Hospitalité diocésaine : Gardons le lien !

Mi-mars 2020, le « ciel nous est tombé sur la tête ». La France entière était confinée, repliée sur elle-même, faute à un tout petit, petit virus appelé COVID19.

Une période difficile s’ouvrait devant nous, sans avoir une idée de l’avenir ni dans le temps, ni dans les formes que cela allait prendre. Nous sommes restés reclus chez nous, situation encore plus terrible pour nos aînés, nos personnes âgées confinées dans les EHPAD parfois même dans leur chambre (sans oublier ceux qui vivent dans de petits appartements).

Pour le bien de tout le monde des mesures de distanciations sociales ont été mises en place suscitant parfois opposition et réticences. Ces quelques mois traversés parfois avec difficulté, parfois avec abattement, parfois avec lassitude ont vu éclore ici ou là des signes d’espérance, de solidarité, de fraternité dans les quartiers, entre voisins, dans nos paroisses…

Les mois ont passé… la situation s’est améliorée mais nous n’avons toujours pas grande visibilité sur l’avenir. « Il faut vivre avec le virus » dit-on ou lit-on depuis quelques jours… Facile à dire !! Nous constatons aujourd’hui les dégâts occasionnés par cette période de confinement, à tous les étages de notre société, souvent dramatiques (économie, santé, social, famille…). Et les mauvais augures disent que cela n’est pas fini. Combien de nos concitoyens, d’amis, de proches vont vivre des situations douloureuses de chômage, faillites, mobilité…

Rappelons-nous la lecture de la « tempête apaisée » (Matthieu 8 – 23 à 27), c’est peu parlant voire inacceptable pour des personnes incroyantes mais pour nous croyants elle revêt en cette période une importance toute particulière : la barque de nos vies tangue mais Jésus est là debout au milieu de nous. C’est pour cela qu’à la fermeture de nos églises et sanctuaires, l’Eglise dans son ensemble a répondu en innovant, en s’appuyant sur les moyens modernes de communication (internet, YouTube ou autres) pour nous rejoindre au cœur de nos journées et nous donner cette nourriture spirituelle dont nous avions tant besoin (messe, célébrations, chapelets médités, prières, émissions…). Dans notre diocèse nombre de prêtres nous ont aidés à passer cette période difficile en prenant beaucoup de temps pour préparer et diffuser « la bonne parole » et ne pas nous laisser « sans rien » (spirituellement bien entendu).

Malgré tout ce qui a été mis en place, le temps faisant son œuvre… le lien s’est quelque peu distendu, faute aux nombreuses annulations de nos grands moments d’Hospitalité à vivre en cette année du Centenaire de notre Œuvre mais aussi dans nos sections. Nos relations avec les personnes âgées ou malades se sont faites plus rares voire arrêtées. Nous nous sommes éloignés les uns des autres.

Eh oui ! Le temps passe… neuf mois d’épidémie… et un mal insidieux, sournois nous guette : l’habitude, la routine, l’acceptation de la situation « c’est comme ça, que veux-tu y faire ».

Dans cette période compliquée, «  Garder le lien » c’est le thème que l’équipe pilote de l’Hospitalité a approfondi au cours de la dernière réunion. Il nous faut regarder devant, il faut nous préparer pour que le jour où tout ira mieux nous soyons prêts, il nous faut rétablir le lien entre nous et avec nos frères et sœurs malades. C’est pourquoi il a été décidé la publication mensuelle d’une lettre à l’attention des hospitaliers mais aussi des personnes malades que nous connaissons. Cette lettre bien sûr nous ne la garderons pas pour nous. Nous pourrons la dupliquer et la donner à des hospitaliers âgés, à des personnes malades que nous visitions à domicile ou dans les EHPAD… Avec cette lettre, continuez d’utiliser le téléphone, les mails, le courrier et autres moyens autorisés pour garder le contact entre nous et avec les personnes malades, comme vous le faites déjà.

« Rester en tenue de service » Nous serons prêts quand les temps meilleurs arriveront bientôt ou un peu plus tard.

Je laisse la conclusion au pape François avec son encyclique « TOUS FRÈRES » :

«Quand je rédigeais cette lettre, a soudainement éclaté la pandémie de la Covid-19 qui a mis à nu nos fausses certitudes», écrit François. Mais la crise sanitaire mondiale a démontré que « personne ne se sauve tout seul» et qu’est vraiment arrivé le moment de «rêver d’une seule et même humanité» dans laquelle nous sommes «tous frères»

Bernard CAMINADE