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« Il n’y aura pas de pauvre chez toi »

« À toutes les communautés chrétiennes et à tous ceux qui ressentent l’exigence d’apporter espérance et réconfort aux pauvres, je demande de travailler pour que cette Journée mondiale des pauvres [le 17 novembre] renforce chez beaucoup, la volonté de collaborer efficacement afin que personne ne se sente privé de proximité et de solidarité ». Cette conclusion du message du pape François est une invitation concrète à mettre en œuvre la parole du Deutéronome : « Il n’y aura pas de pauvre chez toi ».

Cet appel est une utopie que nous faisons taire facilement par la critique des personnes en situations de pauvreté, par la recherche intellectuelle sur les pauvretés ou en cherchant dans sa vie les pauvretés qui appellent une aide extérieure ! Or, l’Écriture et l’Église répètent sans cesse et sous différents angles l’impérieuse nécessité de lutter, en actes et en vérité, contre la pauvreté. Ces appels appellent à trois attitudes : ouvrir les yeux, se retrousser les manches et dénoncer.

Il n’y aura pas de pauvre chez toi (Deutéronome 15, 4)

 

Ouvrir les yeux d’abord : tout le monde a des pauvres à sa porte, près de chez lui, dans sa famille, des hommes, des femmes, des enfants qui sont seuls, qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, qui sont étrangers, malades ou maltraités. Que l’appel du pape nous pousse à nous arrêter et à regarder avec les yeux de l’Évangile ceux qui nous entourent.

Ensuite, se retrousser les manches : un constat ne suffit pas, il appelle une démarche, une rencontre. Le « qu’as-tu fait de ton frère ? » de Dieu à Caïn a gravé pour toujours dans la mission des croyants l’exigence du sacrement du frère.

Enfin, dénoncer : les plaidoyers de beaucoup de mouvements d’Église ou d’associations orientent vers le collectif, vers l’interpellation des structures de la société, vers des choix politiques à tous niveaux, pour prendre soin de son prochain et de tous ceux, plus éloignés, qui vivent les mêmes conséquences de la pauvreté.

« La condition des pauvres nous oblige à ne pas nous éloigner du Corps du Seigneur qui souffre en eux. (…) La promotion sociale des pauvres n’est pas un engagement extérieur à la proclamation de l’Évangile, au contraire, elle montre le réalisme de la foi chrétienne et sa valeur historique. L’amour qui donne vie à la foi en Jésus ne permet pas à ses disciples de se replier dans un individualisme asphyxiant, caché dans des segments d’intimité spirituelle, sans aucune influence sur la vie sociale » écrit encore François.

Dans notre diocèse, des représentants du Secours Catholique, de la Société St-Vincent de Paul, des pastorales des migrants, des malades, des prisons, des gens du voyage, du CCFD Terre solidaire et de différentes paroisses se retrouvent régulièrement au sein d’une équipe Diaconie pour que la place du pauvre soit mieux portée par nos communautés. Heureusement, cette équipe n’est pas la seule à agir. Quand elle fait écho à l’appel pressant de l’Écriture et de notre pape et suscite de multiples initiatives, elle est fidèle à l’appel de son Seigneur.

Abbé Bruno Bories
Aumônier du Secours Catholique Tarn-Aveyron