Changer notre regard sur les migrants

Une étude d’opinion élaborée par More in Common France montre que, loin de certaines idées reçues, les chrétiens, dans leur ensemble, expriment à l’égard de l’accueil des positions plutôt mesurées. Globalement, les craintes qu’ils expriment n’empêchent pas la bienveillance et peuvent même cohabiter avec un engagement concret, une expérience de la rencontre, une expression de solidarité.

Découvrir l’enquête Perceptions et attitudes des catholiques de France vis-à-vis des migrants.

En réponse aux appels répétés du Pape François à promouvoir « une authentique culture de la rencontre », soucieux d’aider les chrétiens à dépasser leurs réticences vis-à-vis des migrants et ainsi à mieux contribuer à la qualité de l’accueil, le service national de la Pastorale des Migrants (Conférence des évêques de France), le CCFD – Terre Solidaire, JRS – France et le Secours Catholique expriment leur engagement commun à travailler dans la durée à la sensibilisation.

Je suis née ce matin, je m’appelle Mercy. Au milieu de la mer entre deux pays…

Qui n’a pas été ému par cette chanson qui nous représentait à l’Eurovision, histoire véridique de ce bébé nigérian né il y a un an à bord de L’Aquarius parce que sa maman fuyait la guerre sur une embarcation de fortune ?

Les drames continuent et on en parle si peu…

« Nouveau drame en mer Méditerranée ce 2 juin 2018 dans la soirée, plus d’une cinquantaine de migrants ont perdu la vie au large de la Tunisie et de la Turquie en tentant de rejoindre l’Europe. Plus à l’est de la Méditerranée, neuf migrants syriens, dont sept enfants, qui cherchaient à rejoindre l’Europe ont perdu la vie dimanche lorsque leur embarcation a fait naufrage au large des côtes turques. » (Annonces de BFMTV en lien avec l’AFP)

Cela ne me concerne-t-il pas ? Quel est le sens de ma prière quand je dis : « Notre Père qui es aux cieux » ?

Ne restons pas sourds aux appels des plus souffrants…

Il y a quelques semaines, Christian et Jocelyne Mégret, délégués diocésains pour la Pastorale des migrants, se sont exprimés à la suite de polémiques, sur les feuilles paroissiales du Castrais :

« Au nom de la Conférence épiscopale de France, Mgr Georges Pontier affirmait le 9 avril à la rencontre des Bernardins, que les fêtes de Pâques ouvraient pour tous un horizon de vie et une espérance éclairante, avec la certitude que la dignité de tout être humain est créée à l’image de Dieu, et engage chacun avec sagesse dans une dynamique de don, à l’opposé de toute exclusion et de tout intérêt personnel autre que celui du bien commun.

Ce bien commun pose la question du sens qui est au cœur de notre vie sociale dans la gratuité de relation autour d’un accueil à vivre dans un amour partagé.

Mgr Pontier ajoutait : ‘C’est cette dimension de l’accueil que nous avons à l’esprit lorsque nous évoquons la question des flux migratoires qui marquent et marqueront encore notre temps. Le pape François est intervenu à de nombreuses reprises sur ce sujet, invitant les pays riches à ne pas rester sourds aux appels des plus pauvres, demandant aux communautés d’être généreuses dans l’accueil. Nous mesurons combien ce discours est parfois difficile à entendre et combien peut être forte la tentation du repli.

Ensemble nous pourrons faire en sorte que l’accueil de celui qui frappe à notre porte, fasse l’objet d’un consensus dans l’opinion publique et pas uniquement dans le monde associatif. Permettez-moi d’ajouter que le nombre de mineurs, isolés et fragilisés nous touche profondément, ensemble et personnellement. Ils sont souvent partis avec l’idée de pouvoir aider matériellement leur famille. Et voilà qu’ils se trouvent dans des réalités difficiles ou même hostiles. Souvent même ils sont la proie de passeurs sans âme. L’Europe n’arrive pas à regarder ensemble ce phénomène.

Trop de repli sur soi ou de peurs entretenues empêchent l’élaboration de projets solidaires, accueillants et raisonnables. Nous savons que cet objectif nécessite l’engagement de tous, pouvoirs publics, tissus institutionnels, associatifs et aussi individuels. Beaucoup de générosités existent dans notre pays, qui ne demandent qu’à s’exercer. De nombreux jeunes adultes sont sensibles à ce drame et sont prêts à vivre des temps d’accueil, de solidarité et de fraternité’.

C’est dans cet esprit de fraternité évangélique que le Service de la pastorale des migrants et des réfugiés de notre diocèse nous invite à rester vigilants et actifs.

Ne tombons pas dans des polémiques stériles, éloignées de toute volonté de respect, quand on sait par quel chemin ces personnes sont passées pour arriver chez nous. Encourageons-nous à vivre de nouveaux, et nombreux, élans de solidarité sans détours et dans la joie de la rencontre. Ne restons pas cloîtrés dans nos maisons et sortons pour vivre tous ces moments d’échange sans apriori. Ils peuvent nous enrichir, nous apaiser et donner à voir la bonté et le désir de Dieu sur notre monde. »

Nouvelles et rendez-vous

Des rencontres avec les élus

« En tant que pastorale, nous restons en lien avec le Secours catholique et la Cimade, ce qui nous a permis de rencontrer les députés du Tarn afin de leur présenter quelques migrants qui ont pu ainsi leur faire toucher du doigt toute la difficulté qu’ils ont eue, et qu’ils ont encore pour obtenir leur droit d’asile. Le but était de faire modifier les nouveaux textes de loi, trop rigides et trop contraignants.

Au titre de la pastorale des migrants, nous avons eu aussi la joie de participer aux rassemblements dominicaux de quelques communautés venues de l’étranger comme les Vietnamiens et celle de Wallis-et-Futuna. Ils font aussi partie de la cousinade qui est maintenant proposée par le Secours catholique. »

Méditons avec le Père Jean Cros

Co-responsable de la pastorale diocésaine des migrants, le Père Jean Cros proposait ce commentaire lors de la Fête de Pentecôte à la lecture du début des Actes des Apôtres :

‘Ils montèrent à la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; tous unanimes, étaient assidus à la prière, avec quelques femmes dont Marie la mère de Jésus et avec ses frères !’

Cette chambre haute, c’est l’Église … N’est-ce pas aussi mon cœur et le Sien et le vôtre et le nôtre à chacun ? Ne faisons pas de notre cœur une chambre forte, où l’autre n’aurait pas le droit de pénétrer ! N’en faisons pas non plus une chambre mortuaire, d’où ne saurait jaillir l’espérance. Ni une chambre froide, qui nous laisserait indifférents et de glace devant les misères et souffrances de ceux que nous côtoyons. Enfin n’en faisons pas une de ces chambres renfermées, d’où ne sortiraient que critiques malsaines et scènes de jalousie – air confiné-

Qu’elle  soit plutôt une chambre à air, gonflée de l’Esprit-Saint, air de liberté, qui nous permette d’aller sur les chemins annoncer cette Bonne Nouvelle : l’amour de Dieu est parmi nous ! « 

Rose-Line, Service Mission universelle

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(*) Fresques de Nicolas Greschny, en l’église Notre-Dame des 13 pierres (Villefranche de Rouergue)

Maquette fabriquée par un Réalmontais- Archives Mue 81

Rachel pleurant ses enfants (*)

Messe des migrants Réalmont 2017 – Archives Mue 81

Fuite en Égypte (*)

Fête des peuples. Archives 2014

Pentecôte (*)

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