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Le P. Karol repart en Côte d’Ivoire pour une nouvelle mission

Le P. Karol Fallet, après avoir été directeur du Petit Séminaire de Bingerville près d’Abidjan, a été envoyé en France en 2016 pour faire une thèse en sciences de l’éducation.

Il repart cet été en Côte d’Ivoire pour être professeur résident d’anthropologie au Grand Séminaire St Paul d’Abadjin-Kouté qui se trouve à l’ouest d’Abidjan dans le Diocèse de Yopougon (où il assurera aussi d’autres cours) et pour enseigner également à l’Université Lassallienne en sciences de l’éducation.

Interrogé sur ces années en France dans notre diocèse, il souligne l’importance de s’inculturer et la richesse des relations construites :

« Je suis content d’avoir rencontré chacun, j’ai cherché Dieu dans chaque personne.
C’était ma première expérience paroissiale et j’ai essayé d’apprendre, d’être avec les gens dans la préparation du baptême des bébés, le catéchuménat avec les étudiants, le catéchuménat diocésain : c’était très beau !

J’ai été également avec les scouts et les guides, avec l’ACI et, depuis le début, avec les Équipes Notre Dame : ce furent des moments forts. Dernièrement, j’étais prêtre accompagnateur dans l’établissement scolaire Sainte-Marie et aumônier au Bon Sauveur.
J’ai ainsi croisé toutes les générations ! »

–  Est-ce que ça a été difficile à certains moments ?

« Il y a une chose que j’avais demandée à Dieu, c’est de m’apprendre à Le servir avec humilité et simplicité et surtout avec la charité fraternelle.
Du coup je ne suis pas venu en connaisseur ; j’ai demandé à apprendre, que ce soit avec les tous petits, avec les jeunes, avec les adultes, avec les personnes âgées.

Et la vie a été vraiment belle avec chacun.
Je me dis : c’était un passage où Dieu m’a envoyé et je prends tout cela pour aller de l’avant encore ! »

Le P. Karol souligne aussi combien le climat fraternel dans l’équipe des prêtres a été important :

« Quelles que soient les difficultés dans une pastorale, si on est unis, ça marche ! »

Son parcours d’étude, commencé à l’Institut catholique de Toulouse où il a obtenu un master en anthropologie et philosophie de la personne, s’est poursuivi à l’Institut catholique de Paris où il a soutenu brillamment sa thèse en décembre 2023.

Son sujet traitant de l’impact du regard sur le handicap, notamment en Côte d’Ivoire, est un regard croisé sur les manières de voir la personne en situation de handicap dans les sociétés occidentales et dans les sociétés africaines, notamment en France et en Côte d’Ivoire.

Ce fut donc un très gros travail sur plusieurs années qui a nécessité aussi des déplacements dans son pays.

Le P. Karol explique :

« Ce sujet est très important, pour l’Afrique en particulier, car les familles se posent des questions : est-ce que cet état est une malédiction de Dieu ? Non, et cela a du répondant au niveau de l’Incarnation : suivons le regard que Jésus porte sur Zachée, sur l’aveugle, sur le paralytique.
Il pose sur eux un regard d’amour.
Son regard est important pour moi !
Son regard est inclusion et nous appelle à la vivre dans nos regards et attitudes.

En tant que prêtre, il était important pour moi de trouver une réponse pour dire aux familles : Dieu n’est pas l’auteur du handicap, ça fait partie de la vie mais cela ne veut pas dire qu’il faut rester là-dedans, il faut se mettre debout et faire de nos fragilités des moyens pour avancer.

En fait, le handicap n’est pas quelque chose qui doit nous bloquer ; il peut nous permettre de nous relever car, au-dedans de nous, on a de la force à condition que le regard de la société, des parents et même notre propre regard sur nous-même, ne soit pas un regard qui nous fait descendre dans les méandres de la vie mais qui nous aide à nous relever. »

Ce gros travail, le P. Karol a conscience d’avoir pu l’accomplir avec l’aide de Dieu et avec l’aide des personnes auxquelles il a pu poser des questions, durant leur préparation au mariage ou pour un baptême ou au cours de la pastorale en maison d’accueil spécialisé.

En Côte d’Ivoire, pour pouvoir enquêter, il a en particulier pu interroger plusieurs séminaristes venant de différentes régions ; il a ainsi découvert des données qu’il ignorait totalement.

« Merci à Dieu de m’avoir permis de vous rencontrer chacun et merci à vous tous pour votre foi et votre engagement !
Que Dieu nous donne la grâce et la force de L’aimer et d’aimer nos frères jusqu’au bout ! »

 

Rose-Line C., Service Mission universelle