Saint Alain – 25 novembre –

célébré liturgiquement dans la ville de Lavaur seulement.

L’énigme de saint Alain

On ne sait rien de ce saint, dont le culte est attesté à Lavaur. La première mention cependant n’en remonte pas au-delà des débuts du XIe siècle : le 5 août 1098, l’évêque de Toulouse lzarn et quelques notables font une donation aux bénédictins de Saint-Pons-de-Thomières, à charge pour eux de reconstruire l’église Saint-Elan de Lavaur, en précisant que cette église a été construite autrefois (olim constructa), qu’elle était paroissiale et qu’elle est alors en ruines (per negligentiam destructa) [1].

Cela laisse entendre que le culte de saint Elan ou Alan, était déjà ancien, mais de lui-même nous ne savons rien d’autre que son nom (devenu Alain par passage de l’occitan au français).

Lorsque, en 1317, Lavaur est devenu le siège d’un nouvel évêché, détaché de l’immense territoire de celui de Toulouse, l’église Saint-Alain, qui avait été encore une fois reconstruite, est devenue cathédrale.
saint-alain-25-novIl convenait qu’une cathédrale soit dotée d’un office liturgique pour la fête de son titulaire Ce fut l’œuvre, en 1390, de Gilles de Bellemère, qui après avoir été évêque de Lavaur, occupait alors le siège du Puy, il s’est servi, dit-il, de témoignages découverts dans de vieux documents racontant qu’Alain est venu à Lavaur au VIIe siècle pour évangéliser la contrée, qu’il y fonda un monastère, y bâtit une église, qu’il y mourut et y fut inhumé.

Mais tout cela est suspect : Lavaur était dans le diocèse de Toulouse qui avait un évêque au IIIe siècle et il est invraisemblable que ce pays ait attendu le VIIe siècle pour être évangélisé.

D’autre part, en fait de monastère, on ne connaît que le prieuré fondé précisément par les moines de Saint-Pons au XIe siècle. La critique a soupçonné l’auteur des actes de saint Alain d’avoir reproduit ceux, étonnamment semblables, de saint Amand de Maëstricht, à propos de la fondation de Nant, en Rouergue. Mais on résolut la question en identifiant les deux personnages.

Lorsque, après la Révolution, le diocèse de Lavaur a été réuni à celui d’Albi, la fête de saint Alain est entrée dans le calendrier de cette Église et on ne tarda pas à la déplacer du 25 novembre, sa date traditionnelle, à celle du 6 février, où on faisait la mémoire de saint Amand.

La figure de saint Alain demeure énigmatique, d’autant que son culte, durant l’Ancien Régime, est très lié à celui de saint Aubain, qui n’est pas mieux connu, mais qui était très populaire à Lavaur : l’autel paroissial de la cathédrale lui était dédié [2] En 1966, on a donc jugé plus sage de réserver à sa ville la solennité de saint Alain, en lui rendant son ancienne date.

Une autre paroisse de l’ancien diocèse de Lavaur est encore aujourd’hui sous le vocable de saint Alain ; c’est celle de Prades, près de Saint-Paul-Cap-de-Joux.

Extrait Les saints de chez nous du père Robert Cabié

 

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[1] Gallia christiana, t. 13, p. 331, qui donne comme référence : “edita in commentariis Occitaniae Catelli 1. II, cap. 16, fol. 320 sq

[2] Nous avons déjà rencontré le nom de saint Aubain comme titulaire de l’église du monastère de Vieux, avant que celui-ci ne se place sous le patronage de saint Eugène.

Le saint du jour présenté aujourd'hui est l'un des saints choisi parmi ceux proposés par l'Église. Chaque jour, l'Église honore plusieurs saints et bienheureux : ceux du calendrier romain (sanctoral romain), ceux des calendriers diocésains et ceux du calendrier des églises orientales (synaxaire).