Initiative en rural : accompagnement de migrants mineurs

Le rassemblement Terres d’Espérance 2020 se prépare ! Cette rencontre nationale, pilotée par la mission en monde rural de la Conférence des Évêques de France, veut proposer, en particulier aux ruraux, l’espérance de l’Évangile, la lumière de Laudato Si’ et la parole d’une Église servante des plus éprouvés, des familles et de la société.

Cet événement permettra de partager des expériences variées et des projets nouveaux. Déjà, découvrons certaines initiatives innovantes en rural, dans le Tarn… 

 

Mise à l’abri de migrants mineurs non accompagnés ,

au foyer rural de Saint-Martin Laguépie

1. Le contexte – La genèse 

Un foyer rural inoccupé a proposé au conseil départemental dès avril 2017 d’accueillir de jeunes migrants africains puisque les structures – grande cuisine de collectivité, sanitaires, chambres – le permettaient.

 

2. Description de l’initiative et objectifs

Le Conseil d’Administration du foyer, une responsable, éducatrice spécialisée en français langue étrangère, plusieurs éducateurs, ont mis tout en œuvre pour accueillir, encadrer, éduquer de jeunes garçons (Maliens, Guinéens, Ivoiriens et Sénégalais) durant leur séjour plus ou moins long (de 15 jours à 8 mois). Cet accueil a fonctionné d’avril 2017 jusqu’au 31 août 208 et a permis à une cinquantaine d’adolescents de ne pas se retrouver à la rue. Outre les cours de F.L.E.(français-langue-étrangère), ils ont bénéficié de cours d’histoire et de géographie, de philo, ainsi que de temps de parole et d’une aide médicale, tout cela effectué par des retraités bénévoles en dehors des éducateurs sous contrat et rémunérés.

En plus de l’objectif premier de « mise à l’abri », il était indéniable qu’il fallait éduquer ces jeunes et les préparer à une vie en France puisque tel était leur vœu.

 

3. Les acteurs

Outre le CA du foyer et le responsable, 5 éducateurs spécialisés ont participé à ce projet, accompagnés de 8 bénévoles, mais aussi des clubs de foot de Carmaux et de Laguépie et du club de handball de Cordes.

 

4. Qu’est ce que cela produit ?

En relation aux autres

  • Une « colocation » réussie avec partage des tâches ménagères, des repas, des soutiens scolaires…
  • De nombreuses discussions (pas faciles) à propos de la place de la planète terre dans l’Univers, celle de la femme dans la société…
  • Des soirées organisées par les migrants avec repas et animations concoctés par eux-mêmes (musique, chants et jeux) ont regroupé plusieurs personnes du et hors du foyer ; personnes invitées et choisies par les jeunes eux-mêmes.
  • Des excursions : Najac, Cordes, Albi (cathédrale en particulier)
  • Une participation à la commémoration du 8 mai au Monument aux Morts de Saint Marcel Campes.

 

En  relation à l’environnement

  • Création et cultures potagères dans un espace jouxtant la foyer.
  • Problème des sacs en plastique, si nombreux en Afrique, avec leur dégradation trop lente.

 

En  relation à soi-même :

  • Réflexion profonde sur notre existence, notre rôle qui évolue avec et auprès des autres.
  • Des difficultés à comprendre les absences de nombre d’entre-eux lors du mois du Ramadan, à accepter les raisonnements de ceux qui n’avaient connu que l’école coranique.
  • L’âge et peut être une « fragilité » de bénévoles (« Ils disaient que je n’avais qu’à être grand-mère ») ont beaucoup aidé dans les relations amicales. Quand le foyer a fermé, des bénévoles ont continué à s’investir auprès de certains d’entre-eux restés dans le Tarn.

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