Nouvelles des Sœurs de Gethsémani et des enfants au Niger
En cet automne 2024, Sœur Anne nous transmet quelques échos de la vie de la communauté des sœurs et des enfants à Niamey, envoyés par sœur Pascaline.
Tandis que la situation de l’Afrique de l’Ouest reste toujours sensible, la communauté attend avec joie le retour de Sylvie après une année de formation initiale au Nigéria chez les Filles de la Charité et la congrégation remercie très fraternellement pour cette solidarité entre instituts religieux.
Voici donc les nouvelles du Niger pour l’année scolaire écoulée et les perspectives pour l’année qui commence :
« La vie de la maisonnée dans son ensemble :
En communauté, nous sommes deux sœurs (Marie Sophie, très courageuse malgré sa vision limitée et moi-même, Pascaline), plus une aspirante (Larissa Ida) et une pré-postulante (Sophie).
Les enfants vont bien dans l’ensemble.
Durant l’année qui vient de s’écouler, les enfants internes étaient 10 et les externes 10, plus quelques grands ados un peu fragiles qui ont du mal à s’en sortir.
Ces derniers viennent très souvent à la maison, cherchant de quoi manger.
Pour ne pas toujours les assister, nous leur demandons souvent des petits services.
L’année scolaire 2024-2025, les internes seront : 6 petites filles, un petit garçon et une adolescente qui est en 2ème année de cuisine pâtisserie. Nous accomplissons aussi quelques services à la paroisse.
La santé :
Nous avons vécu l’année un peu dans la paix sous la protection de Dieu.
Je dis « un peu », parce que notre maison a été secouée par la maladie en commençant par moi-même.
En octobre 2023, j’ai eu un fort paludisme qui a failli m’emporter, et depuis, ma santé a été fragilisée.
Du coté des enfants, toujours la présence du paludisme : les uns après les autres tombent malade et nous prenons en charge les soins.
Nous avons eu aussi une épidémie de rougeole.
Cela m’a fatiguée moralement quand j’observe que nous avons moins de financement et il faut toujours dépenser pour les soins.
Mais bref ! Tout est grâce.
Dieu nous a protégés et nous a évité le pire : il n’y a pas eu de décès.
La scolarité :
De ce côté, nous sommes contents.
Sur 20 enfants et jeunes, 2 redoublent (Taibou et Toussaint-Bienvenu), 2 quittent l’enseignement général pour l’enseignement professionnel (Rosine va faire un an de formation en pharmacie et Nana fera 2 ans de formation en cuisine pâtisserie).
Les 3 qui ont fait la 1ère année en professionnel, équivalente de la Seconde, ont présenté le CAP et ont été reçus : il s’agit de Abdourahamane (Gestion informatique), Manirou et Larissa Ida (secrétariat Bureautique).
Jean De Dieu Moussa a eu son BAC professionnel aussi ; il va continuer ses études à l’université cette année.
Malika est en classe de 1ère A et Zouera en classe de 3ème.
Zouera est la meilleure élève parmi les enfants ; son rêve, c’est d’être médecin un jour pour pouvoir soigner ses parents.

Maaza, une ancienne de la maison, apprend la couture par le biais du CSD (Comité de Soutien et de Développement) de la paroisse à qui j’ai fait appel pour éviter qu’elle ne se livre à la prostitution : l’apprentissage est gratuit, il lui reste les frais de déplacement, mais je lui ai dit de se débrouiller comme une jeune adulte.
Fatouma et Karim sont mariés et vivent dans un autre lieu d’accueil dépendant de l’ONG REMAR. Nous pensions que notre aide auprès d’eux était finie, une fois installés dans ce lieu, mais loin de là !
Dès que quelque chose leur manque, ils atterrissent chez nous.
Si nous leur demandons : « La famille « REMAR » ne vous donne pas telle chose ? », ils nous répondent : « On nous dit de venir chez vous ».
Nous nous trouvons obligées de leur donner ce qu’ils demandent. Il est vrai qu’au début, cette famille avait dit qu’elle prendrait tout en charge, mais ce n’est pas le cas !
Fatouma en est consciente, elle nous demande toujours de l’aider à trouver du travail, mais la couleur de sa peau (elle est albinos) fait que les gens la fuient.
Les inondations au Niger :
La saison pluvieuse a été très forte cette année.
Le Niger dans son ensemble a connu des inondations terribles.
Il y a même eu des décès, des personnes emportées, des centaines de gens sans maison…
Notre maison construite très basse n’a pas été épargnée.
Nous étions obligées de rehausser toutes les entrées externes avec des briques et les regards des fosses externes aussi.
Un jour, il a plu pendant cinq heures et notre buanderie aussi a été inondée : les appareils qui étaient dedans étaient plongés dans l’eau.
Du matériel a été endommagé.
Mais d’autres personnes ont tout perdu : maisons, matériels, vie même emportée.
Ce qui fait que beaucoup de sinistrés sont dans les écoles qui ne se sont pas écroulées.
Pour cette raison, la rentrée scolaire au Niger a été repoussée au 28 octobre.

Nous remercions infiniment nos sœurs de France qui ne cessent de nous aider de loin, les amis de Gethsémani et tous nos amis !
Soyez richement bénis par le Seigneur !
Sœur Pascaline »
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