« Tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu » (Baptême 2/2)

Chaque baptisé est enfant de Dieu dans le Fils. « Vous êtes tous fils de Dieu, par la foi dans le Christ Jésus. Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n’y a ni Juif, ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni femme ; car tous, vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus. Mais si vous appartenez au Christ, vous êtes donc la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse » (Ga 3, 26-27).

Fils et filles du Père

Lors du baptême et de la confirmation, en recevant le don de l’Esprit, que le Christ a obtenu du Père en faveur de l’humanité à travers sa Pâque, les croyants deviennent fils et filles de Dieu, capables d’entretenir des rapports confiants et heureux avec leur Seigneur. « Tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu …/… Vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui vous fait vous écrier  » Abba ! Père !  » L’Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu, enfants et don héritiers ; héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui » (Rm 8, 14-17). Par la grâce du baptême s’établit une relation confiante entre Dieu, découvert comme un père aimant, et chaque chrétien.

Il s’agit bien pour le baptisé d’entretenir une intimité, une véritable familiarité avec le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Cette amitié très noble s’exprime dans la prière chrétienne par excellence, le « Notre Père ». Les saints, c’est-à-dire les baptisés, ceux qui sont habités par l’Esprit Saint, entretiennent aussi de la manière la plus continuelle possible le désir d’aimer Dieu, de lui plaire en toutes circonstances, ils entretiennent ainsi leur ressemblance avec le Fils premier-né, notre frère et notre Sauveur dans la mouvance de l’Esprit Saint.

Appelés à témoigner

De cette vie en Dieu et avec Dieu, les baptisés sont appelés à être les témoins. Plus une amitié est forte, plus il est possible de faire connaître l’être aimé. Le pape François dans son exhortation apostolique « La joie de l’Évangile » (Evangelii Gaudium : EG) affirme que « dans tous les baptisés, du premier au dernier, agit la force sanctificatrice de l’Esprit qui incite à évangéliser » (n° 119). Il n’est pas possible de garder pour soi seul la Bonne Nouvelle de l’Évangile qui transforme la vie humaine en une vie divine. Comme le pape le soulignait dans une catéchèse (le 15 janvier 2014) : « Il existe un lien indissoluble entre la dimension mystique et la dimension missionnaire de la vocation chrétienne, l’une et l’autre étant enracinées dans le baptême. En recevant la foi et le baptême, les chrétiens accueillent l’action de l’Esprit Saint qui conduit à confesser que Jésus est le Fils de Dieu et à appeler Dieu  » Abba ! Père !  » Tous les baptisés et toutes les baptisées …/… sont appelés à vivre et à transmettre la communion avec la Trinité, puisque l’évangélisation est un appel à participer à la communion trinitaire » (Document final de l’Aparecida n° 157).

Ainsi chaque enfant de Dieu est invité à répandre « le parfum de l’Évangile » sachant qu’un évangélisateur « ne devrait pas avoir constamment une tête d’enterrement, selon le pape François. Retrouvons et augmentons la ferveur, la douce et réconfortante joie d’évangéliser, même lorsque c’est dans les larmes qu’il faut semer… » (EG n° 10). Dans son exhortation « La joie de l’Évangile », le pape précise la vocation et le rôle de tout baptisé aujourd’hui dans le monde actuel : « chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation, et il serait inadéquat de penser à un schéma d’évangélisation utilisé pour des acteurs qualifiés, où le reste du peuple fidèle serait seulement destiné à bénéficier de leurs actions » (EG n° 120). « Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus-Christ ; nous ne disons plus que nous sommes  » disciples  » et  » missionnaires « , mais toujours que nous sommes  » disciples-missionnaires  » (id.). « Dans tous les cas, nous sommes tous appelés à offrir aux autres le témoignage explicite de l’amour salvifique du Seigneur, qui, bien au-delà de nos imperfections, nous donne sa proximité, sa Parole, sa force, et donne sens à notre vie. Ton cœur sait que la vie n’est pas la même sans lui, alors ce que tu as découvert, ce qui t’aide à vivre et te donne une espérance, c’est cela que tu dois communiquer aux autres » (EG n° 121). « Être disciple, c’est avoir la disposition permanente de porter l’amour de Jésus aux autres, et cela se fait spontanément en tout lieu : dans la rue, sur la place, au travail, en chemin » (EG n° 127).

Ces extraits peuvent nous conduire à une prise de conscience plus vive sur la nature de notre baptême, ainsi qu’à des conversions personnelles, communautaires et même à des conversions pastorales.

Saint Paul écrit aux Corinthiens : « Aussi bien est-ce en un seul Esprit que tous nous avons été baptisés pour ne former qu’un seul corps » (1 Co 12, 13). Devenus enfants de Dieu, les baptisés forment un corps dont le Christ Jésus est la tête, comme le même Paul l’indique aux Colossiens. Le « Fils bien-aimé », « l’image du Dieu invisible, le Premier-né de toute créature », « il est aussi la tête du corps, c’est-à-dire de l’Église » (Col 1, 18). Chaque baptisé est un membre de ce corps appelé à vivre dans la sainteté à la manière du Fils Premier-né, Jésus le Christ.

† Jean Legrez, o.p.
Archevêque d’Albi

Baptistère de Saint-Jean de Latran
Esprit Saint. Coupole du baptistère de Saint-Jean de Latran