Que cesse la violence dans le Caucase !

Communiqué des évêques de France du 7 novembre 2020, exprimant leur solidarité avec les habitants du Haut-Karabagh

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Dans l’Albigeois, habitent des familles originaires d’Arménie. Plusieurs appartiennent à l’Église Apostolique Arménienne et fraternisent avec des fidèles de la Paroisse Ste-Madeleine & les Saints-Apôtres.

 

 

Concert le 24 avril 2019 à l’occasion de la 1ère Journée nationale de commémoration du génocide arménien

 

Ces familles sont actuellement très éprouvées car la situation tendue entre leur pays et l’Azerbaïdjan est devenue dramatique depuis le début de l’automne.

  • Contexte historique :

« Une guerre avait opposé les deux républiques d’Arménie et d’Azerbaïdjan de 1988 à 1994, les deux parties ayant entre temps proclamé leur indépendance en 1991, tout comme le Haut-Karabakh (appelé aussi Nagorny-Karabakh ou Artsakh), soutenu par l’Arménie – car il fait partie de l’Arménie historique-, mais qui n’a été formellement reconnu par aucun pays.
Après un bilan global estimé à 30 000 morts, le cessez-le-feu signé en 1994 sous l’égide du Groupe de Minsk (co-présidé par la France, les États-Unis et la Russie) avait mené à un gel de la ligne de front mais sans véritable paix. »*

  • Situation très grave depuis fin septembre :

« L’offensive azerbaïdjanaise lancée le 27 septembre, et visant notamment la principale ville, Stepanakert, a ouvert un nouveau cycle de violences de grande ampleur. Bien que l’état de guerre ait toujours persisté, avec de réguliers incidents, il s’agit des affrontements les plus graves depuis 1994. La moitié des 150 000 habitants de la région aurait pris le chemin de l’exode vers la République d’Arménie. Ces derniers jours ont notamment été marqués par de nouvelles frappes azerbaïdjanaises sur Stepanakert, mais aussi, le 8 octobre par le bombardement de la cathédrale de Chouchi, qui a suscité une vive émotion dans la population arménienne. De son côté, Bakou a également accusé l’Arménie de bombarder des populations civiles en Azerbaïdjan. »*

*[Extraits d’articles parus dans Vatican News les 18 et 11/10/2020]

  • Appels pour que cesse la violence dans le Caucase :

Les familles de la diaspora arménienne (devenues plus nombreuses – après le génocide de 1915 – que celles composant le pays)  sont très inquiètes et lancent des appels au secours :
« On a peur de disparaître ! » 
déclare une jeune femme albigeoise.
« Il faut reconnaître l’indépendance du Haut-Karabakh, comme tous les pays voisins l’ont eue, et il faut faire arrêter les offensives meurtrières par des sanctions internationales. Sinon, ce sera un véritable massacre ! »
Et elle interpelle les communautés chrétiennes tarnaises: « Priez, priez pour que cela s’arrête ! »

 

Juin 2016, plusieurs familles d’origine arménienne s’apprêtent à accueillir le Primat de France de leur Eglise Apostolique

Le Pape François, depuis des mois, s’inquiétait des tensions grandissantes dans cette région.
À plusieurs reprises, il intervient désormais pour que cesse la violence : il encourage les efforts diplomatiques entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et il demande aux parties en conflit de faire des gestes concrets de bonne volonté et de fraternité.

Dimanche 1er novembre, durant l’angélus, il a demandé avec force :

« N’oublions pas ce qui se passe au Nagorno-Karabakh, où les affrontements armés succèdent à des trêves fragiles, avec l’augmentation tragique des victimes, les destructions des maisons, des infrastructures et des lieux de culte, en touchant les populations de manière toujours plus large.
C’est tragique!
Je voudrais renouveler mon appel pressant aux responsables des parties en conflit, afin qu’ils «interviennent, dès que possible, pour arrêter l’effusion de sang innocent» (Encyclique Fratelli tutti, n°192):
ils ne doivent pas penser résoudre la controverse qui les oppose par la violence, mais en s’engageant dans une négociation sincère, avec l’aide de la communauté internationale.

Pour ma part, je suis proche de tous ceux qui souffrent et j’invite à demander l’intercession des saints  pour une paix stable dans la région. »

 

En 2018 à la cathédrale d’Albi, lors de la messe demandée après le décès de Charles Aznavour

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Carte de la région à consulter et article sur les enjeux géopolitiques dans ce conflit, par Tigrane Yégavian, chercheur et journaliste, auteur de « Minorités d’Orient, les oubliés de l’histoire », expert du Caucase et du Moyen Orient.

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