Homélie lors de la messe d’envoi du pèlerinage diocésain

Lourdes, le 2 août 2018

Frères et Sœurs,

Lorsque le peuple d’Israël revendique son indépendance par rapport à son Seigneur en choisissant la voie du mal, le prophète Jérémie lui rappelle à travers une parabole qu’il est comme l’argile dans la main du potier. Le potier représente le Seigneur : c’est Dieu qui à la fois crée et accompagne son peuple, tel un Père aimant et attentif à la croissance heureuse de son enfant. Nous-même, nous croyons que Dieu est le créateur de l’univers visible et invisible, que son Fils est venu sauver, recréer d’une certaine manière, au lendemain des errances de l’humanité en quête d’indépendance, voulant ignorer le dessein bienveillant du Père pour chacun de ses enfants.

À frais nouveau, le Christ, au terme de multiples préparations, en particulier dans l’enseignement des prophètes, est venu proposer à son peuple et à toutes les nations le chemin qui conduit à la connaissance de son Père, ce Dieu d’amour qui de toute éternité n’a qu’un désir : partager avec ses enfants l’amour pour lequel il les a créés.

Comme le prophète Jérémie, Jésus utilise des paraboles pour aider ses disciples à entrer dans la compréhension des projets de Dieu pour l’humanité. À la fin de son discours en parabole, le Maître les interroge : « Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondent : « Oui. » Pour Jésus, comprendre signifie autant avoir des idées claires sur le plan du Salut que s’engager sur la voie tracée par son enseignement. Cet enseignement est un véritable trésor, d’où le disciple tire du neuf et de l’ancien, c’est-à-dire que le disciple devient capable de puiser dans la Parole de Dieu, rapportée dans l’Ancien Testament comme dans le Nouveau Testament, une nourriture qui lui donne la force de mettre Dieu à la première place dans sa vie. L’évangéliste Matthieu s’adresse à une communauté de chrétiens venant du judaïsme qu’il veut aider à prendre conscience qu’illuminés par le Messie, ils possèdent toute la richesse de l’Ancienne Alliance augmentée par le perfectionnement de la nouvelle donnée par Jésus.

La petite parabole du filet jeté dans la mer, comme la parabole de l’ivraie jetée dans le champ, nous avertit que le bien et le mal sont souvent présents en même temps aussi bien dans le cœur de l’homme que dans nos communautés. À la fin du monde, un ultime discernement sera réalisé par les anges qui sépareront les justes de ceux qui n’ont pas cru au nom du fils unique de Dieu, à la mission de notre Sauveur.

Au cours de notre pèlerinage, la Parole de Dieu nous a invités à ouvrir notre cœur au Seigneur, en vue de lui obéir dans la confiance. Face à un tel projet, où se manifeste notre pauvreté et nos limites, l’apôtre Paul nous a rappelé la nécessité du combat spirituel à mener quotidiennement et humblement, sachant que « la puissance du Seigneur donne tout sa mesure dans notre faiblesse. » Aujourd’hui, sachant que nous sommes dans les mains d’un Dieu qui veut faire de nous des saints, c’est-à-dire ses amis, des amis partageant toutes les richesses de son intimité, n’ayons pas peur, mais osons devenir de plus en plus ses intimes, pour être de plus en plus capables de le faire connaître et aimer autour de nous. Que Notre-Dame de Lourdes intercède pour chacun de nous afin que nous fassions de mieux en mieux ce que le Sauveur nous dit de faire, pour notre joie et celle de tous ceux qui, par nous et à travers nous, découvrirons la joie d’être sauvés et aimés infiniment par notre Créateur et Père plein de miséricorde et de tendresse.

Amen.

+ Jean Legrez, op.
Archevêque d’Albi

Lectures :

Jérémie 18, 1-6
Psaume 145
Matthieu 13, 47-53

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