Homélie du 1er dimanche de l’Avent 2019 – Messe des étudiants à Toulouse

Homélie du 1er dimanche de l’Avent 2019 – Messe des étudiants à Toulouse – 1er décembre 2019

Frères et sœurs,

« Quelle joie quand on m’a dit : nous irons à la maison du Seigneur » (Ps 121). Sommes-nous dans la joie ce soir en ce premier jour du temps de l’Avent ?

Une nouvelle année liturgique s’ouvre devant nous qui va nous offrir à nouveau de parcourir les grandes étapes de l’histoire du Salut opéré par le Christ. De manière paradoxale ce premier dimanche de l’année nous met face à l’ultime avènement du Seigneur Jésus à la fin des temps et nous invite aussi à vivre le moment présent dans la vigilance.

« Tenez-vous prêts pour la venue du Fils de l’homme ». N’oublions pas que le second avènement de Jésus est le secret du Père. « Quant à la date de ce jour et à l’heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père seul », affirme Jésus à ses disciples. Ne perdez pas de temps à l’écoute de conjectures de toutes sortes prononcées régulièrement par de faux prophètes annonçant la fin du monde… Tant de personnes sont à l’affut de telles annonces suggérées par l’adversaire, afin de nous détourner de l’essentiel et de nous empêcher de demeurer en état de veille.

Cet état consiste à revêtir le Christ, c’est-à-dire à imiter le Christ en plaçant notre confiance dans le Père et en posant des actes honnêtes et vertueux comme il nous en a donné l’exemple.

Le temps de l’Avent nous rappelle que l’histoire de l’humanité est destinée à connaître un terme avec la seconde venue du Seigneur Jésus dans la gloire. Déjà Isaïe entrevoyait que toutes les nations connaîtront alors la paix dans la lumière du Seigneur, dans l’éternité bienheureuse.

L’Avent est aussi le temps où l’Église se prépare à célébrer la première venue de Jésus, le Messie d’Israël et le sauveur de tous les hommes. Le Père a envoyé son Fils partager notre condition humaine. Le Fils de Dieu, né de la Vierge à Bethléem, s’est abaissé jusqu’à la mort sur la croix pour nous faire connaître l’amour miséricordieux du Père.

Ainsi, il a obtenu en notre faveur le don de l’Esprit reçu au jour de notre baptême. L’Avent est encore ce temps qui nous permet de mieux prendre conscience de la présence actuel du Christ en nous par la puissance du Saint Esprit. Le Christ, qui est venu et qui vient, frappe sans cesse à la porte de notre cœur.

Lui ouvrirons-nous ? Rejetterons-nous les œuvres des ténèbres, le péché, pour revêtir les armes de lumière en accomplissant le bien selon l’enseignement de Jésus ?
Le temps de l’Avent est une période où notre espérance est dynamisée : Jésus est venu, Jésus reviendra, Jésus vit en moi et m’accompagne sur un chemin d’éternité.

Période joyeuse et stimulante, le Seigneur veut se faire proche et nous introduire éternellement en sa présence. Osons nous laisser guider par l’Esprit Saint, cet hôte intérieur, pour être prêts à accueillir celui qui ne cesse de venir nous sauver.

Le 1er décembre 1916 mourrait au fin fond du Sahara le Bienheureux Charles de Foucauld, assassiné par un groupe de Touaregs. Après une conversion radicale au terme d’une vie de noceur, Charles va devenir un frère universel au cœur brûlant donné à Dieu et aux humains, en particulier aux plus déshérités.

Peu à peu, il trouve l’attitude juste qui pourrait éclairer tout notre Avent, attitude d’un cœur filial et confiant, exprimé dans sa belle prière :

 

« Mon Père
je m’abandonne à toi,
fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi,
je te remercie.

Je suis prêt à tout, j’accepte tout.¨
Pourvu que ta volonté se fasse en moi, en toutes tes créatures,
je ne désire rien d’autre, mon Dieu. »

Amen

† Jean Legrez, o.p.
Archevêque d’Albi

 

1ère lecture : Is 2, 1-5
Psaume : 121, 1-2, 3-4ab, 4cd-5, 6-7, 8-9
2ème lecture : Rm 13, 11-14a
Évangile : Mt 24, 37-44