Sœur bleue tarnaise, André Marie Anglès rejoint le Ciel après 63 ans en Afrique

Lors d’un passage de Sr André Marie au Couvent bleu en juin 2015

Ce 29 octobre 2019, Sœur André Marie Anglès est décédée au Bénin. Sa communauté en fait l’annonce en la décrivant « Missionnaire zélée et infatigable qui s’est donnée corps et âme jusqu’à la fin de sa vie terrestre au Bénin ».

Sa Provinciale, Sr Marie Rose Dione, poursuit: « Elle a donné toute sa vie au Sénégal et au Bénin, toujours active. Qu’elle trouve place dans la maison du Père et intercède pour nous. »

Sœur André Marie, originaire de Fauch, avait quitté le Tarn à 21 ans en 1956, envoyée au Sénégal par sa Congrégation. Depuis, elle n’a plus quitté l’Afrique.

Depuis l’enfance elle désirait être religieuse et pensait aux Missions. Un jour elle lut des revues parlant des Sœurs bleues puis elle rencontra un prêtre de Castres qui la mit en contact avec la Congrégation.

Elle passa 35 ans au Sénégal. Dans ce pays où arrivèrent les premières religieuses envoyées par Sainte Émilie de Villeneuve, Sr André Marie a toujours enseigné et assuré la catéchèse.

Elle a vu l’Église grandir et les diocèses se multiplier dans cette terre à très grande majorité musulmane. Dans une interview sur RCF Pays tarnais en 2015, elle répétait avec force: « Jamais, jamais nous n’avons eu un problème entre musulmans et chrétiens ! Et les prêtres sont de plus en plus nombreux. Les parents d’élèves n’ont jamais trouvé à redire; on pouvait parler religion. Quand je prenais à part les catholiques pour la catéchèse, j’expliquais aux autres; un jour l’une d’elles m’a dit : « Elles ont le droit qu’on s’occupe d’elles ».

 

 

En 1991, comme la Congrégation voulait fonder au Bénin,  Sœur André Marie fut parmi les premières à répondre. « L’évêque de Cotonou nous appelait pour la 3ème fois; on a fini par céder malgré tout le travail à Dakar. »

« Aller là où la voix du pauvre nous appelle »: à Cotonou, ce fut dans une maison où on accueille des enfants violés, victimes de mariages forcés ou recueillis par la police car victimes de quasi-esclavage. Elle enseigna dans les écoles et y fut directrice.

L’âge avançant, elle continua à donner un coup de main dans les classes et la catéchèse. « Je suis moins avec les enfants mais on se salue, ils me racontent leurs histoires. Ils aiment les religieuses et certaines voudraient être sœurs. »

La différence de cultures, Sr André Marie en a expérimenté les difficultés et les richesses. Sur RCF Pays tarnais, au sujet de la présence de prêtres béninois dans notre diocèse, elle indiquait:  » Nous sommes parties chez eux pour la mission, et maintenant ils viennent nous aider : nous marchons sur le même chemin. Nous sommes de la même famille, la famille du Seigneur : de la même Église ! »

Elle concluait: « Ici Je ne connais plus grand monde, même parmi mes neveux… Au Bénin, comme je suis désormais la seule Sœur bleue française, je dis : ‘Je suis la compatriote d’Émilie !’

Interrogée sur ce qu’elle souhaiterait pour les Tarnais, sa réponse fut immédiate : « Ce que je souhaite, c’est que les gens qui sont appelés n’aient pas peur de répondre, qu’ils répondent totalement, sans hésitation ! On y trouve la joie ! »