Bienheureux Pierre-François Jamet

pierre-francois-jametLe père Pierre-François Jamet a effectué plusieurs voyages à Albi. Ce prêtre, ordonné à 25 ans pour le diocèse de Bayeux, en 1787, et qui mène, pendant la Révolution la vie errante et camouflée du clergé “réfractaire », consacre son existence au service d’une petite communauté de Caen, celle du Bon-Sauveur, destinée à soigner les malades pauvres et à “tenir un pensionnat pour les femmes et les filles folles ». Quand s’y ajoutera l’éducation des sourds-muets, Pierre-François Jamet mettra au point un langage par signes et plus tard un apprentissage de l’expression orale à partir de lecture sur les lèvres. Quant aux aliénés des deux sexes, ils reçoivent un accueil et des soins totalement ignorés à cette époque.

C’est pour implanter cette œuvre à Albi (dont l’archevêque, Charles Brault, est l’ancien évêque de Bayeux) que Pierre-François entreprend plusieurs fois des voyages de 900 kilomètres.

Le premier voyage, en août 1823, dure moins d’un mois et se solde par un échec. On croyait pouvoir installer un asile d’aliénés dans l’ancienne résidence épiscopale du Petit-Lude, vendue comme bien national, mais on n’obtient pas les appuis officiels nécessaires. C’est pour prendre en charge l’école de sourds-muets de l’abbé Treilhou que Pierre-François Jamet revient en 1832 avec cinq religieuses. Parti de Caen le 10 novembre, il repart d’Albi le 10 décembre. En août de l’année suivante, le voici de nouveau dans le diocèse d’Albi, le temps de régler tout ce qui touche à l’achat du Petit-Lude. Il est de retour en avril 1834, pour installer les sœurs dans leur nouvelle maison. Il reste deux mois et repart avec une postulante de Réquista. Son dernier séjour à Albi dure trois semaines, en août 1841. Il a 79 ans.

Le 12 janvier 1845 il s’endort dans le Seigneur.

Le “Bon-Sauveur », et donc le diocèse d’Albi qui a bénéficié de son labeur, lui doivent non seulement d’avoir perfectionné les méthodes d’une charité efficace, en considérant comme des frères des malades rejetés par la société, mais aussi d’avoir promu dans la vie religieuse une ouverture d’esprit qui peut surprendre chez un tel légitimiste conservateur. Il a été béatifié le 10 mai 1987.

De l’union des Sœurs du Bon-Sauveur avec les Sœurs de la Charité Sainte-Marie, les Sœurs de Saint- Charles (communautés d’Angers), la communauté de la Sainte-Famille (à Nantes) est née en septembre 2014 la congrégation des Sœurs missionnaires de l’Évangile. Les quatre congrégations partagent des charismes pour l’exercice de la charité auprès des malades et des plus démunis, et le même enracinement dans l’École française de spiritualité (avec des figures comme saint Vincent de Paul ou saint Jean-Eudes). La fondation des Sœurs Missionnaires de l’Évangile engage ainsi un nouvel élan apostolique, afin de répondre aux besoins de l’Église et du monde.

Source : Les saints de chez nous du Père Robert Cabié