Homélie du Dimanche de Pâques

En la cathédrale Sainte-Cécile, 12 avril 2020 (sans assemblée, en période de pandémie Covid19)

1ère lecture : Ac 10, 34a.37-43
Psaume : 117, 1.2, 16-17, 22-23
2ème lecture : 1 Co 5, 6b-8
Évangile : Jn 20, 1-9

Frères et sœurs,

Alors que les Apôtres sont confinés à Jérusalem, craignant sans doute pour leur propre vie au lendemain de l’exécution de leur maître, l’évangile de Jean nous rapporte la visite de Marie-Madeleine au tombeau de grand matin. Pleine d’audace, la pécheresse pardonnée, découvre le tombeau vide et va immédiatement prévenir Pierre que le corps du bien-aimé a disparu. Confinés aujourd’hui chacun chez soi, nous vivons cette période de pandémie, souvent dans la crainte pour notre propre vie en entendant les nouvelles du développement de la pandémie à travers le monde et en apprenant, parfois, que la maladie ou la mort a touché un proche. Mais notre isolement actuel ne favorise pas seulement notre angoisse, il peut aussi nous offrir, et particulièrement en cette journée, des moments d’intériorité au cours desquels nous découvrons la mystérieuse présence du Sauveur à nos côtés.

Ce matin, nous rejoignons Pierre et Jean qui ont écouté l’Apôtre des Apôtres, Marie-Madeleine et se sont rendus en courant au tombeau où Jésus avait été déposé au soir de sa mort sur la croix. Le corps du Christ n’est plus là. Seuls demeurent les linges qui l’enveloppaient, affaissés, vidés de leur contenu. Ce signe de l’absence du mort, convainc immédiatement Jean ; il vit et il crut. Jean comprend et il croît que la mort n’a pas pu conserver le vivant. Les linges qui contenaient le mort n’ont pas réussi à le maintenir dans la mort. Il est donc ressuscité comme l’Écriture le dit et comme Jésus lui-même l’avait annoncé.

Frères et sœurs chrétiens, à la suite de Jean et de Pierre, par le don de la foi nous croyons que Dieu a ressuscité Jésus de Nazareth le troisième jour. Nous savons comme Pierre l’annonçait à Césarée chez un centurion de l’armée romaine, que quiconque croît en lui reçoit le pardon de ses péchés. Voici encore un motif de notre joie de ce jour, non seulement Jésus le Sauveur est vivant, mais encore il fait des croyants, de ceux qui osent placer en lui leur confiance, des réceptacles de sa miséricorde. Plus que jamais, la parole de Paul aux Colossiens : « Recherchez les réalités d’en haut » est d’actualité. Par le baptême, Jésus est devenu notre vie. Nous partageons sa condition filiale et nous sommes désormais destinés à partager sa gloire éternellement en ressuscitant avec lui à la fin des temps. Magnifique espérance que celle des baptisés, qui est aussi celle des catéchumènes. Frères et sœurs, je vous invite à prier aujourd’hui tout spécialement pour les catéchumènes dont le baptême a dû être remis à une date ultérieure. Que le Ressuscité les conforte dans leur foi, dans l’attente du don de sa vie qu’il désire leur communiquer !

En ce jour, qu’à tous, baptisés, catéchumènes, peu croyants ou mal-croyants, soit donné un nouvel élan dans la course à la recherche de la vérité, tel Pierre et Jean courant vers le tombeau ! Si Jésus est ressuscité, c’est pour que tous les hommes puissent bénéficier, en croyant, de vivre dans l’amour divin.

Reconnaissant la proximité mystérieuse de Jésus ressuscité, qui veut entretenir avec chacun de nous une relation amicale et salvatrice, nous vivrons dans la reconnaissance envers Dieu et brûlés de son amour, nous n’aurons de cesse de l’annoncer et de mener une existence en aimant comme il nous aime, en donnant notre vie pour nos frères. Louange et charité sont les deux tuteurs du bonheur dans le quotidien et pour l’éternité déjà commencée.

En ce jour, frères et sœurs, exultons de joie car le Christ est ressuscité. Il nous entraîne dans la nouveauté éternelle de sa vie divine.

Oui, il est vraiment ressuscité, Alléluia, Alléluia !

Amen

† Jean Legrez, o.p.
Archevêque d’Albi