Deux lycéens visitent Saint-Alain de Lavaur…

Revenons sur les événements qui se sont déroulés à la cathédrale Saint Alain le 5 février dernier et qui ont été largement médiatisés.

Deux jeunes lycéens de 17 ans, désœuvrés un mardi après-midi pluvieux, se sont réfugiés dans la cathédrale St Alain en attendant les transports scolaires. Comme l’on fait à cet âge, entre « potes », on s’amuse et on cherche quelles bêtises on pourrait faire histoire de rigoler un peu. Allumer un cierge, renverser des croix… mais le cierge allumé à servi à mettre le feu à la nappe de l’autel du Sacré Cœur… Le feu prend, on panique et on s’enfuit, sans se rendre compte des éventuels dégâts qu’un tel acte pouvait causer…

La suite est mieux connue. Sans être dramatiques, les résultats sont là : la nappe, les sous-nappes et le plastique qui recouvrait le tout se sont consumés dégageant une intense fumée toxique. Aussitôt le drame découvert, les pompiers ont été avertis. Le lendemain, avec de puissantes souffleries ils ont réussi, en quelques heures, à assainir l’air irrespirable qui avait envahi la cathédrale. Mais, avant cela, peu à peu, le nuage s’était déposé partout en une couche de suie grasse.

La médiatisation de cet événement a été immédiate. Les jeunes se sont rendus rapidement, avec leurs parents, chez les gendarmes. J’ai très vite désiré les rencontrer et leur demander les motifs de leurs actes. Après le conseil de certains paroissiens, je leur ai demandé de nous aider à réparer les tords causés. En effet, il a fallu l’aide d’une trentaine de volontaires pour nettoyer la cathédrale et déplacer tous les bancs pour permettre à une entreprise de s’occuper des sols. Que tous les bénévoles soient vivement remerciés de leur aide. Après deux jours nous avons ré-ouvert la cathédrale le samedi après-midi.

Un des jeunes et ses parents sont venus nous aider. Le travail accompli, je les ai invités à venir avec moi devant la statue de la Vierge du Rosaire. J’ai demandé au jeune d’allumer un cierge et de le mettre devant l’autel de la Vierge Marie. J’ai ensuite prié pour lui, manière de rappeler à quoi servent les cierges que l’on allume dans les églises.

La rencontre avec les deux jeunes et leurs parents a été très instructive. Nous avons partagé sur ce qui s’était passé. Eux, qui ne sont pas chrétiens, n’avaient rien mis d’autre dans leur geste qu’une bêtise d’adolescent. Il était évident qu’ils regrettaient profondément leur conduite.

Face à cette situation, je leur ai expliqué que pour moi, responsable de la cathédrale, je devais mettre en oeuvre la justice sans oublier la miséricorde. En effet, j’ai porté plainte car il me semble important qu’ils prennent conscience de la gravité des actes posés et qu’ils cherchent à réparer, dans la mesure du possible. C’est cela la justice. En même temps, je leur ai dit que je leur pardonnais car Dieu pardonne toujours quand on vient vers lui pour le lui demander avec sincérité. Et il va plus loin, puisqu’il nous invite à être comme lui, miséricordieux. Je leur ai donc pardonné et aussi assuré que je serai toujours à leur côté s’ils en avaient besoin. En attendant, je les ai invités à rejoindre l’aumônerie des lycéens qui a ses portes ouvertes tous les vendredis midi place Saint Alain.

Cet épisode de la vie de notre paroisse m’interroge sur la vie des nouvelles générations. En effet, qu’est-ce qui leur a été transmis ? Que savent-ils de la vie chrétienne qui est à la base de la culture et de la manière de vivre de notre pays ? Comment transmettons-nous notre foi aux enfants et aux jeunes ? Ces questions sont les nôtres chrétiens d’aujourd’hui. C’est à nous d’y répondre et de se mobiliser ensemble pour vivre dans la joie notre foi et de réveiller cet aspiration qui est en chacun de nous, à savoir : connaître et de vivre du Christ.

Père Joseph Dequick (Petit messager n°1685 – mars 2019)