Le curé de Taybeh en Cisjordanie de passage à Toulouse. Des Tarnais témoignent.
« C’est à l’invitation de « Une fleur pour la Palestine », association de parrainage à la scolarisation d’enfants palestiniens, déclarent Jean-Louis et Sylvie de Castres, que nous avons pu rencontrer le 30 janvier à Toulouse le père Bashard Fawadleh, curé de Taybeh village de Cisjordanie.

Il était accompagné de M. Suhail Daibes, directeur d’une importante école du Patriarcat Latin situé à Beit Jala, tout près de Bethléem, et d’Alain Duphil, diacre du diocèse de Toulouse et président de l’association « Une fleur pour la Palestine » .
Leur tour de France les a conduits dans plusieurs grandes villes pour porter leur témoignage afin d’informer et sensibiliser les communautés chrétiennes sur la situation des Palestiniens confrontés à la violence des colons venus des colonies qui encerclent le village de Taybeh, dernier village entièrement chrétien de Cisjordanie*.
Cette violence que nous décrit le père Bashar se traduit par un harcèlement quasi quotidien de destruction de cultures, d’agressions physiques, d’incendies de voitures et de bâtiments.

A l’écoute de ce récit, nous sommes choqués par les conditions de vie de ces frères chrétiens qui doivent subir la présence des check-points de l’armée israélienne à chaque sortie du village.
Sortir ou rentrer reste une liberté sous contrôle qu’il est impossible de prévoir à l’avance.
M. Suhail en tant que directeur des écoles catholiques du secteur de Bethléem nous parle ensuite de la scolarisation des enfants qui sont confrontés eux aussi aux difficultés de circuler pour se rendre à l’école, car il arrive qu’arrêtés aux check-points, ils soient obligés de rentrer chez eux.
Une autre difficulté qui touche beaucoup de parents est le chômage car depuis la guerre à Gaza le 7 octobre, tous les permis d’entrée en Israël ont été annulés, supprimant de fait toute possibilité de travail pour les dizaines de milliers de Palestiniens qui se rendaient chaque jour en Israël pour leur travail.

Une série de questions venue de la centaine de personnes présente à cette rencontre a permis d’aborder divers sujets, comme les ressources en eau entièrement aux mains de sociétés israéliennes, la solution à deux états, l’exode des chrétiens.
Pour conclure la soirée, Alain Duphil nous invite à participer à la prise en charge des frais de scolarité d’élèves de familles démunies dans les écoles chrétiennes de Gaza et de Cisjordanie par l’intermédiaire de l’association qu’il a créée. (www.reseaubarnabe.org/fleur ) »
- Xavier, de Lavaur, confirme :
« Le P. Bashar a témoigné de la vie extrêmement difficile des habitants soumis aux exactions des colons dont le but est de les faire partir…
Des photos projetées à l’appui de son témoignage soutenaient son récit poignant qui donnait vie à des informations déjà connues de beaucoup des auditeurs.
Ayant visité Taybeh en 2010 et rencontré le P. Raed, prédécesseur du P. Bashar, j’ai pu mesurer la dégradation considérable des conditions d’existence

Quelle tristesse de voir tous ces habitants dans une souffrance quasi permanente…
Notre aide économique est indispensable et il est aussi essentiel qu’elle soit accompagnée par la prière…sans relâche ! »
- Une Albigeoise, elle aussi très touchée, déclare :
« Puisse cette terre riche de foi et de bienveillance envers tous, ne plus subir les restrictions de l’occupation, les violences, la peur et les destructions ! »
Elle retient cette affirmation du P. Bashard :
« Nous voulons la vie, mais c’est très difficile. Nous pouvons vivre ensemble, mais Non à l’occupation ! »

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* Taybeh, situé à 30 kilomètres au nord de Jérusalem et à 12 kilomètres au nord-est de Ramallah, compte 1200 habitants.
Au temps de Jésus, ce village était connu sous le nom d’Ephraïm ; Jésus s’y retira avec ses disciples avant sa Passion (cf. Jn 11, 54).