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Décès de l’abbé Marcel Gautrand

 

Crédit photo : sa nièce Yvette

Avis de décès

Monseigneur Jean-Louis BALSA, archevêque d’Albi,

les prêtres, les diacres et les communautés chrétiennes du diocèse d’Albi,

ses nièces et ses proches

font part du décès le 13 octobre 2025 à Albi à l’âge de 94 ans de

 

 L’Abbé Marcel GAUTRAND

 

Ils vous invitent à partager leur foi en la Résurrection,

et leur espérance en la Vie éternelle,

en participant ou en vous unissant à la messe qui sera célébrée

le jeudi 16 octobre à 14 h 

à la chapelle du collège Sainte Marie.
suivie de l’inhumation au cimetière de Jaladieu.

 

A Dieu Père Marcel GAUTRAND (1930-2025)

C’est une figure emblématique du diocèse et surtout de l’Ecole Sainte-Marie d’Albi qui vient de nous quitter ce lundi 13 octobre 2025.

Né le 17 décembre 1930 dans une famille de tradition paysanne à Jaladieu (près de Brassac), Marcel Gautrand est le n°5 d’une famille de sept enfants.

Il fréquente le petit séminaire de Pratlong puis l’Ecole Barral à Castres avant d’entrer au Grand Séminaire d’Albi. Il perd son frère Léon très jeune, avec lui grand séminariste attiré par les missions.

Muni d’une maitrise en espagnol, il rédige un mémoire consacré à la notion de la mort chez l’écrivain, philosophe et homme politique espagnol Miguel de Unamuno (1864-1936).

Ordonné prêtre en 1955, Marcel Gautrand a consacré toute sa vie à l’Ecole Sainte-Marie qu’il considérait être « sa maison ». Il y a enseigné le latin, le grec et le français ainsi que l’espagnol. Il y a longtemps résidé, devenant de plus en plus seul au fur et à mesure que les prêtres ont quitté l’Ecole pour s’adonner à des tâches paroissiales. Il rejoindra ensuite la Maison Saint-Joseph à l’archevêché et, ces derniers temps, la Maison du Parc dont il fut longtemps l’aumônier ainsi que des Sœurs du Sacré-Cœur de Valence.

De caractère doux et discret jusqu’à la timidité, Marcel Gautrand ne se mettait jamais en avant. Il n’était pas à l’aise dans les grandes assemblées. Il aimait les choses ordonnées, la régularité. Il nous disait souvent que « le bien ne fait pas de bruit et que le bruit ne fait pas de bien ». Nous revient à l’esprit ce passage de Baudelaire qui nous impressionnait beaucoup, et qu’il nous commentait en classe de 4e: « Les morts, les pauvres morts ont de grandes douleurs » (La servante au grand cœur).

Sous des dehors austères, il n’était pas dépourvu d’humour, loin de là. On lui connaissait peu de loisirs mais c’était un grand marcheur solitaire.

Il a fait sienne la devise de l’Ecole Sainte-Marie : « Toujours fidèles ». Humble serviteur, il a été un modèle de fidélité, en tant que prêtre éducateur, par sa présence prévenante durant 70 ans. Il a été « Monsieur l’abbé » pour des générations d’élèves qui s’adressaient à lui pour des tâches de secrétariat. Il était généreux, en particulier avec les élèves, faisant office de banque, banque d’un type particulier car les prêts pour acheter des fournitures ou des friandises n’étaient pas toujours remboursés ! Il était aussi le maître des photocopieuses de plus en plus sophistiquées. Durant de longues années, il a été trésorier de l’Association des Anciens, tenant les comptes de l’association et de la chapelle, marqué également par la forte personnalité du Père Jean Icher qui l’appelait affectueusement « Marcelou » et qu’il remplaçait ponctuellement pour célébrer la Messe le samedi à 18h dans la chapelle. Devenu la mémoire de l’Ecole, il a été accompagné jusqu’à la fin par sa famille et ses amis.

Il est mort, comme il a vécu, sans bruit, tout doucement. Dans la foi, nous pressentons qu’il a rejoint « le paradis des humbles ».

Philippe Nélidoff