Saint-Pierre de Tastavy

Présentation des nouvelles fresques de Michaël Greschny

L’église Saint-Pierre de Tastavy a été ornée en 2017 de nouvelles fresques réalisées par Michaël Greschny. Dimanche 13 août à 15h30, Michaël Greschny en détaillera le message.

Croix de Tastavy, restaurée en 2017

Une fleur dans la montagne

Je veux parler de la chapelle de Tastavy dans les monts de Lacaune, sur la commune de Nages. Une fleur inattendue. Interrogez des prêtres anciens. Ils vous diront qu’on plaisantait à propos de Tastavy. Etre nommé curé de Tastavy c’était un exil. On voulait vous cacher ou vous punir. D’ailleurs depuis 1908 il n’y a plus ici de curé résident. Restent de beaux bâtiments édifiés dans  les années 1825-1830 par les gens du pays qui, fort pratiquants, souhaitaient n’avoir plus à courir jusqu’à Nages ou Villelongue.

A partir de 2005, une association de promotion du patrimoine s’est employée à restaurer l’ensemble, d’abord pour en faire un lieu de mémoire de la vie religieuse dans ce coin de montagne sur les confins du Tarn et de l’Hérault. Divers concours, à commencer par celui de M. Robert Pistre et des municipalités de Nages ou de la Salvetat, ont réalisé l’inattendu. Les vastes bâtiments du presbytère sont devenus un musée. Il présente tout ce qu’on pouvait trouver autrefois dans les paroisses de la région, depuis le corbillard jusqu’à une foule de statues, médaillons, textes de prière au fil des heures de la vie : baptême, catéchisme, mariage, vie chrétienne en famille et autour de la mort. Prévoyez au moins deux heures pour ne rien oublier…

Les peintures à fresques réalisées par Michaël Greschny dans le chœur de la chapelle ont été inaugurées le dimanche 9 juillet 2017. L’assistance chantait sa joie pour la qualité et le message des peintures, mais aussi parce que, comme autrefois, ce sont des gens du pays, divers artisans, qui ont mis la main à la pâte. D’abord pour réduire l’humidité qui abîme rapidement les crépis et donc les peintures. Jour après jour, il fallait pétrir le mortier, l’étaler sur les murs pour que Michaël Greschny puisse y poser d’abord une ébauche de dessins, puis les mille couleurs qui fascinent aujourd’hui.

Sur la voûte, au centre, un Christ Pantocrator tel qu’aimaient le présenter les artistes byzantins. Ici, comme en Orient, la vie est souvent difficile mais le visage serein du Christ y domine une croix entourée d’initiales grecques qui désignent le Fils de Dieu « NIKE » c’est-à-dire victorieux. Il nous parle d’un avenir assuré comme nous l’annonce le livre de l’Apocalypse. Plus bas, sont présentés deux moments de la vie de saint Pierre, le patron de la paroisse. D’abord, son triste reniement, quand une femme l’interpelle pendant le procès de Jésus, puis quand commence avec saint Jean leur vie d’apôtre. Pierre guérit « au nom de Jésus » le boiteux de la Belle Porte (Actes 3/6).

Abbé Claude CUGNASSE

Dans la demi-coupole, le buste du Christ apparaît dans sa gloire entouré des quatre Vivants ; il tient la Parole ouverte avec une question qu’il pose à ses disciples et à laquelle Pierre va répondre (Matthieu 16 – 15)

Et vous, qui dites-vous que je suis ?

De part et d’autre, deux passage relatifs à Pierre : à gauche, le reniement et à droite le premier miracle de Pierre au début du livre des Actes (Actes chapitre 3). Ces deux scènes illustrant le pardon du Sauveur pour les péchés, les échecs  et les faiblesses de l’humanité, et le fruit de la repentance qui engendre une réhabilitation qui lui est donnée gratuitement.

Au centre une « Hétimasie », qui est le trône qui va recevoir l’Agneau immolé dans l’Apocalypse. Sorti de son contexte, ce thème met l’accent sur ce trône qui est aussi un autel sur lequel est posé la Parole, c’est à dire Christ (Prologue de Jean), sur laquelle vient se poser l’Esprit Saint. Ce thème illustre le sacrifice agréé, c’est à dire celui du Christ mort pour notre rachat, avec les instruments de la Passion, la croix étant vide car le Christ est ressuscité.

De part et d’autre Adam et Eve illustrent le vieil homme qui a chuté mais qui, par le sacrifice à la croix pour le pardon des péchés, va devenir une nouvelle créature.

Photos : Michaël Greschny

Musée – conservatoire de Tastavy

Dans l’ancien presbytère, ce lieu de mémoire présente sur 300 m2 d’exposition les objets de la piété familiale traditionnelle, les objets du culte catholique, les ornements sacerdotaux, les ornements et la statuaire d’Église, avec une mise en perspective par rapport au sens religieux et à l’histoire. On pourra y trouver des explications sur ce qu’est une église, sur ce que l’on trouve dans une sacristie, sur la vie du chrétien du baptême à ses funérailles, sur l’année liturgique et les grandes fêtes chrétiennes (Noël, Pâques,…). sur la vie du prêtre dans son presbytère. Les collections ont été enrichies et deux nouveaux thèmes sont illustrés : l’œcuménisme d’une part, ce que Vatican II a changé dans l’Église catholique d’autre part.

Au lieu-dit Les Barthezes, sur la D62b entre Nages (81) et La Salvetat (34), c’est une halte rafraîchissante qui est proposée : découverte des richesses des pratiques religieuses de nos pères, présentation et mise en perspective du patrimoine, boissons fraîches et pause café.

www.tastavy.com