« Soeur Marie Scholastique ? La Centrafrique, c’était sa vie ! »

Sœur Marie Scholastique (Marinette Chabbert) est née le 7 janvier 1924 à Rouairoux. Elle avait 6 ans quand son papa est décédé et, à 13 ans, elle perd sa maman.

Elle est accueillie à la Maison de Famille du Boutge où elle commence à apprendre la couture.
C’est là que l’appel de Jésus se fait entendre et à 18 anselle rentre au couvent de Massac.

Après ses vœux perpétuels le 8 septembre 1948, elle est envoyée au Breuil pour assurer l’enseignement ménager auprès des jeunes.

  • En Centrafrique de 1949 à 1993 !

Puis ce fut le départ pour la Centrafrique en 1949, voyage long et pénible.

Après bien des secousses sur les routes, elle arrive à Berbérati, où elle est accueillie à Ste-Anne par Mère Saint Elie, Srs Jean Bosco, Jean Louis et Marie de l’Annonciation, arrivées un an plus tôt, et par les capucins de Toulouse.

L’œuvre prioritaire pour elle, c’est l’éducation des filles qui manifestent leur attente avec enthousiasme. Elle y donne le meilleur d’elle-même.

Voici ce que dit une de ses élèves, Sylvie Zabo, à l’occasion des 50 ans de présence dans le diocèse de Berbérati :

« J’ai vécu avec Sr « Scho » pendant 6 ans. Elle nous a appris à faire la couture, le ménage, la puériculture… Quand nous arrivions le matin, on commençait à balayer la salle, à nettoyer la poussière au bord des fenêtres, sur les armoires et les tables.
A l’arrivée de la sœur nous entrions dans la salle, nous la saluions et
 commencions la prière. Nous nous mettions au travail.
Je remercie beaucoup la
 sœur pour tout ce que j’ai appris et qui me sert pour soigner et habiller mes enfants, entretenir la maison et la concession.
Je la félicite et je ferai son
 témoignage jusqu’à sa mortMerci »

Le Père Umberto a dit d’elle : 

« Elle était là en 1952, fin mai quand je suis arrivé à Berbérati, mais je ne l’ai pas rencontrée… elle était « effacée » ou… ? je ne sais pas.
Dans le temps, plusieurs fois je suis revenu au centre de la Brousse, mais je n’ai pu lui parler : encore et toujours elle était « effacée ».
Quand la Centrafrique a fêté ses 100 ans d’évangélisation, la Sœur n’était pas là…
Lorsque nos sœurs les « Filles de Jésus » fêtent leur cinquantenaire de présence ici à Berbérati, encore notre Soeur Scholastique n’est pas là.
Encore
 une fois elle est « effacée ».
Je pense que notre sœur a vécu et continue à vivre le Magnificat où on dit que Dieu Père humilie les grands et exalte les humbles « les effacés ».

Merci ma sœur ! 

C’est avec le vrai effacement qu’on bâtila nouvelle Église de Berbérati, pour cette nouvelle évangélisation, merci !»

En 1972 elle rejoint Sosso avec Sr Marie Albert et Sr Paquita.
Le curé de la paroisse connaissait bien Sr Marie Scholastique et sa force de caractère,  encore elle s’occupe des femmes et des jeunes filles, elle parle couramment le Gbaya. Elle est très active, elle a l’œil à tout et pense à tout.

  • En France, deux nouvelles missions à partir de 1993 :

En 1993 elle est appelée à rentrer en France pour une autre mission. Elle est envoyée dans l’Aude à Saint-Laurent de la Cabrerisse pour une présence dans le village auprès des personnes âgées et le service de la paroisse.

En 1998 elle rejoint Massac pour une nouvelle mission. Elle est chargée de l’accompagnement et du bienêtre des sœurs aînées.
Mission qu’elle assume avec beaucoup de cœur. Elle était soucieuse d’aider les sœurs les plus démunies à vivre leur vie de prière par le chapelet, le chemin de croix, le souci de l’office bien préparé.

Temps de prière dans la chapelle des Sœurs [Archives MUE 81-2014]

Souci aussi de les tenir au courant des nouvelles de l’Église et du monde. Aide aussi par des petits travaux de couture tant que sa santé le lui a permis.
Fatiguée depuis longtemps -son cœur était à bout de souffle-, elle venait de rentrer de l’hôpital et est décédée ce 10 novembre 2020 à Massac selon son désir, consciente jusqu’au bout.

« Merci Scho pour ton témoignage de vie donnée. Tu étais forte et l’amour l’a emporté. Merci !
Continue à prier pour ce pays qui était devenu le tien, pour tous ceux que tu as connus là–bas. Prie pour nos sœurs de Centrafrique et pour toute la Congrégation. »
Ses Sœurs de la Congrégation des Filles de Jésus