Sœurs de Gethsémani : « Nous avons choisi de rester au Niger ! »

En la fête de saint Vincent de Paul le 27 septembre 2020, sœur Marie-Lise nous écrit au nom des Sœurs de Gethsémani :

« Chers amis des Sœurs de Gethsémani, vous qui soutenez notre mission au Niger,
nous venons vers vous, pour vous donner des nouvelles de nos sœurs de Niamey et de notre mission auprès des enfants et jeunes à la Maison Saint Vincent.

Depuis un certain temps nous sommes restées silencieuses, prises comme vous tous, dans l’épreuve du confinement, des gestes barrière et des règles liées à la prudence.
Nous vous avions envoyé une lettre d’information à notre retour du Niger janvier 2020  et sans hésiter, nous vous avons partagé nos soucis.
Allions-nous pouvoir continuer l’accueil et la prise en charge des enfants et des jeunes, au regard des questions diverses qui se posaient à nous ?

Les exigences du pays en matière de diplômes et de personnel qualifié, le coût de plus en plus élevé pour l’éducation, la santé, la scolarisation… nous ont donné quelques sueurs froides.

La COVID-19 qui n’a épargné personne et aucun pays, a précipité notre petite ONG dans le « rouge ».

Vous savez, par votre imagination pour créer des évènements et de l’animation, combien il faut investir en temps, en personnes et tout cela en équipe.

Ce petit virus a été le grain de sable qui a enrayé la machine et qui a tout bloqué !
Plus d’animations en Centre Est, en Normandie et chômage partiel pour certains, plus pertes de revenus…
Tous les ingrédients pour stopper nos élans de solidarité Niger.

Bien sûr vos gestes réguliers ont continué et nous vous en sommes très reconnaissantes, mais l’apport n’a plus été le même.
Vous savez combien les ressources sont nécessaires pour durer dans la mission.
Aujourd’hui, « nous jetons l’éponge » si je peux m’exprimer ainsi, pour l’accueil à la Maison Saint Vincent.
Cette décision douloureuse, prise ensemble, en congrégation, n’est pas une fin.

La situation nous a forcées à revenir à l’intuition première, à réfléchir à l’accueil d’enfants orphelins, ce, depuis l’origine de la congrégation et tout au long de notre histoire.
Un fil rouge, Gethsémani, traverse notre aventure au service des plus fragiles et des abandonnés.

Nous avons toujours répondu positivement.

 

 

Aujourd’hui encore, nous répondons à un appel, celui de rejoindre « celui qui est seul et abandonné, parce qu’il est le visage du Christ » (Livre de Vie des Sœurs de Gethsémani). Vous pouvez vous douter combien il a fallu prendre des décisions douloureuses et surtout, faire les licenciements de 7 personnes.

La décision que nous avons dû prendre de fermer la Maison Saint Vincent a mis un terme à la mission partagée en chemin d’alliance au Niger, depuis 2016, avec les Sœurs de Jeanne Delanoue ; nous leur sommes très reconnaissantes d’avoir osé franchir de nouvelles frontières en appelant trois sœurs au Niger, en réponse à l’appel que nous leur avions lancé en avril 2015, pour cette entraide fraternelle.

Sœur Marie Georgette et sœur Marie Chantal viennent de quitter Niamey après avoir reçu de leur responsable générale, un nouvel envoi en mission, l’une pour Madagascar, l’autre pour le Mali.
Sur ce chemin d’une belle solidarité inter congrégations, ensemble, nous avons connu les meilleurs moments et les pires drames, puisqu’après le décès subit de notre sœur Marcelline le 26 décembre 2014, puis l’incendie de notre maison de formation à Banga Bana en janvier 2015, sœur Olga sœur de Jeanne Delanoue est décédée accidentellement le 15 janvier 2019.
Chemin d’Alliance jusqu’au partage des épreuves réciproques, portées ensemble. Dieu bénit ces années, car il veut le bien de ses enfants.

 

 

Alors, direz-vous, qu’allez-vous faire, si peu nombreuses, en France et au Niger ?

Nous, rien, sinon la Providence, comme dirait Monsieur Vincent. Nos sœurs vont bien ; elles gardent courage et confiance en l’avenir.

L’avenir à Niamey ? Nous avons choisi de rester au Niger.

Nous cédons la Maison Saint Vincent au diocèse de Niamey et nous nous regroupons à la communauté de formation à Banga Bana.
Ce lieu devient « communauté famille d’accueil d’enfants orphelins ou abandonnés ».

Les sœurs continueront d’accueillir maximum 6 fillettes entre 4 et 9 ans au moment de l’accueil, et les accompagneront vers leur vie d’adultes, dans un quotidien partagé avec elles.
Si les enfants sont appelées au développement de leur croissance harmonieuse en vue de leur autonomie, la communauté elle aussi est invitée à la croissance, à la maturation du projet.

Rien n’est acquis mais ce pari sur l’avenir, ensemble, sœurs et enfants, est un beau défi dans notre monde.

Comme Dieu ne manque pas d’humour, aimons-nous dire, nous venons d’ouvrir notre communauté à 5 jeunes filles venant du Burkina Faso, souhaitant découvrir la vie religieuse apostolique.
Elles continueront leur scolarité à Niamey tout en participant au partage des tâches quotidiennes et la présence aux enfants.
Deux d’entre elles ont vécu l’année scolaire dernière avec nos sœurs et elles souhaitent continuer l’approfondissement de leur réflexion tout en étant lycéennes.

Il me semble que vous devez vous demander ce que deviennent les autres enfants ?
Certains ont grandi, sont adultes et ils retournent dans la grande famille.
D’autres, plus jeunes, ont des liens familiaux qui sont privilégiés et les plus petits peuvent être adoptés ou confiés à des familles d’accueil.
Certains externes sont encore comptés parmi les enfants dont nous prenons soin.

Ce projet missionnaire modeste, nous renvoie à une expression « faire peu et faire bien ».
Nous ne pouvons pas faire plus que ce que nous pouvons, mais nous pouvons nous engager à bien faire ce pourquoi l’Église du Niger nous appelle, au regard de notre charisme et de la charité vincentienne.

Je voudrais conclure en vous disant que nous avons besoin de votre soutien fraternel, priant, de votre enthousiasme et de votre inventivité pour vous associer à notre mission.

Nous ne pouvons pas, sans votre aide, réaliser ce projet et qui sait…peut-être un autre, un jour…

Sr Anne (originaire de Labessonnié)

Continuez de nous soutenir par tous les moyens dont vous avez le secret.

Nous comptons sur vous et vous pouvez compter sur nous pour vous tenir informés.

Ensemble, restons imprégnés de l’amour de saint Vincent qui nous dit : « l’amour est inventif jusqu’à l’infini. » »

Pour tout don par chèque établi à l’ordre de: «Association Gethsémani- Solidarité Niger », l’envoyer à l’adresse suivante:

«Solidarité Niger» Sœurs de Gethsémani, 19 rue Galibert-Ferret – 81200 – MAZAMET –
Un reçu fiscal vous sera envoyé en temps utile.

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(Photos : en 2017 lors de la fête des 150 ans des Sœurs de Gethsémani à Lourdes. Archives Mue 81)