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Mission en famille à Tamatave : 2-Julie, coordinatrice des projets

Julie, partie à Tamatave en volontariat Fidesco avec son mari et leurs jeunes enfants, a eu pour mission de coordonner l’ODDIT, ONG rattachée au Diocèse sous l’aile de l’économe, pour la définition, la mise en œuvre et la gestion des différents projets sociaux engagés par le Diocèse.

Actuellement, 6 projets sont en cours autour d’axes prioritaires que sont la santé, l’éducation, la communication, le développement rural et les droits de l’homme.

Découvrons ce qu’a vécu Julie dans deux de ces projets au cours de cette année 2023-2024 :

Julie avec Eloïs, accueilli avec sa maman au Foyer Victoire
  • Le projet Tolo Tanana (« tendre la main ») qui concerne les prisonniers.

Le but est de leur venir en aide en leur apportant des soins, de la nourriture (un seul repas de manioc est fourni par jour par la prison), une aide judiciaire.
Certains prisonniers restent 15 ans en prison dans des conditions extrêmes pour avoir volé une poule.

D’autres sont innocents mais incarcérés à cause de la corruption.

Aussi un volet de ce projet consiste à sensibiliser les prisonniers, les étudiants, les jeunes actifs aux dangers et méfaits de la corruption.

–   A la prison, Julie a assuré des cours de gestion au quartier femmes, car certaines d’entre elles développent des activités de vente pour tenter d’adoucir leur quotidien.

 

Cours de finance au quartier femmes de la prison

 

« Chaque jeudi après-midi, je me rends au quartier femmes de la prison pour cet enseignement.
J’apprécie énormément ce moment partagé avec ces quelques prisonnières au parcours déroutant.
Les femmes qui assistent à mon cours sont très assidues et motivées.
C’est très touchant. »

–   « Dans le registre « cours » mais un peu moins sérieux, le vendredi après-midi, le professeur de la salle de sport où nous nous rendons a accepté bénévolement de venir faire des cours de zumba au quartier femmes !

Séance de zumba au quartier femme de la prison

J’y participe.
Les prétendantes au cours de zumba sont bien plus nombreuses qu’au cours de gestion.

Il faut avouer que le professeur Angelico a fait l’unanimité ! »

 

  • Le Projet Miavo Tena sur le foyer « fille-mère » qui accueille des jeunes femmes en difficulté, avec ou sans enfant, concernées par des grossesses précoces, issues de la prostitution, victimes d’agression, sans abri.Ce foyer accueille une promotion de 20 jeunes filles pour une durée de 6 mois, dans le but de les loger, les nourrir, les aider dans leur quotidien puis les former à un métier comme la couture, la pâtisserie ou encore la vannerie.

Julie se rend dans ce centre avec ses enfants tous les mercredis après-midi afin de passer du temps avec ces jeunes filles et les 6 enfants présents.
Prière, jeux de société, foot, balle aux prisonniers.

« Un moment gratuit, où les sourires et éclats de rires de ces jeunes femmes nous font goûter le bonheur de la mission, pour les grands et les petits ! »

Un mercredi après-midi au Foyer, Constantin et Raphaël en pleine partie de Mikados

Sur la partie projets de développement, Julie passe du temps avec les équipes de Miavo Tena, en charge du foyer d’accueil de ces jeunes femmes en situation d’extrême pauvreté.

L’idée est d’accompagner la coordinatrice de ce projet dans la gestion de ce foyer : oser poser un regard critique sur le projet, apprendre à identifier les réussites mais aussi les axes d’amélioration, oser les exprimer…

« La culture malgache est si différente de la nôtre que parfois les réactions sont déroutantes ! Impossible pour un malgache de dire NON. Impossible de se positionner sur un sujet mais aussi sur une fonction ». 

Ainsi en mars, Julie écrivait :

« En vue de la visite de notre bailleur allemand Misereor, nous avons préparé avec les 3 équipes concernées les présentations PowerPoint. Tous sont d’accord pour se prêter à une analyse des réussites et des difficultés des 3 projets. En effet, Miavo Tena a déjà un recul de 2 ans sur les 3 années prévues. »

Ensuite, Julie a aussi repris les cours de français les lundi après-midi.

 

Cours de français au foyer Victoire avec les moyens du bord (plus de craie !)

Bilan d’étape début juin :

« Sur le projet Miavo-Tena, le temps est à la préparation de la sortie des filles.
Dans un mois, cette 4ème promotion devra quitter le foyer.

Pour certaines qui n’ont pas de famille, c’est très angoissant.
J’ai donc travaillé avec les équipes pour améliorer les chances de ces jeunes filles à la sortie.

C’est passé par la mise en place d’un accompagnement par une psychologue extérieure au foyer : elle intervient chaque semaine, avec des rendez-vous en groupe et un accompagnement personnel.

Après quelques réticences, (il faut dire qu’à Madagascar la psychologie n’en est qu’à ses débuts,) les retours de toutes sont très positifs et les bienfaits observables.

Le second point d’amélioration était la professionnalisation des formations reçues au sein du foyer.
Initialement assurées uniquement par les sœurs franciscaines, nous avons ouvert les formations à l’extérieur et travaillé sur la mise en place de partenariats.

Dans ce cadre, nous avons rencontré Mme Jade, une professionnelle du crochet qui a monté deux entreprises solidaires à Tamatave, qui emploient des personnes sourdes et muettes.

Mme Jade, touchée par le parcours de ces jeunes filles mères, a accepté de les former bénévolement au crochet chaque semaine.
De plus, elle va pouvoir embaucher 5 filles de cette promotion !
Un partenariat très précieux pour le foyer ! »

Dans la même idée, Julie a mis en place des cours d’informatique pour les jeunes femmes en partenariat avec le Centre Culturel et Social de Tamatave qui est géré par le Diocèse.
Ces cours ont lieu chaque semaine à l’extérieur du foyer et sont assurés par un professeur du CCS.
Une première pour beaucoup d’entre elles qui n’ont jamais touché un clavier d’ordinateur.
Elles sont ravies de cette ouverture !

Les enfants de Julie et Mathieu au Foyer d’accueil des jeunes filles mères en difficulté

« Afin d’optimiser les 6 mois passés au foyer, nous avons mis en place un suivi des jeunes filles et ce, dès leur entrée, et travaillé avec les deux techniciennes animatrices du projet sur la prise en charge par chacune d’elles, d’un groupe dédié de jeunes filles.

En plus de rencontres régulières, différents entretiens officiels ont aussi été mis en place : un à l’arrivée de la jeune fille, un second à mi-parcours, un dernier en vue de la sortie.

L’idée étant d’aborder assez vite après leur entrée au foyer, la vocation de chacune afin de les aider à trouver à la sortie un travail dans le domaine qu’elles affectionnent. »