Homélie pour la messe d’ouverture du pèlerinage diocésain

Lourdes, le 30 juillet 2018

Frères et Sœurs,

Nous venons d’entendre deux paraboles d’un chapitre de l’évangile de saint Matthieu qui nous rapporte un ensemble de paraboles. Selon le pape Benoît XVI, « les paraboles de l’Évangile sont de longs récits que Jésus utilise pour annoncer les mystères du Royaume des cieux. En utilisant des images et des situations de la vie quotidienne, le Seigneur veut nous indiquer le véritable fondement de toute chose. Il nous montre le Dieu qui agit, qui entre dans notre vie et veut nous prendre par la main. Par ce genre de discours, le divin Maître nous invite à reconnaître d’abord le primat de Dieu le Père : là où il est absent, il ne peut rien y avoir de bon. C’est une priorité décisive pour tout. Royaume des cieux signifie justement seigneurie de Dieu et cela veut dire que sa volonté doit être considéré comme le critère guidant notre vie.» (Angélus, 17 juillet 2011)

Avec la parabole de la graine de moutarde et la parabole du levain dans la pâte, Jésus attire notre attention sur la puissance du Royaume qu’il est venu instaurer. Les apparences sont contraires : une toute petite graine ou une pincée de levain ; et pourtant la graine va donner un arbre où les oiseaux feront leur nid, et l’action du levain va faire monter une masse de pâte. Comment ne pas se souvenir de la parole de l’apôtre Paul : “Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.” (2Co 12, 9-10)

La prédication de Pierre au jour de la Pentecôte illustre à merveille cet enseignement de Jésus donné par des paraboles. Pierre annonce ce que nous appelons le kérygme, c’est-à-dire le contenu essentiel de la foi en Jésus-Christ. Jésus le Messie est passé par la mort sur la Croix, mort réservée aux esclaves, et il est ressuscité des morts, il est vivant pour toujours. Il siège à la droite du Père, éternellement, où il nous attend. Pour le rejoindre, nous sommes invités à le suivre sur un chemin d’humilité en acceptant, comme lui, de passer par l’abaissement, par l’épreuve, en demeurant petit et même caché, comme la graine de moutarde et le levain, avec l’assurance dans la foi que cela portera du fruit. La passion et la mort du Sauveur qui débouchent sur sa résurrection nourrissent notre foi et notre espérance.

Ici à Lourdes, la Vierge Marie et sainte Bernadette nous montrent l’exemple à suivre, par leur acceptation de la volonté du Seigneur et la mise en pratique de sa parole. « Ma mère et mes frères sont ceux qui mettent en pratique la Parole.” Nous sommes venus pour refaire nos forces spirituelles. Notre présence, notre service, l’offrande de nos souffrances, notre prière, notre sourire, expriment la joie de se savoir sauvés et le désir de faire mieux “tout ce qu’il nous dira”, selon le thème des pèlerinages cette année.

Demandons les uns pour les autres, en ce premier jour de notre pèlerinage, l’ouverture de notre cœur aux grâces que le Seigneur veut nous offrir ici, par l’intercession de sa mère et de sa modeste servante Bernadette. Puissions-nous accepter notre petitesse, notre pauvreté, notre misère, avec la certitude que la miséricorde du Seigneur dépasse toutes nos misères et tous nos péchés et qu’il désire nous combler d’un trésor de grâces.

Amen.

+ Jean Legrez, op.
Archevêque d’Albi

Lectures :
Actes 2 ; 14, 22-24, 32-36
Psaume 18
Matthieu 13, 31-35

Approfondir votre lecture