« L’espérance ne déçoit pas » (Romains 5, 5)

Un nouveau confinement éprouve les uns et les autres, alors que la fête de la Nativité du Seigneur vient d’être célébrée et qu’une année nouvelle s’ouvre.

L’enfant dont la naissance nous a réjouis dira bientôt : « Moi, je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais aura la lumière de la vie » (Jn 7, 12). Cette lumière qui inonde l’intelligence et le cœur du croyant lui permet d’apprécier les évènements de sa vie et du monde avec sagesse. La foi donne en même temps un certain recul face au présent et une vision de l’avenir, marquée par la certitude que « tout concourt au bien de celui qui croit ». Ainsi, comme l’affirmait Charles Péguy dans « Le Porche du Mystère de la deuxième vertu » (Pléiade p 603) : « Il faut espérer en Dieu, il faut avoir foi en Dieu, c’est tout un, c’est tout le même. Il faut avoir cette foi en Dieu que d’espérer en lui. Il faut croire en lui, qui est d’espérer ».

Animés par l’Esprit Saint qui nous a donné la vie divine au jour de notre baptême et éclairés par la Bonne Nouvelle du Sauveur, la tâche principale d’un chrétien dans une période lourde de multiples crises est sans nul doute de partager avec tact et conviction son espérance. « L’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 5).

Déjà le Carême approche. Nous ne savons pas au moment où je rédige ces lignes dans quelles conditions nous pourrons le vivre. Près de vingt catéchumènes se préparent à recevoir le baptême au cours de la nuit de Pâques. À tous les diocésains de les porter dans la prière au long du Carême. Rendons grâce à Dieu pour ces membres nouveaux du Corps du Christ et accueillons-les dans nos communautés paroissiales avec une réelle fraternité. Les entourer et les guider dans les premiers moments de leur vie chrétienne est l’apanage de tous les membres de nos communautés paroissiales et non pas seulement des clercs. Peu à peu chaque néophyte, c’est-à-dire chaque nouveau baptisé, est appelé à être un membre actif de l’Église, en participant en particulier à la vie de sa paroisse.

Que le Carême soit pour chacun une véritable retraite ! C’est le moment favorable pour envisager telle ou telle conversion, afin de mieux correspondre aux appels du Seigneur à le suivre, quelle que soit notre état de vie. Abordons cette période sans crainte et avec bonheur, puisqu’il s’agit d’entrer dans une plus grande intimité avec le Seigneur et une plus grande proximité avec nos frères les plus pauvres. De telles rencontres qui conduisent au don de nous-même débouchent toujours sur la joie.

Fervent Carême à tous les diocésains !

 † Jean Legrez, o.p.
Archevêque d’Albi