L’aumônerie catholique des prisons à Tamatave

L’aumônerie catholique des prisons à Tamatave ?

Nous en entendions parler lorsque Jean-Baptiste, séminariste tarnais, en a été membre lors de ses deux ans de volontariat DCC. Son père, parti lui rendre visite en décembre 2016, commentait :

« Jean-Baptiste est engagé en divers lieux d’apostolat, et notamment le pénitencier, où plus de mille personnes sont détenues, dont 800 hommes entassés dans 4 vastes chambrées, autour d’un terrain vague où l’on trouve deux cages de football et deux paniers de basket,  une « cuisine » où des détenus font cuire le manioc, une case équipée en bibliothèque, à la charge de Jean-Baptiste, et trois petits lieux de culte, pour les catholiques, les protestants, et les musulmans.

Il m’a fait rencontrer tous ces indigents qui l’aiment parce qu’il va vers eux, et qu’il les respecte… Il m’accompagne, mais pour moi, les chocs sont violents !… »

L’activité pastorale dans la prison de Toamasina est née en 1975 avec le Père Lebian, missionnaire montfortain.

Ce sont essentiellement des religieuses, Filles de la Sagesse, qui ont assuré l’avancée de cette diaconie.

De 1975 à 1996, Sœur Ernestina, infirmière, a consacré son  temps au service des malades et malnutris de la prison. Elle a formé une équipe de prisonniers pour l’aider à travailler. Ensuite il y a eu la création d’une chapelle, la réhabilitation des bâtiments des femmes et des mineurs après le passage du cyclone Géralda, la création de l’atelier des femmes qu’elle a nommé « Atelier Fiavotana ».

 De 1996 à 2006,  Sœur Jeanne d’Arc a élargi ces champs d’action avec la catéchèse. Elle a incité des paroissiens à y contribuer volontairement : deux équipes de volontaires (en équipe journalière pendant une semaine) ont été mises en place pour aider à la formation spirituelle et la distribution des repas.
Des bienfaiteurs ont permis la création de la crèche pour l’éducation des enfants des détenues et la construction d’un bâtiment pour les femmes allaitantes et enceintes.
2 laïcs permanents ont été engagés pour s’occuper des enfants des détenues et pour la formation professionnelle des femmes à l’Atelier.

De 2007 à juillet 2009, Sœur Odette et Sœur Rosette après s’être formées à cette pastorale, ont assuré ensemble cet engagement.
Mgr René Joseph Rakotondrabe a nommé le Père Louis Marc, aumônier de la prison. L’aumônier a comme tâche l’accompagnement spirituel et humain des détenus. Il peut célébrer une messe une fois par semaine, assurer les confessions et faire la catéchèse auprès des détenus.

C’est à cette époque aussi que l’ONG Saint-Gabriel a mis en place les toilettes et douches, a assuré l’entrée de l’eau potable dans l’enceinte de la prison avec la construction d’un château d’eau.

D’août 2009 à septembre 2015, Sœur Rosette a poursuivi la mission, puis Sœur Antoinette a pris la relève. Elle a opéré une transformation de l’atelier des femmes en point de ventes pour commercialiser les produits.

Activités Principales de l’aumônerie catholique des prisons

(qui est reconnue par l’Église et l’État) :

– la pastorale,

– le service nutritionnel et médical,

– la formation professionnelle,

– l’intervention auprès des autorités juridiques,

– le lien avec les familles des détenus.

Février-mars 2020 : nouveau projet de développement dans le milieu carcéral et émissions sur Radio Masova.

« En cette période de carême, il est très important de faire savoir au grand public la réalité de la vie carcérale. » Cela a été fait le 1 mars lors d’une émission radio présentée par le père Didona, membre de la commission Justice et Paix.

Le directeur régional de l’administration pénitentiaire et le chef d’établissement ont facilité l’entretien direct avec les personnes détenues et les responsables des activités du projet MISEREOR, en collaboration avec un autre organisme qui apporte déjà une aide nutritionnelle à la maison carcérale.

L’un des programmes de développement que le diocèse entreprend avec l’aide de MISEREOR (Œuvre de l’Église catholique en Allemagne chargée du développement par la Conférence des évêques) vise l’amélioration des conditions de détention, par exemple l’avancée rapide des procès judiciaires des dossiers non jugés.

Dans ce projet, une activité est consacrée à nouer des liens entre les familles et les personnes détenues : une autre séance radio a été diffusée le 6 mars pour la préparation de la fête internationale de la femme et une chanson a été chantée par les femmes détenues qui réclament de l’aide au Christ pour qu’Il soutienne leurs proches.