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Homélie messe d’envoi pèlerinage diocésain

Père Sébastien Diancoff

Depuis maintenant 4 jours, nous sommes ici à Lourdes, près de Marie. Nous sommes venus nombreux, différents par l’âge, la santé, l’histoire personnelle, mais rassemblés au nom du Seigneur. Ici, durant 4 jours, nous avons vécu une belle expérience d’Église, tous pèlerins en marche derrière Marie, venant de toutes les paroisses du diocèse. Les bannières portées en procession, samedi, le jour de la messe diocésaine, nous l’ont bien rappelé. Il y a parmi nous des personnes qui souffrent de problèmes de santé. Il y a aussi tous ceux qui sont fatigués par le poids des ans. Il y a encore tous les hospitaliers avec beaucoup de nouveaux cette année. Oui, les hospitaliers qui sont là au service. Il y a les bérets bleus, les foulards orange, les étudiants, les familles, des prêtres, des diacres, les épouses de diacres, des consacrés. Oui, il y a tous les états de vie. Mais à Lourdes, il faut le dire, toutes ces catégories s’effacent peu à peu. Il n’y aurait pas d’un côté ceux qui auraient besoin des autres et de l’autre, ceux qui seraient assez forts pour les aider. Durant ces 4 jours, nous avons découvert que nous avions tous besoin d’être portés, d’être consolés, écoutés ou aimés.  

C’est bien ce que nous rappelle l’Évangile que nous venons d’entendre. « Comme le père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimé ». Avant nos efforts, avant nos mérites, il y a toujours l’amour prévenant du Christ. Un amour inconditionnel qui ne dépend ni de notre âge, ni de notre santé, ni de notre efficacité, ni même de notre réussite.  

Je voudrais aussi m’adresser aux pèlerins, malades ou âgés, à tous ceux qui vivent actuellement des épreuves de santé physique ou morale. Cette parole, le Christ vous l’adresse personnellement : « Je vous ai aimé ». Votre vie possède une valeur infinie, non pas en raison de ce que vous êtes encore capable de faire, mais parce que tout simplement vous êtes aimé de Dieu. Votre présence au milieu de nous rappelle que la valeur d’une personne ne se mesure jamais à son état de santé ou à son efficacité.  

Quant à vous, les hospitaliers, vous avez essayé durant ce pèlerinage de rendre visible cet amour dont Dieu nous aime par un sourire, une écoute, une parole, un soin, un service, un geste parfois très simple et pourtant si précieux. Et vous le savez bien, tout en servant, vous avez aussi beaucoup reçu. Vous êtes venu pour servir, pour donner, et vous avez découvert que les personnes qui vous étaient confiées avaient aussi beaucoup à vous donner.  

Jésus, dans l’Évangile choisi pour cette célébration, nous dit : « Demeurez dans mon amour ». Demeurer, c’est trouver dans l’amour du Christ un point d’appui. Ici, dans le sanctuaire, nous avons connu de beaux moments de ferveur, mais le Seigneur ne nous dit pas de garder le souvenir de ces beaux moments, de garder le souvenir d’un beau pèlerinage. Non, il nous dit : « Demeurez dans mon amour ». Ce soir, pour la plupart d’entre nous, nous rejoindrons nos lieux de vie respectifs. Nous reprendrons alors nos habitudes. N’oublions pas de laisser résonner en nous, jour après jour, cette parole : « Demeurez dans mon amour ». Ce que nous avons vécu dans la prière, la célébration des sacrements ne doit pas représenter une simple parenthèse enchantée. Ce sont des forces qui nous ont été données par grâce pour demeurer dans l’amour du Seigneur. Nous sommes venus à Lourdes pour recevoir des grâces, nous repartons pour devenir à notre tour porteurs de grâce.  Nous sommes venus à Lourdes pour chercher la paix, nous repartons d’ici pour devenir des artisans de paix.  

Jésus poursuit : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit par faite ». C’est cette joie profonde que nous sommes invités à goûter. La joie d’être reliés les uns aux autres dans le Christ. C’est bien ce que nous avons vécu durant ces 4 jours. Je voudrais m’adresser maintenant aux jeunes pour leur rappeler qu’ils ont une place essentielle dans cette joie. Oui, l’Église a besoin de vous, de votre enthousiasme, de vos questions, de votre générosité. N’ayez pas peur de témoigner auprès de vos amis de ce que vous avez vécu et revenez l’année prochaine encore plus nombreux. Oui, que votre joie soit communicative ! 

Et enfin, Jésus nous donne ce commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé ». Le Christ ne nous demande pas de nous aimer selon nos affinités, notre patience ou nos capacités humaines. Il nous demande de nous aimer comme lui-même nous a aimé. Bien sûr, cela dépasse nos propres forces, mais ce qui nous paraît impossible à vie humaine devient possible lorsque nous demeurons en lui.  

Dans quelques heures, nous quitterons Lourdes. Nous ne pourrons pas rester indéfiniment dans ce lieu de grâce, mais nous pouvons emporter quelque chose de Lourdes avec nous. Oui, Lourdes sera présent dans nos familles, dans nos communautés, dans nos paroisses, lorsque nous vivrons quelque chose de l’esprit de ce pèlerinage.  

Je vous invite à vous rappeler de tout ce que nous avons vécu au cours de ce pèlerinage avec 3 verbes : accueillir, demeurer et communiquer.  

Accueillir, oui, c’est accueillir l’amour que Dieu nous donne.  

Demeurer. Oui, demeurer dans cet amour par la prière, l’eucharistie, la fraternité, le service. 

Et enfin communiquer. Oui, communiquer cet amour à tous ceux que nous allons retrouver près de chez nous, en étant tout particulièrement attentif aux plus petits, aux plus fragiles.  

Ne laissons pas la grâce de Lourdes s’évaporer sur le chemin du retour. Soyons les uns pour les autres, ces porteurs de la joie parfaite du Christ. Que la Vierge Marie, comblée de grâce, continue de veiller sur le diocèse d’Albi, sur chacun de nous. Et qu’elle nous aide, jour après jour, à demeurer dans l’amour de son fils. Amen. 

 

+ Sébastien Diancoff
Vicaire général