Prendre soin des personnes : urgence Amazonie !

En Amazonie, la pandémie s’aggrave : au 29 mai, 155.592 malades confirmés et 7.449 décès. Dans le seul diocèse brésilien de Guajara Mirim , 374 malades et 26 décès.

En ce 31 mai, le Pape François a lancé un appel très insistant pour l’on prenne soin des personnes avant toute autre priorité :

« Chers frères et sœurs, a-t-il déclaré après la prière du Regina Caeli, il y a sept mois se concluait le Synode amazonien . Aujourd’hui, fête de la Pentecôte, invoquons l’Esprit Saint pour qu’Il donne lumière et force à l’Église et à la société dans l’Amazonie qui est durement éprouvée par la pandémie. Nombreux sont les malades et les défunts, aussi parmi les peuples indigènes qui sont particulièrement vulnérables.

Par l’intercession de Marie, Mère de l’Amazonie, je prie pour les plus pauvres et ceux qui sont le plus sans défense dans cette chère Région, et aussi pour ceux du monde entier**, et je lance un appel afin que personne ne soit privé de l’assistance sanitaire.
Soigner les personnes, ne pas engranger pour l’économie.
Prendre soin des personnes qui sont plus importantes que l’économie.
Nous, personnes, nous sommes temple de l’Esprit saint ; l’économie ne l’est pas ! »

Le P. Jean-Marc Vigroux nous partage des nouvelles du Pérou envoyées le 25 mai par l’Association franco-péruvienne Urpicha Perù fondée par une Aveyronnaise :

« La situation reste critique, avec un nombre croissant de cas de covid, à Lima et en Amazonie [Le territoire amazonien au Pérou représente environ 10% de l’Amazonie]. Le confinement dure… trop… et tout est difficilement soutenable : la promiscuité, la faim… les situations de violence, la peur…

 

Cette semaine, nos éducateurs ont organisé une deuxième tournée de distribution alimentaire, aux familles et voisins les plus en difficulté de la colline d’Año Nuevo et Nueva Union.

Pour préparer chaque distribution, Consuelo qui habite en bas de la colline se rend chez les grossistes pour les achats. Elle a transformé sa pièce principale en réserve, organisant les sacs pour chaque famille.

Il est si difficile de se rendre sur la colline (il y a risque de provoquer des émeutes) qu’elle appelle les mamans une à une et les invite, aussi discrètement que possible, à descendre jusqu’à son domicile.

Consuelo avoue terminer « un peu épuisée » mais heureuse de rendre ce service. Devant cette situation immense de besoins, de détresses, Martha parle à la fois d’impuissance, de colère, de tristesse et de peur…

Et avec tout cela, de la part de nos éducateurs, c’est un témoignage constant et renouvelé de proximité, d’engagement, d’une fraternité qui peut braver toutes les difficultés pour n’oublier personne… « Urpicha [ =colombe en langue quechua], c’est comme une famille », c’est ce qu’ils disent… Et ça se vit !

Les familles sont très reconnaissantes, émues de ce partage, de ne pas se sentir oubliées.

La semaine prochaine se réalisera une troisième tournée de distribution. Cette semaine, l’association a reçu le soutien de « Cultura viva Lima », programme de la mairie de Lima auquel nous participons depuis quelques années. Un don de denrées alimentaires qui ont été réparties à 50 familles. Les très pauvres, qui sont les plus nombreux à Lima, sont durement touchés.

Garder le contact est nécessaire pour ne pas se sentir disparaître. Apporter une aide concrète est vital pour ne pas sombrer dans la désespérance. Toute l’équipe s’inquiète, au quotidien. Nous sommes en alerte. Des mauvaises nouvelles arrivent […]

En vous remerciant pour votre présence, votre amitié, votre soutien, nous vous confions toutes les familles d’Urpicha et des collines, des quartiers défavorisés, tous nos éducateurs et amis au Pérou. Restons avec eux sur ce chemin, à soigner, à accompagner, pour tenir et croire, ensemble, en la vie plus forte. »

L’association organise habituellement, en lien avec un collège des sœurs de la Présentation de Marie, des activités « périscolaires » pour les enfants des collines du district de Comas, sur les collines de la ville qui ne cesse de s’accroître.

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**Nouvelles du Chili :

A Santiago, dans la paroisse « San Estéban Martir » en banlieue sud, le père Fernando Tapia voit exploser le nombre des gens qui viennent à la cantine populaire à cause de la faim : une cinquantaine par jour il y a quelques semaines, maintenant 220 !

Plusieurs paroisses sont dans le même cas avec un afflux de personnes. « Heureusement, écrit-il, la Providence pourvoit jusqu’ici en denrées pour qu’on ait de quoi faire la cuisine. »

Au Chili, le coronavirus progresse et les inégalités sociales s’accentuent.
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