Homélie du Dimanche du Bon Pasteur – Journée mondiale des vocations

Frères et sœurs,

Dans cette parabole du Bon Pasteur auquel Jésus s’identifie : « Je suis le Bon Pasteur », par trois fois il affirme : « Je donne ma vie pour mes brebis ». Ce qui caractérise le bon berger, est cet engagement jusqu’à la mort au service des brebis. Le Christ illustre pleinement cette affirmation dans sa Pâque, dans son passage par la croix pour entraîner l’humanité entière dans la gloire de sa résurrection. Cet engagement absolu trouve son origine dans la connaissance que le berger a de chacune de ses brebis. En effet, Jésus affirme qu’il s’agit d’une connaissance semblable à celle que le Père a du Fils et que le Fils a du Père, c’est-à-dire un amour total, intime, éternel. Le bon berger connaît chacune de ses brebis. Il aime chacune de ses brebis au point d’être capable de donner sa vie pour elle. Comme le Père et le Fils sont totalement donnés l’un à l’autre, le bon berger se livre pour ses brebis. Elles sont elles-mêmes appelées à répondre à cet amour divin, avec l’aide du Saint Esprit, à répondre à l’amour divin par l’amour, en écoutant la voix du Bon Pasteur. L’écoute de la parole du Christ et la confiance dans cette parole permettent de vivre déjà dans la vie éternelle, dans la vie divine. C’est le programme de toute vie baptismale qui est un chemin de sainteté. La vocation commune des baptisés, comme le concile Vatican II l’a rappelé, est bien la sainteté, la vie même de Dieu d’ores et déjà. Entrer dans cette dynamique de l’amour, d’un amour réciproque semblable à cet échange constant qui existe entre les personnes de la Trinité, est la vocation de tout chrétien. Tous, nous sommes appelés à vivre en aimant et en se laissant aimer par Dieu comme par le prochain.

On peut comprendre aisément pourquoi ce « dimanche du Bon Pasteur » a été choisi par saint Paul VI pour prier pour les vocations. Il s’agit bien de prier pour ceux et celles qui, par leur ministère et par l’offrande de leur vie, sont au service de cette vocation commune à aimer, à répondre à l’amour divin par l’amour. Par le don de soi, il s’agit véritablement de répondre à l’appel divin. Certains, certaines, sont appelés par le Seigneur pour servir leurs frères et sœurs afin qu’ils puissent répondre à l’amour par l’amour. Évidemment, répondre à l’appel à une vocation sacerdotale ou dans la vie consacrée, peut paraître et est réellement exigeant. Suivre le Christ, pour tout baptisé, est toujours un choix qui, à certains égards, coûte. Répondre à l’appel comble aussi de bonheur ceux qui y sont appelés. On a peut-être trop tendance aujourd’hui à voir toujours – et c’est très français – le négatif avant tout. Avec les anglo-saxons, qui sont plus pragmatiques, on constate d’abord le positif puis le négatif. Je crois qu’aujourd’hui, étant donné les crises que traverse l’Église, il est bon de souligner le positif. Permettez-moi de vous rappeler que fort heureusement la plupart des prêtres et des consacrés vivent à fond leur vocation contrairement à ce que, parfois, on voudrait nous faire croire. Pour certains, une consécration totale comprenant le célibat est impossible aujourd’hui. Ayant accompagné beaucoup de couples, je n’ai jamais remarqué que la vocation au mariage soit si simple et facile. Il me semble que l’état de notre société montre à quel point la vie conjugale, si on veut la vivre chrétiennement est exigeante et demande de nombreux sacrifices, de nombreux passages par la croix, pour le bonheur des époux et de leurs enfants. Probablement, seuls ceux qui sont appelés à une vocation sacerdotale ou à la vie consacrée peuvent véritablement comprendre leur appel. Le Christ l’a dit : « comprenne qui pourra » à propos du célibat ; oui, comprenne qui pourra ! Il est tout à fait compréhensible que beaucoup ne comprennent pas. Mais le témoignage de nombreux prêtres, de religieuses et de religieux rayonnants me semble être une preuve tangible qu’il est possible d’être heureux en donnant sa vie au Christ et à l’Église.

Je voudrais très spécialement vous inviter au cours de cette journée à prier pour les jeunes qui sont appelés. Le Christ appelle, même s’il est laborieux de répondre dans une société qui a perdu la foi en Dieu. Il est difficile pour l’entourage, pour la famille elle-même, d’aider au discernement. Il est plus facile de s’opposer que d’aider au discernement, même dans une famille chrétienne. Prions donc pour les proches d’une ou d’un appelé(e). Là où naît une vocation, que les parents, les amis, que ceux qui accompagnent, aident celui qui pense être appelé à discerner où le Seigneur le veut pour son bien et celui de l’Église. Prions aussi en ce jour des vocations pour que rayonnent de joie et d’amour ceux qui ont tout quitté pour suivre le Bon Berger et servir leurs frères à sa manière.

Amen

† Jean Legrez, o.p.
Archevêque d’Albi

3 religieuses souriantes
Sœur Marie-Philomène, Sœur Laure et Sœur Anne. Couvent Bleu de Castres.

Le pape François a choisi la croix du Bon Pasteur pour son ordination épiscopale.

Sur cette croix, nous retrouvons le Bon Pasteur, qui est au milieu de son troupeau, qui conduit les brebis et en prend soin. La colombe qui représente l’Esprit Saint, nous rappelle la parole de Dieu entendue lors du baptême de Jésus : « Celui-ci est mon fils Bien-aimé… en lui je trouve toute ma joie. » Mc 1, 9-11 … et que chacun de nous peut entendre pour lui-même.

La Croix est pour les Chrétiens signe de la victoire du Christ sur la mort. Il nous entraîne dans la vie avec lui pour toujours. Lors de notre baptême, nous avons été marqués du signe de la croix. Chacun peut réfléchir à ce qu’il choisit de faire pour se mettre au service des autres à l’image du Bon Pasteur qui prend soin de ses brebis. Chacun peut aussi réfléchir à sa manière de suivre le bon berger tous les jours sur le chemin qu’il nous indique et qui conduit vers la vie.

Chaque paroissien de la paroisse du Bon Pasteur a reçu un exemplaire de cette croix lors de la messe du 25 avril.