Les Pères Marie-Antoine et François-Marie Clausade (2/3)
- Collaboration apostolique (2/3)
[ Relire le 1er article « Amitié spirituelle et passion franciscaine » ]
4 – Deux missions complémentaires au service du renouveau franciscain
Le Père Marie-Antoine et le Père Clausade poursuivent une même inspiration franciscaine, mais selon deux vocations complémentaires.
Le document biographique consacré au Père Marie-Antoine résume admirablement cette complémentarité :
« L’un porte le feu de la mission populaire, l’autre travaille à rétablir une présence religieuse stable.
Ensemble, ils contribuent puissamment au renouveau franciscain du diocèse d’Albi au XIXème siècle. »
Marie-Antoine est l’homme des foules, des retraites et des conversions.
Clausade est l’homme de la reconstruction durable :
- restauration des sanctuaires ;
- acquisition de bâtiments ;
- fondation d’un noviciat ;
- organisation de la vie religieuse.
Leur action conjointe reconstitue progressivement dans le Tarn une véritable famille franciscaine.
5 – Rome, les Capucins et le relèvement du T.O.R.
L’un des aspects les plus importants du dossier d’Ambialet réside dans les liens étroits entre le futur Tiers-Ordre Régulier restauré et les Capucins.
Lors de son voyage à Rome en 1864, l’abbé Clausade rencontre successivement :
- les autorités du Tiers-Ordre Régulier ;
- les Frères Mineurs Capucins ;
- puis le pape Pie IX lui-même.

Rome s’interroge alors : comment restaurer en France une branche franciscaine disparue depuis la Révolution ?
Le pape Pie IX semble voir dans les Capucins les meilleurs héritiers de l’esprit franciscain primitif.
Le récit rapporte cette phrase remarquable du souverain pontife :
« Vous avez bien fait (…) de vous adresser aux Capucins. Quant aux pères tertiaires, ce qu’ils peuvent vous enseigner le mieux, c’est la pauvreté, car ils sont fort pauvres. »
Cette parole est fondamentale.
Elle montre que le Saint-Siège souhaitait que les premiers tertiaires réguliers restaurés en France soient formés dans un esprit profondément franciscain, marqué par la pauvreté évangélique et la simplicité capucine.

C’est pourquoi les débuts du noviciat d’Ambialet furent placés sous l’accompagnement des Capucins.
Le jeune T.O.R. restauré reçut ainsi une véritable empreinte capucine dans sa formation spirituelle.
Cette décision explique les liens particulièrement forts qui unirent longtemps Ambialet aux Capucins du Midi.
6 – Le rôle décisif du Père Marie-Antoine auprès des Capucins
Dans cette affaire, le Père Marie-Antoine joue un rôle de médiateur essentiel.
Grâce à son prestige personnel et à son influence auprès du Provincial capucin, il facilite l’accueil du projet de Clausade.
Une lettre capitale datée du 21 décembre témoigne de ce soutien officiel : « Elle est, on ne peut plus favorable. »
Puis le Père Marie-Antoine rapporte les paroles mêmes du Provincial :
« Dites, de ma part, à M. Clausade (…) qu’il peut pleinement compter sur notre concours pour la fondation de son œuvre. »
Ce « concours » ne se limite pas à un soutien moral. Il comprend :
- une aide spirituelle ;
- la transmission de l’esprit franciscain ;
- l’accompagnement spirituel des premiers novices ;
- et un véritable soutien institutionnel.
Le texte souligne même que cette intervention provoque un changement profond dans les attitudes :
« quelques lignes, tombées de sa main, prouvent qu’un revirement sérieux est en train de s’opérer. »
Ainsi, le Père Marie-Antoine apparaît comme l’un des artisans essentiels de l’acceptation du projet d’Ambialet.
7 – Le noviciat de 1866 : un moment fondateur
L’aboutissement de cette collaboration survient le 17 juin 1866.
Le document consacré au Père Clausade rapporte :
« Le 17 juin 1866, à Ambialet, soutenu par son ami d’enfance, le Père Capucin Marie-Antoine, il devient le premier à entrer en noviciat. »

Cet évènement dépasse largement une simple cérémonie religieuse.
Il marque :
- le retour d’une vie franciscaine régulière en France ;
- la renaissance du T.O.R. après sa disparition révolutionnaire ;
- la transformation du prieuré d’Ambialet en noviciat et maison d’études.
Le texte précise : « L’ancien monastère bénédictin devient noviciat et maison d’études des tertiaires réguliers. »
Le rêve porté pendant des années par Clausade et soutenu fidèlement par Marie-Antoine devient alors réalité.
Christian Rivière, Ofs
Photos : Archives Franciscaines TOR / MATO GROSSO
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A suivre : Essor du Tiers-Ordre dans tout le Tarn (3/3)
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