« Fêter Théodoric Balat, c’est comme lui prendre le risque d’aimer »…

Ce 9 juillet 2020, en la petite église de St-Martin-du-Taur,  le port des masques et les distanciations n’ont pas empêché la ferveur autour de l’enfant du pays, Théodoric Balat, martyrisé en Chine il y a 120 ans et canonisé un siècle plus tard.

Avant la messe, prière communautaire devant la tombe des parents de saint Théodoric

Le P. Pierre-André Vigouroux, curé nommé du Gaillacois, qui a assuré la prédication, ancra cette fête dans notre vocation présente de chrétiens :

« Fêter Théodoric Balat, c’est comme lui se poser la question: comment passer à l’action d’aimer dans ma vie ? Que je sois prêtre, diacre, religieux, marié, célibataire, veuf; au travail, en recherche de travail ou à la retraite; enfant, jeune ou vieux. Concrètement, pour moi aujourd’hui, que puis-je faire pour aimer les personnes ?

Choisir d’aimer quelqu’un, cela implique de faire des choix pour lui. C’est changer pour intégrer l’autre dans ma vie. Et dans certains cas, c’est crucifiant ! Cela demande des efforts, voire des sacrifices. Nous le savons tous. Jésus mieux que personne et Théodoric aussi. C’est l’image du grain de blé tombé en terre qui donne sa vie pour donner du blé.

C’est à partir de là que l’on reconnaît l’amour. L’amour ne peut être reconnu que si j’agis. Au minimum en disant: « Je t’aime ! » Aimer c’est donc prendre un risque, un double risque… D’abord sortir de soi-même pour aller voir l’autre et lui dire « Je t’aime ! » Et ensuite, risquer d’entendre l’autre dire: « Cela ne m’intéresse pas! » L’amour est toujours une rencontre de liberté, il ne s’impose pas…

Enfants déposant les offrandes

Fêter Théodoric Balat, c’est comme lui prendre le risque d’aimer. Aimer gratuitement, sans espoir de retour. Nous le savons tous, il y a des moments où notre amour a été déçu. Jésus le sait mieux que personne et Théodoric aussi. Pourtant cette énergie de l’amour reste. Jésus l’a fait rayonner sur le monde. Le martyr de Théodoric a fait jaillir la foi en Chine.

Mais heureusement, dans notre vie, il y a de nombreux moments où notre amour a été satisfait. Et nous pouvons toujours compter sur Dieu qui nous aime et fait tout ce qu’il peut pour nous aimer en respectant notre liberté. Concrètement, aujourd’hui, dans cette eucharistie, rendons grâce pour cet amour vécu et reçu ! » [Extraits de l’homélie]

 

Concélébraient avec le curé le P. Jean-Claude Ferret, le P. Pierre-André et le P. Bernard Azémar