Noël, joie de croire en un Dieu si proche de nous

Adoration des bergers. Eglise de Noailhac

Le Puissant fit pour moi des merveilles (Luc 1, 49)

C’est de l’île de La Réunion où je prêche leur retraite annuelle aux moniales dominicaines de Saint-Denis que je rédige ces lignes. Vivre les premiers jours de l’Avent face à l’immensité de l’océan Indien et dans la chaleur de l’été recèle quelque chose d’inhabituel et de surprenant…

Après un passage rapide à Madagascar pour participer au pèlerinage d’Andovoranto, lieu de la mort de Monseigneur Henri de Solages le 8 décembre 1832, le dépaysement se prolonge. L’accueil et la ferveur de nos frères catholiques malgaches sont un véritable baume tonifiant dans un pays magnifique ou malheureusement la corruption et la pauvreté progressent toujours. Cette année le pèlerinage était marqué par deux événements : la bénédiction de la maison d’accueil, construite ces derniers mois en face de l’église située à côté de l’emplacement de la tombe du premier évêque de la Grande Île, et l’ordination de trois diacres en vue du sacerdoce par le Nonce Apostolique. Une liturgie très solennelle de quatre heures, après une nuit de prière avec des témoignages de chacune des paroisses du diocèse de Tamatave, des confessions et l’adoration pour clore jusqu’à l’aurore.

De l’autre bout du monde je souhaite à chaque diocésain d’entrer dans la nouvelle année liturgique avec une conscience toujours plus vive des dons de Dieu. Le Seigneur vient. Il est présent dans le cœur des baptisés et nous attendons son retour dans la gloire à la fin des temps. Nous nous préparons aussi à célébrer la première venue du Seigneur en fêtant la naissance de Jésus à Bethléem. Cette période de l’année liturgique renouvelle notre espérance. Quelle joie de croire en un Dieu qui est si proche de nous, qui a voulu être « plus intime à nous-même que nous-même » pour nous établir éternellement en Lui !

La nativité du Seigneur Jésus offre à l’humanité entière un motif d’exultation. Nous autres croyants, sachons vivre le temps de Noël dans l’action de grâce et en imitant le Sauveur qui s’est fait proche de tous, des petits comme des grands, des bergers comme des mages. La ferveur et la beauté de nos célébrations du jour de Noël, ainsi que la simplicité et la sobriété de notre manière de vivre les fêtes autour de la naissance de l’Enfant Dieu pourront être un signe du Royaume, ou bien au contraire une caricature… À chacun de choisir !

Osons être nous-mêmes, des disciples d’un Dieu qui s’est fait pauvre et serviteur de chacune de ses créatures pour les combler de sa propre vie divine. Ne nous laissons pas influencer par toutes sortes de mondanités qui sont sans rapport avec le message de Noël. Apprenons du Sauveur qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. Ouvrons les portes de nos maisons à ceux qui sont seuls, à l’écart comme les bergers considérés à l’époque du Christ comme impurs, aux délaissés de notre société comme à tous les membres de nos familles. Partageons avec tous les richesses de nos cœurs et même de nos biens ! Alors la joie de Noël se répandra abondamment autour de nous pour le bonheur du plus grand nombre.

Saint et heureux Noël à tous les diocésains !

Que le Seigneur bénisse spécialement ceux et celles qui sont actuellement éprouvés !

Bonne année 2018 !

† Jean Legrez, o.p.
Archevêque d’Albi