Ministères institués d’Edouard Genlot
Rabastens, le 5 octobre 2025
Cher Édouard, chers amis,
« Le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi, ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et
de pondération ».
Ces paroles que Paul adressait à Timothée s’adressent aussi à nous tous, et à vous, Édouard en ce jour où vous venez de recevoir le ministère de la Parole et dans quelques instants celui de l’Eucharistie.
Votre ministère de la Parole sera d’aider les chrétiens à se reconnaître dans la Parole incarnée de Dieu, Jésus-Christ.
Et donc, de ne plus avoir un esprit de peur, mais un esprit de force, d’amour et de pondération comme le dit Saint Paul.
Ainsi, je vous invite à faire que le ministère de la Parole ne se contente pas pour vous de faire les lectures à la messe, mais surtout que les chrétiens voient le reflet de leur vie en ouvrant les Évangiles et plus largement en ouvrant le Nouveau Testament comme l’Ancien Testament.
Saint Paul indique que l’Esprit Saint est déjà dans toute personne et qu’il s’agit de raviver ce Don de Dieu.
Le ministère de la Parole ne consiste pas à organiser des groupes d’analyses de textes, sujet, verbe, compléments, mais à permettre une vraie rencontre avec le Christ lui-même.
Le ministère de la Parole n’est donc pas d’informer les autres sur Jésus-Christ, mais d’aider chacun à « raviver le don de Dieu », l’Esprit Saint qui a fait de nous des fils de Dieu le jour de notre baptême et des frères de Jésus-Christ le jour de notre Confirmation.
Il vous faudra surtout rassurer, car l’Esprit de force, d’amour et de pondération, donc l’Esprit Saint peut sembler inaccessible aux uns et autres.
Comme si la Parole de Dieu n’était réservée que pour une élite, mais pas pour le commun des mortels.
Le ministère de la Parole consistera à veiller à ce que les chrétiens ne se déconsidèrent pas en se disant que la Parole est belle, mais que ce n’est pas pour eux et qu’ils n’auraient pas assez la foi.
C’est le sens de la réponse que Jésus fait à la demande insensée des Apôtres :
« Augmente en nous la foi ». C’est du grand n’importe quoi.
La réponse de Jésus indique que la foi en lui n’est pas une question de quantité, mais ne consiste pas non plus à mettre le monde sens dessus-dessous.
La foi ne servira jamais à demander à un arbre de se planter dans la mer.
La foi est un don de Dieu, c’est la reconnaissance que Jésus mort et ressuscité nous sauve.
La foi ne se mesure pas : la foi de la personne la plus simple, la plus illettrée a la même valeur que la foi des plus grands Saints ou des plus grands théologiens.
Lorsqu’un père ou d’une mère de famille se donnent entièrement à leurs enfants, s’ils se réfèrent à Jésus-Christ en le faisant, ils ont la même foi que ceux et celles que nous vénérons sur les autels parce qu’ils se sont donnés dans le martyre.
La foi c’est croire, grâce à Jésus-Christ, que là où notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur.
La foi c’est croire que là où le péché a abondé, la grâce de Dieu surabonde.
La foi, c’est de ne pas douter que nous sommes destinés à être une Eucharistie vivante, ici et maintenant.
La foi, c’est professer que seul Jésus-Christ, le Verbe incarné de Dieu, est le chemin, la vérité et la vie.
Comment douter lorsqu’on contemple l’amour de Dieu qui va jusqu’à être crucifié par amour pour nous ?
C’est tout ce que nous révèle la Parole de Dieu.
La foi est la réponse à cet amour. Dieu nous a aimés au prix fort, nous ne pouvons pas lui répondre au rabais.
Du coup, le ministère de l’Eucharistie, que vous allez recevoir, la préparation de la table, c’est la manière de répondre à l’amour de Dieu.
Le seul baromètre de la foi est le service.
C’est pourquoi Jésus, au lieu de nous demander de nous prendre constamment le pouls pour savoir où en est notre foi, nous dit : arrêtez de vous poser des questions.
Répondez à un appel, soyez de simples serviteurs.
Ne cherchez pas à vous dépasser, mais faites votre devoir là où Dieu vous a placés. La foi sera votre réponse à son appel.
Édouard, Dieu vous a déjà placé comme époux dans le sacrement du mariage avec tout ce qui en découle.
Maintenant il vous fait serviteur de la Parole et de l’Eucharistie pour que tout baptisé soit Parole de Dieu et Eucharistie vivante.
Soyez en le témoin efficace.
AMEN.
† Jean-Louis BALSA
Archevêque d’Albi