A Mazamet, St-Jean del Frech et Albi : « Non à la torture ! »
À l’occasion du 26 juin, Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, l’ACAT mobilise des chrétiens de tous les continents, dans plus d’une cinquantaine de pays.
C’est « La Nuit des Veilleurs », temps de prière, soutenue par la fidélité de Dieu et l’espérance face à l’indignité et la souffrance.
Dans le Tarn, ce rendez-vous œcuménique s’est déroulé
- le 19 juin dans la Salle de l’Armée du Salut à Mazamet,
- le 30 juin en l’église St-Salvi à Albi,
- et même en extérieur le 20 juin à St-Jean del Frech (Camalières)

Durant ce temps de prière, étaient évoquées des victimes d’injustices et de tortures soutenues par l’ACAT-France.

Elles vivent dans des pays et continents divers, elles sont d’âges et de profils différents.
Elles sont menacées, battues, emprisonnées, mises au secret, pour leurs engagements politiques, leurs convictions, leur volonté de défendre les plus démunis, au péril de leur vie.
Écoutons ce poème du Coréen Kim-Chi-No qui est en prison depuis de longues années :
« Trop longtemps, longtemps, des mains liées à la chaîne.
Trop longtemps prient des mains enchaînées,
sans pouvoir tenir quelqu’un avec tendresse,
ô Seigneur, viens ! … Fais sauter cette chaîne,
libère-moi enfin de cette chaîne si lourde !
L’ombre de la mort plane dans la vallée du désespoir,
le cœur saignant, plein de tristesse, enchaîné aussi dans le rêve,
affamé de justice, ayant soif d’amour.
Chemins jusqu’à la mort dans la vallée de l’ombre.
ô Seigneur, viens ! …
Quel matin merveilleux !
Le cri des fleurs.
Enfin l’obscurité se passe, le matin éclaire le monde.
ô Seigneur, viens ! »
Dans ces assemblées tarnaises, le recueillement était profond.
Chacun, bouleversé, -qu’il soit pasteur, prêtre, très ou peu pratiquant, – recevait en silence dans son cœur ces frères et sœurs qui souffrent tant !
Et la prière communautaire était unanime.
Prière de sœur Jacob :
« Je viens d’écrire pour un homme, un homme qu’on a arrêté et emprisonné, un homme que je n’avais jamais vu et que je ne verrai sans doute jamais … à moins qu’un jour ….
Je viens d’écrire pour un homme, Seigneur, un homme dont, hier encore, j’ignorais même l’existence, un homme dont maintenant je connais le nom. Le nom et le prénom …
Je viens d’écrire pour un homme, un homme dont on m’a dit l’immense détresse et l’horrible souffrance ; pour un homme condamné, condamné pour avoir choisi de défendre la justice et la liberté de s’exprimer, comme l’autorisait pourtant la loi de son pays …
Je viens d’écrire pour un homme, un homme dont l’univers de vie n’est plus que la prison, le cachot, les interrogatoires sans fin sous la torture ou le séjour illimité en hôpital spécialisé …
Je viens d’écrire pour un homme, un homme dont on a décidé la mise en isolement total, comme pour le rayer de la terre des vivants, comme pour le faire oublier, pour qu’il n’existe plus.
Alors, je viens d’écrire une lettre, Seigneur, comme l’ont fait beaucoup d’autres de mes frères et sœurs, pour que cet homme ne soit plus ignoré, considéré comme disparu, tenu pour mort mais, au contraire, qu ïl soit connu et reconnu comme Vivant.
Seigneur, je viens d’écrire une lettre. »
Pour écrire à ou pour l’une des victimes :
ACAT-France, 7 rue Georges Lardennois, 75019 Paris
L’ACAT-France transmettra.
NB: Ces temps de recueillement renforcent aussi les liens œcuméniques.
Avant de se quitter, dans l’un ou l’autre lieu, on poursuit par un verre de l’amitié
ou même un repas partagé …











