appel à la paix lancé par de jeunes réfugiés depuis le parvis de la basilique Saint-François, à Assise, et le commentaire du pape François sur le sens du passage de la Porte sainte dans le cadre du jubilé de la miséricorde : « Ce passage sert à trouver Jésus, l’amitié de Jésus, le repos que seul donne Jésus. » L’amour est présent dans le monde et il est plus puissant que toutes les formes du mal ! Les communautés de notre Église, en accueillant nos frères du Moyen-Orient et d’ailleurs, nous rappellent cette vérité.

Sainte Teresa de Calcutta disait « l’heure n’est pas à la polémique, elle est à la charité ». Nous devons être particulièrement attentifs à la vie de foi et à la croissance spirituelle des jeunes car parmi les actes de charité que nous devons concrètement mettre en œuvre au cours de cette Année de la miséricorde, le développement intégral de la personne des jeunes et des autres est la première des priorités et passe par le partage de cette conviction : Dieu est amour !

Mgr Georges Colomb,
Évêque de La Rochelle et Saintes
Évêque référent auprès de la Pastorale des migrants

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