Interviewés avant leur envol pour le Lesotho…

Avant leur départ pour une mission humanitaire de 2 ans au Lesotho avec leurs 4 garçons de 10 à 3 ans, Laëtitia et Baptiste ont été interviewés par le P. Claude Cugnasse :

Claude Cugnasse (C) : –  » Pour la maman que vous êtes, Laëtitia, n’est-ce pas folie ? Déraciner vos enfants, les déplacer dans un pays pauvre et anglophone…

Laetitia (L) : – C’est peut-être un grain de folie comme depuis Jésus, les chrétiens en ont semé tout au long de l’histoire pour que grandisse la fraternité, l’Évangile…

C : – C’est un choix en couple, sans doute.

L : – Bien sûr, avec Baptiste (B), nous nous sommes connus aux Journées Mondiales de la Jeunesse de Toronto en 2002. Nous y avons entendu le Pape Jean Paul II nous dire « qu’un foyer avait toute sa place dans la mission ».

C : – Alors la « mission », c’est donc un virus qu’on attrape en couple.

B (Baptiste) : – Avec une expérience plus ancienne pour moi. Pendant mes études de médecine, j’ai vécu une première expérience à Calcutta, auprès de Mère Térésa. J’ai déjà reçu un appel en lisant sur les portes des mouroirs : « J. Thrist » ( J’ai soif ). C’est le mot de Jésus en croix, l’appel que j’entends souvent auprès de malades, à Lavaur et ailleurs.

L : – Après notre mariage en 2006, Baptiste devait valider sa formation d’internat par 2 ans de travail dans une équipe médicale dans un territoire français.

B : – J’ai choisi la Réunion, puis l’île de Mayotte. Là nous avons vécu en totale immersion en brousse à Boueni. Nous étions au milieu de musulmans, loin des courants terroristes. Tel ou tel admirait que nous fassions des heures de pistes pour aller à la messe. Il envisageait de nous accompagner et nous parlait comme à des frères.

C : – D’autres découvertes ont suivi.

L : – Nous avons fait un voyage à Madagascar, en allant à Zafimaniri après 3 jours de marche sans piste. Surprise : nous y arrivons un Jeudi Saint et nous apercevons de petits groupes marchant à flanc de collines, pieds nus. Ils venaient à la messe.

B : – Surprise des gens. Il y a des « vasas » qui viennent prier avec nous. Bien sûr il y avait la barrière de la langue, mais devant notre prière, les masques sont tombés. Merveilleuse expérience de l’universalité de l’Église.

Drapeau du Lesotho, composé de bandes bleue, blanche et verte, représentant respectivement la pluie, la paix et la prospérité.
Au centre, un chapeau basuto noir, qui représente la population indigène.

C : – Après Mayotte, vous allez partir au Lesotho.

B : – C’est la mission reçue de l’Église à travers Fidesco, le service de l’Emmanuel et pour la mission universelle, une mission que nous n’avons pas choisie, mais décidée par Fidesco et l’Église locale.

L : – Nous avons eu des indications sur notre mission, des garanties avec des assurances, la possibilité de scolariser nos enfants sur place, une indemnité qui nous permettra de vivre modestement, au milieu de pauvres.

C : –  Qu’allez-vous faire ?

B : – Moi je vais être avec 4 autres médecins, face aux 250 personnes qui, chaque jour, se présentent à l’entrée de l’hôpital de Seboche. C’est comme aux urgences, bien sûr tout le monde n’est pas hospitalisé sur place.

L : – En plus de mes 4 enfants, je vais gérer, avec des gens du pays, des activités qui apportent quelques revenus à l’Hôpital : une fabrique de gâteaux secs, un poulailler. On me sollicite aussi pour de l’éducation sexuelle au collège et peut-être des permanences d’écoute auprès des élèves.

C : – Et au plan religieux ?

B : – L’hôpital est une création de Sœurs de la Charité d’Ottawa. Le matin la messe est à 6h, puis à 8h tout le personnel de l’hôpital est réuni pour la prière.

L : – Nous ne connaissons pas le Lesotho. Un petit royaume à l’intérieur de la République d’Afrique du Sud. Nous allons avoir des surprises…

C : – Bonne mission à toute la famille, avec l’espoir de vous revoir un jour à Lavaur, puisque vous y conservez votre pied à terre. « 

 [Article paru dans l’hebdomadaire Le Tarn Libre du 16 août 2019]

Aux côtés de Laëtitia et Baptiste (qui sont sur la droite), Anne-Laure et Olivier qui s'apprêtent à partir à Tamatave