Homélie de l’Office de la Croix

Frères et sœurs,

Le prophète Isaïe nous a présenté le serviteur de Dieu, l’homme des douleurs méprisé de tous, défiguré, broyé à couse de nos fautes. « Il montera, il s’élèvera, il sera exalté » annonce le prophète. Il gravira le calvaire, sera élevé sur la croix et exalté dans la gloire au matin de Pâque lorsque le Père, dans la puissance de l’Esprit, le ressuscitera.

Cette vision anticipée du crucifié qui obtient notre guérison par ses blessures est impressionnante. Il semble qu’elle ne puisse correspondre qu’au serviteur parfaitement obéissant que fut Jésus dans sa passion vécue par amour de nous.

L’épître aux hébreux nous présente le Christ comme un grand prêtre absolument unique, puisqu’il est à la fois celui qui offre le sacrifice et la victime de ce sacrifice. Par son propre sang versé à travers d’horribles souffrances vécues dans une parfaite obéissance au Père, il est devenu « l’auteur » du salut éternel.

Contemplons Jésus arrêté, moqué, supplicié qui, dans la passion selon saint Jean, avance avec une allure royale en témoin de la vérité. La croix sera son trône, à partir d’elle il attirera à lui tous les hommes. Après avoir remis son Esprit au Père, il meurt avant de l’insuffler à ses disciples au soir de Pâques.

La croix : « Mystère flamboyant » ! La vision de la toiture cruciforme de Notre-Dame de Paris en feu ne nous a-t-elle pas rappelé à la fois le caractère effrayant, attirant et vivifiant d’un tel brasier, cruel réminiscence de l’instrument du salut ?

Amen

† Jean Legrez, o.p.

Archevêque d’Albi