Message de Mgr Legrez suite à l’attentat de Nice le 29 octobre 2020

L’annonce du triple assassinat dans la basilique Notre-Dame de Nice nous plonge dans une immense tristesse. Nous prions pour les victimes, pour leur famille et leurs proches. La colère nous saisit. Mais l’invitation du Christ à prier pour nos ennemis nous rejoint et nous osons confier l’assassin à la miséricorde divine. Comment peut-on en arriver à une telle horreur ?

Si la liberté d’expression fait bien partie des valeurs de la République, il est incontestable que la fraternité et l’égalité en font aussi partie. Peut-on cultiver la liberté sans tenir compte de la fraternité et de l’égalité ? À partir du moment où le respect pour ce qui est le plus sacré pour certains disparaît, peut-on encore parler de fraternité ? En riant de manière sarcastique de ce qui compte le plus pour un autre citoyen, se place-t-on dans une relation d’égalité ? Comment croire que la quintessence de l’esprit français réside dans la vulgarité et la malveillance ? Jamais la liberté d’expression ne devrait faire fi du respect dû aux convictions d’autrui. Évidemment, loin de moi de justifier la moindre barbarie fût-elle engendrée par l’incompréhension de « l’esprit français ». Ces actes meurtriers sont infiniment plus condamnables !

Prions pour que la sagesse soit donnée aux divers responsables de notre pays qui a mieux à transmettre au monde qu’une liberté abusive, engendrant chez nous de telles morts si cruelles et regrettables, et pouvant causer ailleurs dans le monde d’horribles violences et la persécution de chrétiens.

Que tous les saints de France intercèdent pour que la paix sociale nous soit donnée et que cesse la violence chez nous et dans le monde !

† Jean Legrez, o.p.
Archevêque d’Albi