Lacaune est reliée au Mali par Soeur Salomon

  • Sr Anne-Marie Salomon, en mission au Mali depuis plus de 30 ans, vient régulièrement rencontrer ses nombreux amis lacaunais.

Le groupe emblématique est celui des Lacaunaises tricoteuses autour de Corinne !  Et il y a des habitants de tous âges, à la suite des tout-premiers (un docteur, une infirmière et une commerçante).

Le 20 mai 2019, après avoir fait une « tournée » avec les amis du SEM – Service évangélique des Malades-, Sœur Anne-Marie a donné une conférence–partage à la Maison de retraite St-Vincent en présence des résidents, des prêtres et diacre, de paroissiens et d’un groupe de collégiens.

 

  • Le parcours de Sœur Anne-Marie.

Bretonne, elle est entrée dans la Congrégation des Sœurs de la Retraite, religieuses essentiellement enseignantes. Sa vocation religieuse est née dès l’enfance ainsi que son désir d’être médecin (comme son père).

 Mais à l’époque, on lui disait qu’il fallait choisir : elle choisit donc d’être religieuse et fut professeur pendant une vingtaine d’années.

Quand sa congrégation dans les années 76 a pris une orientation vers la Justice et la Paix dans le monde et que des films sur le Sahel furent visionnés, Sœur Anne-Marie pensa que Dieu l’appelait là-bas. Après réflexion, sa congrégation lui permit de faire des études de médecine.

  • Et à 50 ans elle partit !

D’abord chez des sœurs au Nord du Cameroun où elle fit son 1er stage : elle y trouva la médecine des campagnes dont elle rêvait depuis l’enfance. Et elle y comprit mieux l’évangile où il est tant question de moutons et de pâturages.

Puis au Mali où elle arriva seule, munie d’une lettre de sa supérieure générale. Durant ce stage en 1985, elle rencontra les réfugiés de la sècheresse. Elle rentra en France étudier comment les soigner. Et à partir de 1988, elle vit au milieu d’eux.

« ça fait 31 ans que nous travaillons ensemble avec Zado, un Touareg musulman dont on m’avait donné l’adresse. Quand je lui avais présenté son projet, à ma grande surprise, il avait répondu : « je vais réfléchir et je vous donnerai ma réponse demain ». Le lendemain, il me dit : « Ce n’est pas vous qui venez me chercher, c’est Dieu qui vous envoie car je savais que quelqu’un viendrait me chercher au service de mes frères. »  Et il est parti immédiatement avec moi.

Grâce à lui, je me suis bien adaptée : il était à la fois un conseiller et un protecteur. Ensemble, nous sommes allés trouver les réfugiés de la sécheresse que j’avais connus. À leur demande, nous avons creusé un puits puis un centre de soins a été créé un peu à l’écart du village. Les gens sont venus de très loin se faire soigner, surtout de la tuberculose: avec les tentes ils s’installaient près du Centre durant 2 mois, puis ils revenaient régulièrement chercher leurs médicaments.

Ce fut vite 100 personnes par an à soigner : beaucoup de Peuls, des gens du pays, des Touaregs…

Puis petit à petit des chefs de campement nous ont demandé si c’était possible de faire des centres de soin dans leurs campements. Alors, si un jeune avait des capacités, on lui a fait faire des études d’infirmier, puis on a construit des centres de soin. Et quand tout le monde allait mieux, on nous demandait des écoles et, quand il n’y avait pas d’eau, le forage de puits. Actuellement, outre six centres de soins, nous avons un hôpital pour nomades. »

 

  • Les moyens ?

« Mes sœurs étaient heureuses de ma mission mais elles avaient leurs œuvres par ailleurs, je devais donc trouver les moyens: Dieu nous a financés par l’intermédiaire des gens qui ont eu la gentillesse de nous aider.

Puis, les enfants ayant grandi, on a institué les parrainages car les enfants ne peuvent pas aller au-delà de la 7ème car le collège est en ville. Donc on donne à la famille qui reçoit l’enfant chez elle, un sac de riz de 50 kilos tous les 2 mois et 7,50 €, et ainsi l’enfant peut aller à l’école.

J’ai donc maintenant une centaine d’enfants à entretenir : du jardin d’enfants au master. On est une grande famille qui continue à grandir. Il y a eu la guerre et j’ai dû quitter la région de Gossi, mais les gens formés ont continué : une vingtaine de salariés et tout autant de personnes avec indemnités.

Dieu nous aide…

Maintenant, pour des questions de sécurité, la France ne me permet de résider que dans la capitale (à 1050 kms de Gossi). Un de mes adjoints et moi faisons la gestion ; il y a aussi les relations par internet et téléphone.

 

  • A ce peuple de toutes les couleurs,

composé de tas de races (Touaregs, sédentaires, fonctionnaires venant de tout le pays, Peuls qui font 200 km pour venir…), je ne prêche pas l’Évangile. Pour eux je suis « Anne-Marie » , mais c’est un témoignage : ils estiment que je suis envoyée par Dieu pour eux.

Et Zado dit la même chose: « on travaille pour Dieu !»

 

Un message pour tous, du Mali et de France ?

« Mon message serait un message de paix.

Que Dieu nous aide avec Marie à nous aimer les uns les autres, à nous respecter !

J’ai toujours été très respectée et j’aimerais que tout le monde soit respecté. »